Le premier ministre du Québec a choisi l’Outaouais pour sa première sortie officielle, vendredi.

Le moment de grâce

CHRONIQUE / Il y a quelque chose de beau dans les premiers moments au pouvoir d’un premier ministre.

François Legault a choisi l’Outaouais comme destination pour sa première sortie officielle. Une rareté, si ce n’est une première dans le cas d’un premier ministre du Québec. 

M. Legault a arpenté les rues du Mont-Bleu, à Gatineau, où la tornade a causé d’importants dommages le mois dernier. 

Le paysage a encore des allures d’apocalypse. 

Des toits arrachés, des fenêtres fracassées, des murs de brique emportés par le vent… Un mois après, la dévastation témoigne encore de la force des éléments et on se dit que c’est vraiment un miracle que personne n’ait été tué.

Le premier ministre a arpenté les rues, entouré de nombreux gardes du corps. Mais la sécurité était assez relâchée. Une dame avec des cheveux orange et un manteau de la même couleur tout aussi flamboyant, a pu s’approcher du premier ministre et lui faire une longue accolade.

Un moment sympathique qui a fait sourire le maire Maxime Pedneaud-Jobin, les ministres, les députés et les journalistes qui suivaient le premier ministre. Legault lui-même a semblé s’amuser de l’enthousiasme de la dame qui l’appelait « François » gros comme le bras et le contemplait comme une rockstar.

« Je souhaite être un gouvernement de proximité et je m’attends à ce que mes 25 ministres restent branchés sur le terrain », a-t-il expliqué par la suite, alors que la vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbeault marchait à sa suite, de même que le nouveau ministre régional, Mathieu Lacombe.

Ça m’a fait penser aux premières semaines après l’élection de Justin Trudeau en 2015. Rappelez-vous l’engouement populaire pour le nouveau premier ministre canadien, ses bains de foule, ses innombrables selfies, ses accolades avec le public… Legault est loin d’avoir le charisme d’un Trudeau. Mais il a visiblement un certain charme. Dans le Mont-Bleu, il a mis dans sa poche un trio de petites dames trop contentes de saluer « François » et d’avoir un brin de conversation avec lui.

Cette proximité entre le premier ministre et les électeurs est un moment de grâce. Il ne dure jamais longtemps. À mesure qu’il s’investira pleinement de sa mission d’homme d’État et qu’il sera sollicité de toutes parts, François Legault deviendra forcément moins accessible au commun des mortels. La dame aux cheveux orange a bien fait de saisir l’occasion pour faire une accolade à son « François ».

M. Legault a clairement indiqué avoir donné le mandat à son ministre régional, Mathieu Lacombe, de s’assurer que l’Outaouais ne soit pas oublié. « J’ai l’intention de respecter tous mes engagements, a ajouté le premier ministre, y compris celui de bâtir un nouvel hôpital. »

Le nouveau premier ministre a bien compris que les gens de l’Outaouais ont envoyé trois députés de la CAQ à l’Assemblée nationale entre autre parce qu’ils ne sont pas satisfaits des services de santé. C’est injuste puisqu’ils paient les mêmes impôts que tout le monde !

À sa première entrevue comme ministre régional, Mathieu Lacombe a tenu des propos dans le même sens que son chef. La santé, mais aussi l’élargissement de l’autoroute 50, de même que le développement économique — un enjeu crucial dans sa circonscription de Papineau — figurent parmi ses priorités.

Il faut reconnaître que le signal envoyé par M. Legault est fort. Non seulement il choisit l’Outaouais pour sa première sortie officielle à titre de premier ministre, il persiste et signe sans faiblir sur sa promesse de construire un nouvel hôpital en Outaouais d’ici 5 ans. De quoi faire plaisir à la dame en orange et au reste de son fan club.