Les Gatinois devront bientôt se contenter d’une poubelle de 120 litres pour se débarrasser de leurs ordures ménagères.

Les vidanges de Popa

CHRONIQUE / Ne demandez pas aux Gatinois de sortir voter le jour de l’élection municipale. Fait toujours trop beau ou trop mauvais. Ce jour-là, toutes les excuses sont bonnes. Mais touchez à leurs poubelles, alors là, attention. Voilà les popas de la Petite Vie prêts à monter aux barricades pour défendre leurs chères vidanges.

Les Gatinois devront bientôt se contenter d’une poubelle de 120 litres pour se débarrasser de leurs ordures ménagères. Dans le cas où ce serait insuffisant, ils devront payer 5 $ du sac supplémentaire, en vertu d’une nouvelle règle d’utilisateur-payeur. Comme chaque fois que la Ville de Gatineau amène des changements dans leur quotidien, les gens vont renâcler. Mais sur le fond, je pense que cette politique est bien faite et que les Gatinois sont prêts à y adhérer.

Nous sommes deux adultes et deux enfants à la maison. Une famille type de Gatineau. Je suis loin d’être un intégriste de la récupération. Je fais de mon mieux pour trier les déchets. Mes enfants me rappellent vite à l’ordre si j’ai le malheur de jeter un objet récupérable à la poubelle. Or même en suivant les règles de manière un peu lâche comme je le fais, le résultat est le même. À la fin de la semaine, mes deux bacs de récupération sont pleins. Quant à ma grosse poubelle de 360 litres, elle est presque vide.

Tout ça pour dire que la très vaste majorité des Gatinois qui font des efforts raisonnables pour récupérer les déchets devraient s’accommoder assez bien des changements. Les vraies « victimes » de la nouvelle politique des déchets, ce seront les délinquants.

Les irréductibles pollueurs qui mettent encore 2 ou 3 grosses poubelles pleines au chemin en faisant comme si le compostage et le recyclage ne s’appliquaient pas à eux. C’est à eux que sont destinés les nouveaux tarifs. Les citoyens responsables n’ont pas à payer pour leur négligence.

Maintenant, des gens craignent que la nouvelle tarification fasse apparaître des dépotoirs improvisés ici et là sur le territoire. L’expérience ailleurs a démontré que ça n’arrivait pas, a assuré la conseillère Maude Marquis-Bissonnette.

On a fait aussi beaucoup de cas des situations exceptionnelles. C’est vrai que la tarification pourrait pénaliser les familles nombreuses ou encore les garderies familiales qui produisent une quantité phénoménale de couches jetables. Il reste encore du temps d’ici l’adoption de la politique sur les déchets, en mai, pour trouver des accommodements raisonnables.

On s’inquiète aussi de ce que les citoyens qui auront trop d’ordures les évacueront dans les poubelles moins remplies du voisin.

Encore là, je ne vois pas le problème si le tout se fait dans un esprit de bon voisinage. L’important, c’est que la quantité globale de déchets qui part au site d’enfouissement soit réduite.

Fort à propos, la question de l’équité est aussi soulevée. C’est bien beau de demander au secteur résidentiel de récupérer toujours plus.

Mais c’est fâchant de voir que des commerces, voire des écoles jettent encore tout aux poubelles. Gatineau devra forcer les secteurs industriel, commercial et institutionnel à en faire davantage si elle veut garder ses citoyens motivés à récupérer.

Surtout que le véritable effort n’a pas encore été entrepris. Tout ce qu’on nous demande jusqu’à maintenant, c’est de mieux trier nos déchets. Pendant ce temps-là, les Gatinois continuent d’en produire à la tonne.

Les chiffres sont là pour démontrer que nos habitudes de surconsommation ont la vie dure. Depuis 2006, la production de matière résiduelle par habitant a stagné à Gatineau, passant de 423 à 415 kg par habitant.

Rien pour écrire à sa mère.

La vérité, c’est qu’on produit autant de déchets qu’avant, mais on se donne bonne conscience en en recyclant davantage.