Le gouvernement Legault a présenté son premier budget jeudi dernier.

Un bon budget... décevant pour l’Outaouais

CHRONIQUE / Le gouvernement Legault a manqué une belle occasion de prouver son engagement envers l’Outaouais dans son tout premier budget provincial.

Bien sûr, les mesures nationales annoncées dans le budget Girard vont profiter par ricochet à l’Outaouais. Plus d’argent en santé et en éducation, plus d’argent pour résoudre la pénurie de main-d’œuvre et stimuler l’entrepreneuriat, la région ne crachera pas là-dessus.

Tout comme les autres régions du Québec, l’Outaouais a besoin de davantage de soutien à domicile, de nouvelles places dans les CHSLD et de ressources pour aider les élèves en difficulté. Encore là, les mesures annoncées dans le budget caquiste trouveront un écho favorable en Outaouais. Les contribuables de la région apprécieront aussi la baisse des taxes scolaires qui soulagera leur fardeau fiscal.

Mais il manque quand même à ce premier budget de l’ère Legault le signal clair qu’on attendait de lui : des mesures concrètes venant appuyer la promesse caquiste que l’Outaouais ne sera plus tenu pour acquise comme elle l’était sous le règne libéral.

Ainsi, le budget Girard reste vague sur la promesse phare des caquistes, soit la construction d’un nouvel hôpital de 170 lits d’ici 2023. Il faut fouiller loin, loin, dans le Plan québécois des infrastructures, pour trouver une référence à ce projet. Et encore, c’est pour découvrir qu’une « nouvelle offre de services hospitaliers » est « à l’étude ». À l’étude ? Comme dirait l’une de mes tantes, c’est mieux qu’une claque sur la gueule. Mais on sent que les caquistes ne sont pas prêts à construire rapidement un nouvel hôpital comme ils le promettaient haut et fort en campagne électorale.

En fait, même s’il préférerait bâtir un nouvel hôpital, le ministre Lacombe se dit maintenant prêt à examiner les autres options qu’on lui propose. Comme de greffer les 170 nouveaux lits à un des deux hôpitaux urbains, soit Hull ou Gatineau. C’est tout à son honneur d’écouter les acteurs du milieu de la santé. Après tout, ce sont les mieux placés pour identifier les besoins. Même si ça risque de retarder la livraison de nouveaux lits d’hôpitaux dont la région a cruellement besoin.

Autre promesse centrale des caquistes, l’élargissement de l’autoroute 50 n’apparaît pas dans ce premier budget Legault. Rien sur l’échéancier, rien non plus sur les coûts associés à la portion centrale de 66 km qu’il reste à élargir, entre Buckingham et Mirabel. C’était pourtant un projet que les caquistes promettaient d’enligner sur la fast track. Quant au projet d’unification du campus de l’UQO, il fait aussi son entrée dans la liste des projets « à l’étude ». Combien d’argent y sera consacré ? Quand est-ce que ça va se faire ? Ce n’est pas clair.

Peut-être que dans un autre contexte, ce premier budget de l’ère Legault aurait été chaudement salué et applaudi. Il a plutôt reçu un accueil tiède en Outaouais. Les caquistes n’ont qu’eux à blâmer. Avec leurs promesses électorales, ils ont tellement fait grimper les attentes, qu’il leur était difficile de ne pas décevoir. La pression pour remplir rapidement leurs engagements était forte, très forte. Et ce ne sont pas les trop vagues mentions contenues dans le Plan québécois des infrastructures qui vont soulager cette pression. Le ministre Lacombe ne pourra plus se défendre très longtemps en disant que « ça ne fait que quelques semaines » que son gouvernement a été élu.