Patrick Duquette
Le Droit
Patrick Duquette
L’Ontario suit l’avis de plusieurs experts canadiens en recommandant le port du masque à l’école.
L’Ontario suit l’avis de plusieurs experts canadiens en recommandant le port du masque à l’école.

Oui, le masque à l’école

CHRONIQUE / Ainsi, l’Ontario imposera le port du masque en salle de classe aux élèves de la 4e à la 12e année en septembre. Mais pas le Québec. Pourquoi pas de couvre-visage obligatoire dans les écoles du Québec? Fouillez-moi.

J’ai renoncé à comprendre. Les consignes de la santé publique sont déjà difficiles à suivre lorsqu’elles proviennent d’une seule province. Vu de l’Outaouais, où l’on suit ce qui se passe au Québec et en Ontario, c’est carrément à y perdre son latin.

L’Ontario suit l’avis de plusieurs experts canadiens en recommandant le port du masque à l’école. Sur les ondes de Radio-Canada jeudi matin, j’entendais le virologue Hugues Loemba expliquer que c’était une bonne mesure sanitaire. Surtout pour les plus vieux capables de le porter correctement.

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Dans le cas des plus jeunes, c’est moins clair. Les touts petits ont tendance à jouer avec leur masque, à le manipuler dans tous les sens. Au point où le couvre-visage devient un facteur de contamination plutôt qu’une mesure de protection… N’empêche, le gouvernement de l’Ontario recommande le port du masque même aux plus jeunes élèves. L’ultime décision reviendra aux parents et aux enseignants. Alea jacta est! (comme quoi, je n’ai pas tout perdu mon latin).

Vous savez quoi?

Je pense que l’Ontario est sur la bonne voie.

On nous rabâche les oreilles que le masque est une bonne mesure de protection dans les endroits clos où il est difficile de respecter la distanciation. C’est vrai à l’épicerie, c’est vrai à la pharmacie, c’est vrai au restaurant, c’est vrai dans une salle de spectacle. Pourquoi ça ne serait pas vrai dans une petite salle de classe où s’entassent 15, 20, 30 élèves?

Certains diront qu’il n’y a pas de consensus scientifique sur la question. D’ailleurs, l’hôpital Sick Kid de Toronto déconseille le port du masque en classe. De crainte, justement, qu’il augmente les risques d’infection au lieu de les réduire. Oui, la communauté scientifique est partagée, admet la directrice adjointe de la Santé publique en Ontario, Barbara Yaffe. 

«Mais il existe aussi un consensus, à savoir que le masque est une bonne protection pour l’entourage.» L’entourage? On peut penser aux profs plus âgés. Certains appréhendent la rentrée de septembre de peur d’attraper la COVID d’un jeune asymptomatique. Si le port du masque en classe peut leur apporter une protection supplémentaire, pourquoi s’en priver?

Et puis, on se plaint qu’il n’existe pas de culture du masque au Canada. Contrairement aux Asiatiques, nous ne portons pas de couvre-visage pour nous prémunir des virus ou de la pollution. Et quand on le porte, on le porte généralement très mal. Sous le nez, sous le menton, dans notre poche… Si on veut réellement développer une culture du masque au pays, le meilleur endroit pour débuter, c’est en salle de classe. Les jeunes sont ouverts aux nouvelles idées. Plus, en tout cas, que les grincheux qui fréquentent les manifs antimasques en regrettant leur «LIBARTÉ!» perdue.

Autre initiative intéressante de l’Ontario: le gouvernement mobilisera 500 infirmières-hygiénistes dans les écoles de la province. Leur rôle? S’assurer que les protocoles sont suivis en cas de flambée de COVID. Ils auront aussi comme tâche de freiner la propagation en milieu scolaire et d’assurer la santé des enseignants et des élèves. Cette étroite collaboration santé-éducation est une bonne idée, dont le Québec devrait s’inspirer. À condition d’avoir assez d’infirmières sous la main pour en déléguer dans les écoles!