Rappelez-vous, c'est ce même ministre Barrette qui nous reprochait de faire tout un plat avec le fait qu'on ne donnait qu'un bain par semaine dans les CHSLD. Il nous assurait, sans rire, qu'un bon lavage quotidien à la débarbouillette était tout aussi efficace!

Un minimum de dignité

CHRONIQUE / Vous savez ce que je trouve le plus réjouissant dans le fait qu'on offrira désormais deux bains par semaine au lieu d'un seul dans les CHSLD du Québec ?
C'est que le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, reconnaisse implicitement que le nombre de bains donnés chaque semaine n'est pas qu'une banale question d'hygiène. C'est aussi une question de dignité pour nos vieux.
Rappelez-vous, c'est ce même ministre Barrette qui nous reprochait de faire tout un plat avec le fait qu'on ne donnait qu'un bain par semaine dans les CHSLD. Il nous assurait, sans rire, qu'un bon lavage quotidien à la débarbouillette était tout aussi efficace !
Et peut-être que d'un strict point de vue hygiénique, le ministre a raison. Peut-être que dans la logique administrative du ministère de la Santé, d'un froid point de vue des coûts/bénéfices, la formule idéale est un bain par semaine, accompagné d'un lavage à la mitaine les autres jours. Je n'en sais rien !
Mais ce que je sais, c'est que la vie de nos vieux n'est pas que question d'hygiène. Pour certaines personnes, un lavage mécanique à la mitaine ne procurera jamais la même sensation de bien-être et de propreté qu'un bon bain chaud.
Alors deux bains par semaine au lieu d'un, ce n'est pas grand-chose. Je ne suis même pas certain que ce soit le strict minimum. Sans compter qu'il faudra voir si les ressources allouées par Québec permettront d'atteindre l'objectif.
N'empêche que j'y vois une concession de la part du ministre Barrette. On vient de reconnaître que la notion de vieillir dans la dignité mérite d'être incluse, elle aussi, dans la colonne des coûts/bénéfices. En soi, c'est une ouverture intéressante. 
En outre, le ministère de la Santé compte embaucher 600 nouveaux préposés aux bénéficiaires dans les CHSLD du Québec. Ça ne pourra nuire, surtout en Outaouais où le personnel est surchargé de travail.
Ainsi, l'Ontario compte punir plus sévèrement la « distraction » au volant. 
Et les peines seront assez sévères merci ! On parle de suspension de permis pour plusieurs années, jusqu'à 50 000 $ d'amendes et une peine maximale de deux ans de prison...
J'écoutais les réactions des gens au lendemain de cette annonce. 
Va-t-on punir le conducteur qui conduit en buvant son café ? La dame qui se maquille en conduisant ? Le monsieur qui conduit avec un muffin dans une main et sa cigarette dans l'autre ? Pour l'instant, le ministère ontarien des Transports demeure assez vague sur ses intentions. 
Moi, j'ai tout de suite pensé aux textos au volant. 
Peut-être parce que j'étais dans ma voiture quand j'ai entendu la nouvelle à la radio. 
S'il y a une distraction qui semble plus mortellement dangereuse que les autres, c'est bien celle-là. 
Matin et soir, on voit des têtes penchées dans les voitures coincées dans le trafic. Et on a la confirmation que ces gens avaient les yeux rivés sur un écran quand la file repart en avant et qu'eux restent immobilisés sur place, complètement déconnectés de la réalité.
Je ne suis pas un spécialiste, mais il me semble que les écrans ont le même effet sur notre cerveau que certaines drogues. Suffit d'interpeller quelqu'un qui est concentré sur son téléphone ou sur sa tablette pour réaliser qu'il est dans un autre monde. 
On n'hésite plus à sévir sévèrement contre l'alcool au volant.  
Ottawa songe même à abaisser la limite légale à 0,05. 
Avec la légalisation prochaine de la marijuana, on compte aussi serrer la vis à ceux qui conduisent sous l'influence des drogues. 
Il faudra sans doute en arriver à des sanctions aussi sévères pour combattre la distraction au volant.