Patrick Duquette
La crainte du COVID-19 est bien palpable.
La crainte du COVID-19 est bien palpable.

Toussez-vous dans le coude

CHRONIQUE / Voilà que l’Organisation mondiale de la santé porte la menace internationale du coronavirus à « très élevée ».

Inquiétant, vous dites ?

Pour l’instant, le Canada est relativement épargné avec une douzaine de cas. Les autorités de santé publique semblent avoir la situation sous contrôle.

Jusqu’ici, on a pu identifier rapidement les porteurs du virus chinois au Canada, puis remonter leur chaîne de transmission. Cela a permis d’endiguer sa progression au pays.

Mais pour combien de temps ?

Ce satané virus COVID-19 semble avoir la faculté de se faufiler partout. Un peu comme l’eau de la rivière des Outaouais lors des grosses crues printanières…

L’Italie est le pays le plus touché d’Europe par le coronavirus. Fait troublant, des scientifiques ont découvert que le virus circulait inaperçu dans la péninsule depuis plusieurs semaines avant d’être détecté.

Le patient 1, celui par qui le virus est arrivé en Italie, est un cadre de 38 ans. Avant d’être repéré, il a eu le temps de contaminer involontairement son épouse enceinte, un ami, puis les habitués d’un bar, puis ses médecins, du personnel sanitaire et des patients de l’hôpital, leur entourage…

Un petit vlimeux, ce virus.

L’Italie répertorie aujourd’hui 650 personnes testées positives, dont toutefois seulement 303 sont considérées comme vraiment malades.

On a beau se dire qu’on fait confiance aux autorités pour enrayer l’épidémie, c’est difficile de ne pas se laisser gagner par l’inquiétude ces jours-ci. En témoignent tous ces voyages en direction de la Chine ou de l’Italie qui sont annulés à la dernière minute.

Les marchés boursiers en baisse reflètent aussi très bien le climat d’incertitude qui gagne la communauté mondiale. Quand une puissance économique comme la Chine tousse — et elle tousse fort ces jours-ci — c’est le monde entier qui risque de tomber malade.

De même, quand la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, exhorte les Canadiens à « s’assurer d’avoir assez de provisions pour tenir une semaine sans avoir à sortir », ce n’est pas tout à fait rassurant.

Comme citoyen, on a tendance à se sentir sans défense devant la menace virale.

Et pourtant, parmi tous les moyens recommandés par l’OMS pour endiguer la transmission du virus, certains dépendent de la bonne volonté de chacun de nous.

Des moyens tout simples que vous connaissez aussi bien que moi.

Comme tousser dans son coude ou dans un mouchoir lorsqu’on est malade.

Comme se laver régulièrement les mains avec du savon ou une solution hydroalcoolisée.

Comme éviter tout contact avec notre nez, nos yeux et notre bouche.

Des mesures d’hygiène de base, quoi. Qu’on néglige la plupart du temps.

Alors qu’on sait depuis plus d’un siècle qu’elles sont le meilleur moyen d’endiguer les virus.

Tiens, j’irai faire un tour au Salon du livre de l’Outaouais en fin de semaine.

J’espère bien vous y saluer au kiosque du Droit. Je ne vous demande qu’une chose : par pitié, toussez-vous dans le coude.