Le maire de Gatineau, Maxime Pedneault-Jobin, fera partie d’une délégation de sept maires canadiens qui se rendra à Washington pour une conférence sur la sécurité.

Le réflexe sécuritaire

CHRONIQUE / Ainsi, le maire de Gatineau se joint mercredi à une délégation de 7 maires canadiens invités à Washington pour discuter des moyens de contrecarrer l’extrémisme violent sous toutes ses formes.

Maxime Pedneaud-Jobin y rejoindra le maire Régis Labeaume qui donnera une conférence sur la gestion de crise lors de l’attaque de la mosquée de Québec. Quant au maire Jim Watson, il parlera de la réaction d’Ottawa à l’attentat terroriste contre le Parlement en octobre 2014.

Il y aura aussi plusieurs maires américains et européens à cet atelier organisé par le réseau Strong Cities. Dont le maire d’Orlando, une autre ville marquée par une fusillade meurtrière contre un bar gai, en juin 2016.

Même si Gatineau n’a pas été touchée directement par des attaques du genre, cela ne veut pas dire que le maire Pedneaud-Jobin n’a pas sa place à cet atelier.

Il en faut pour rappeler que le réflexe sécuritaire ne doit pas être la seule réponse à l’extrémisme, même si c’est une réaction naturelle au lendemain de tels événements.

Peu importe les moyens sécuritaires mis en place, aucune ville, aucun pays n’est totalement à l’abri d’un acte terroriste ou d’une attaque perpétrée par un « loup solitaire ».

Le phénomène demeure très complexe à expliquer et donc à prévenir. Il reste que la lutte à l’extrémisme violent se fait mieux en amont, notamment par l’éducation.

Les jeunes sont la cible de prédilection des extrémistes. En les éduquant à une société ouverte à la diversité, tolérante, égalitaire, où tout le monde a sa place, ils ont moins de chances de succomber aux discours de radicalisation et aux théories du complot des extrémistes.

Or le maire Pedneaud-Jobin, qui prévoit tenir un grand sommet du vivre-ensemble le printemps prochain à Gatineau, a des choses intéressantes à dire là-dessus.

En matière d’accueil des immigrants, notamment, sa ville s’est démarquée à plusieurs égards. Même si elle est le deuxième pôle d’immigration au Québec avec une population issue à 11 % de l’immigration, Gatineau ne connaît pas de problèmes évidents liés à l’accueil des nouveaux arrivants.

Il n’y a pas de ghetto à Gatineau. Après 10 ans, le taux de chômage des immigrants est même plus bas que la population en général, rappelait récemment le maire Pedneaud-Jobin. Comme quoi, offrir de bons emplois à sa population est aussi un excellent moyen de lutter contre l’extrémisme !

C’est aussi le maire qui a insisté, après l’attentat contre la mosquée de Québec, pour qu’une antenne du Centre de la prévention de la radicalisation s’installe à Gatineau. Avec l’idée qu’il valait mieux prévenir que guérir.

Évidemment, Gatineau ne vit pas dans une bulle. Sa population connaît une croissance rapide. Avec cet essor apparaîtront des problèmes typiques liés aux grandes villes.

Ces jours-ci, l’extrémisme violent est beaucoup associé au terrorisme. Mais c’est en fait un terme fourre-tout, qui ne fait pas l’unanimité dans la communauté internationale. Dans les faits, l’extrémisme violent peut prendre plusieurs formes.

Qu’on pense aux gangs de rue et aux nombreuses fusillades qui y sont associés à Ottawa. Dans ce milieu-là aussi, le recrutement vise des jeunes désillusionnés, sans emploi et sans avenir, pour qui la violence devient un moyen acceptable d’arriver à leurs fins.

Or cette réalité des gangs de rue est  aux portes de Gatineau où les gangs font déjà sentir leur présence, bien que discrètement, dans certains quartiers.

Pas pour rien que la Sûreté du Québec a annoncé cette semaine qu’elle enverrait des renforts en Outaouais, en réaction aux nombreuses fusillades survenues depuis le début de l’année de l’autre côté de la rivière en Outaouais.

Voyez ? Le réflexe sécuritaire, encore et toujours…