Le questionnaire de l’amour est un « jeu de couple » intéressant à faire, en cette journée de la Saint-Valentin.

Le questionnaire de l’amour

CHRONIQUE / Puisqu’on parle d’amour en cette Saint-Valentin…

Vous savez qu’à la fin des années 1990, un chercheur américain en psychologie a tenté de recréer le sentiment amoureux en laboratoire ?

Le pire, c’est qu’il a réussi.

Des gens qui ne se connaissaient ni d’Ève ni d’Adam avant l’expérience ont fini par se marier. Peut-être qu’ils ont aussi fini par divorcer, j’ignore le fin mot de l’histoire...

Bref, l’expérience était d’une désarmante simplicité. Tellement que de prime abord, on a de la misère à croire que ça peut marcher.

Grosso modo, tu places deux personnes qui ne se connaissent pas dans une pièce. Pendant 90 minutes, elles doivent se poser des questions à tour de rôle. À mesure que l’expérience avance, les questions deviennent de plus en plus intimes, sans devenir à caractère sexuel. C’est une expérience sur l’intimité, pas sur la séduction.

En fait, le Dr Arthur Aron cherchait à recréer ce qui se passe quand deux personnes commencent à se fréquenter. Les premières questions portent souvent sur des banalités. Aimes-tu le cinéma ? Les pâtes aux crevettes ? La natation ? C’est seulement à mesure qu’un couple s’apprivoise que les sujets deviennent plus personnels.

Bref, l’hypothèse du chercheur, c’était que le sentiment amoureux naîtrait dans cette zone d’intimité où les deux partenaires s’exposent dans toute leur vulnérabilité.

Son expérience se conclut par un exercice intimidant au possible : les deux inconnus doivent se regarder les yeux dans les yeux pendant 4 minutes.

Si ça marche ?

Tout ce que je peux vous dire, c’est que le questionnaire de l’amour fait son petit effet même sur des couples au long cours, comme le mien.

Je l’ai essayé avec ma blonde. Nous sommes ensemble depuis 12 ans. D’accord, on a un peu triché sur les paramètres scientifiques en agrémentant l’expérience d’un délicieux repas et d’une bonne bouteille de vin. Mais pour le reste, tout y était…

Pour tout vous dire, on ne s’est jamais rendu au bout des 36 questions. Pas même au bout de la douzième. Pas eu besoin. Le questionnaire nous a vite amenés ailleurs, dans un voyage aussi inattendu qu’agréable.

On pense se connaître par cœur après toutes ces années. Mais pas tant que ça. Ces questions ont fait surgir de part et d’autre des confidences inattendues, des surprises, de vieux souvenirs enfouis…

On a ri, on a pleuré. On a jasé longuement avec l’impression de se redécouvrir.

Je ne dirais pas que cela crée un sentiment amoureux. Mais tu en viens à te souvenir très exactement pourquoi tu es tombé amoureux de cette personne-là. C’est assez grisant, merci.

Pour vous donner une idée, les questions vont de : « Quand avez-vous chanté pour vous-même pour la dernière fois ? Pour quelqu’un d’autre ? » (question 5) à « Y a-t-il une chose que vous rêvez de faire depuis longtemps ? Pourquoi ne l’avez-vous pas faite ? » (question 14).

Ou encore : « Dites à votre partenaire ce que vous aimez chez lui ou chez elle ; soyez très honnête, en disant des choses que vous ne diriez peut-être pas à une personne que vous venez de rencontrer » (question 28). « Parmi tous les membres de votre famille, la mort de qui vous toucherait le plus ? Pourquoi ? » (question 35).

Vous voyez ? De la plus innocente à la plus intime des questions.

Il y avait aussi cette question où il faut raconter sa vie en 4 minutes chrono. C’est l’essentiel qui sort.

Je discutais plus tôt cette semaine avec la Dre Sophie Bergeron, une chercheuse financée par les instituts de recherche en santé du Canada. Beaucoup de gens se disent insatisfaits de leur vie sexuelle. Une personne sur deux, selon certaines études. Comment faire alors pour raviver la flamme ?

Selon elle, la recette n’a rien de sorcier : « C’est de se réserver des moments de véritable intimité émotionnelle en couple. Vider le lave-vaisselle ou regarder la télé à deux ne compte pas… »

On a parfois cette perception que l’amour est une sorte de sortilège, un phénomène magique qui échappe à tout contrôle.

Alors qu’il suffit parfois de se confier nos secrets pour l’enflammer de nouveau.

Voici la liste des questions du Dr Arthur Aron :