Dans près de 40 % des cas, les employés en congé prolongé parmi le personnel du réseau de la santé en Outaouais souffraient de problèmes de santé mentale.

Un système malade

CHRONIQUE / Ahurissante, cette hausse des congés de maladie parmi le personnel du réseau de la santé en Outaouais.
Selon les chiffres obtenus par Radio-Canada, il y avait 700 employés sur le carreau au 31 mars dernier, soit 200 de plus qu'il y a cinq ans.
Dans près de 40 % des cas, les employés en congé prolongé souffraient de problèmes de santé mentale.
Le système de santé est malade et en voici un autre symptôme.
Dans le lot, on retrouve de nombreux cas d'épuisement professionnel et de dépression qui grèvent le budget du CISSS de l'Outaouais.
La direction préférerait assurément investir cet argent dans des soins aux patients... ou pour embaucher de nouvelles ressources.
En attendant, le personnel est à bout de souffle, les employés malades ne sont pas toujours remplacés et plus de 150 postes sont vacants à travers les différents établissements du CISSS de l'Outaouais.
Ceux qui restent s'épuisent encore plus, ne faisant qu'alimenter le cercle vicieux.
Il y a quelques années, c'était l'exode du personnel vers l'Ontario qui était responsable de la pénurie de main-d'oeuvre dans le domaine de la santé. Aujourd'hui, c'est l'épuisement professionnel et la dépression.
Tout cela donne l'impression que le réseau de la santé est engagé dans une spirale descendante.
Le CISSS de l'Outaouais assure qu'il réorganise le travail pour combler les absences. Mais j'imagine qu'il y a une limite à accomplir des miracles et à faire plus avec moins.
Et puis, quel signal ça envoie à la relève qui songe à faire carrière dans le réseau de la santé ? Avec toutes ces heures supplémentaires à la clef, le portrait n'est guère réjouissant.
Il semble que le problème s'étend à tout le réseau de la santé au Québec. Difficile de ne pas tisser un lien avec la réforme Barrette qui a créé beaucoup d'incertitude dans le réseau.
La réorganisation a mené à la mise à pied de cadres. Des postes ont été abolis pour en créer d'autres, il y a eu des mutations d'un établissement à l'autre... tout ça sous prétexte de « mettre les bonnes personnes à la bonne place » et de générer des économies.
L'intention était sans doute louable. Mais on peut présumer que ce branle-bas de combat des dernières années a contribué à miner le climat de travail et le moral des employés. En fin de compte, c'est le personnel, mais aussi le patient qui en souffre. Et on se demande toujours si cette grande réorganisation aura causé plus de torts que de bien.
Permettez que je mette mon grain de sel dans l'affaire Guertin ?
La Ville de Gatineau et ses partenaires font bien d'aller de l'avant avec le projet du futur aréna à Place de la Cité, sans se laisser intimider par les procédures judiciaires entamées par la conseillère Denise Laferrière pour le faire tomber.
Certains voient dans l'acharnement de Mme Laferrière un désir de revanche envers l'administration du maire Maxime Pedneaud-Jobin. Ils n'ont sans doute pas tort.
Mais j'y vois aussi un calcul politique de sa part. 
Le maire Pedneaud-Jobin a joué gros en misant sur un projet de loi privé pour régler le dossier Guertin. Et il a eu l'air d'un héros quand tous les partis politiques l'ont approuvé à l'Assemblée nationale. 
Or les adversaires du maire, Denis Tassé en tête, ne veulent certainement pas donner tout le crédit à l'administration Pedneaud-Jobin pour avoir mis fin à une saga qui durait depuis plus d'une décennie. D'où leur intérêt à soulever des doutes sur la validité juridique du projet de loi privé... au moins jusqu'à l'élection municipale du 5 novembre prochain.