On a l'impression qu'il n'y a qu'une seule équipe sur le terrain et c'est celle du maire sortant Maxime Pedneaud-Jobin.

Lent début de campagne

CHRONIQUE / Youhou, il y a quelqu'un ? La campagne à la mairie de Gatineau est commencée, vous pouvez sortir de votre cachette !
Jusqu'à maintenant, on à l'impression qu'il n'y a qu'une seule équipe sur le terrain, et c'est celle du maire sortant Maxime Pedneaud-Jobin.
Dès le départ, la bande d'Action Gatineau est débarquée dans cette campagne prête à en découdre, multipliant les conférences de presse à un rythme effréné, avec une stratégie bien établie, un calendrier de campagne serré, une plate-forme détaillée et chiffrée, de même que des candidats dans tous les districts électoraux.
De toute évidence, le maire s'est préparé à livrer une bataille rangée. Avec, derrière lui, une machine capable de riposter coup pour coup aux attaques de ses adversaires. L'ennui, c'est que personne, jusqu'ici, ne semble prêt à lui donner la réplique !
Le chef d'Action Gatineau a beau multiplier les conférences de presse, il a beau présenter l'un après l'autre les grands pans de son programme électoral en matière de finances publiques, de transport, de vélo ou de famille, rien à faire.
Ses deux principaux adversaires, les conseillers sortants Denis Tassé et Sylvie Goneau, ont l'air de deux boxeurs qui dansent sur le ring pour éviter le corps à corps avec lui... Ni l'un ni l'autre n'ont encore annoncé le moindre pan de leur programme électoral.
Jusqu'ici, seul Clément Bélanger, un candidat de dernière minute, se donne la peine de réagir aux annonces du maire sortant.
Et c'est dommage.
Qu'on soit pour ou contre les positions d'Action Gatineau, il faut reconnaître le sérieux du parti lorsqu'il s'agit de réfléchir aux enjeux municipaux à Gatineau et d'intéresser la population à la politique municipale.
Mais voilà, le débat ne lèvera pas très haut si le maire est fin seul sur la tribune à débattre des enjeux qui l'intéresse, lui !
C'est vrai, la campagne est encore jeune. Il peut se passer bien des choses d'ici au scrutin du 5 novembre. Il y aura plusieurs débats et les candidats à la mairie auront l'occasion d'en découdre directement...
En attendant, Denis Tassé et Sylvie Goneau ont l'air d'être pris de court par ce début de campagne très agressif d'Action Gatineau.
On peut aussi se demander si un candidat comme Denis Tassé, arrivé sur le tard après le désistement de Lawrence Cannon, a les moyens de rivaliser sur le fond des choses avec le maire Pedneaud-Jobin.
Jusqu'ici, M. Tassé mène une campagne de terrain, en évitant les questions trop serrées des journalistes sur ses futurs engagements. Au lieu de la bataille rangée qu'aimerait bien lui livrer le maire, il préfère mener une sorte de guérilla politique, attaquant le maire de manière détournée, le taxant de cachottier dans le dossier Guertin, ou laissant entendre que c'est un beau parleur qui ne fait pas grand-chose.
C'est de bonne guerre, mais on a hâte d'en savoir plus sur les propositions concrètes de M. Tassé qui veut améliorer les services de base à la population. À quand sa première conférence de presse ?
Quant à Sylvie Goneau... elle demeure un mystère. Elle s'était pourtant donné toutes les chances de se positionner comme la principale rivale du maire Pedneaud-Jobin en annonçant sa candidature dès novembre 2016.
Or près d'un an plus tard, elle demeure une créature politique difficile à cerner. Ainsi, elle promet de baisser les taxes municipales... tout en s'engageant à pourvoir les nombreux postes vacants à la Ville de Gatineau pour améliorer les services aux citoyens.
Comment s'y prendra-t-elle pour augmenter la masse salariale tout en taxant moins les contribuables ? C'est peut-être faisable en procédant par attrition, mais Mme Goneau devra en faire la démonstration. On en saura peut-être plus mercredi matin, alors que Mme Goneau doit annoncer les grands thèmes de sa campagne.