Malgré son avance dans le sondage, Maxime Pedneaud-Jobin a vu son taux de popularité chuter de 10 points par rapport à il y a un an.

Le look d’un maire

Vous savez ce que j’entends dire souvent à propos du maire sortant Maxime Pedneaud-Jobin ? Qu’il a l’air d’un maire. Qu’il parle comme un maire. Qu’il agit comme un maire.

Cette perception vient peut-être du contraste avec son prédécesseur Marc Bureau qui incarnait l’anti-maire par excellence. Bureau qui fuyait les caméras, bafouillait dans ses discours et souffrait d’une gêne maladive en public. Remarquez que ça ne l’a pas empêché de briguer deux mandats consécutifs. Les gens le jugeaient honnête et intègre.

Alors que Maxime Pedneaud-Jobin a l’air d’un maire quand il parle devant les caméras ou s’exprime devant une foule. Ou encore quand on voit des images de lui à la télévision aux côtés d’un premier ministre ou du maire d’une autre grande ville. C’est d’ailleurs une image qu’il cultive soigneusement. Celle d’un chef d’État je veux dire.

Attention, je ne suis pas en train de dire que les Gatinois tripent sur leur maire, même si notre sondage lui prédit une réélection facile aux élections du 5 novembre prochain.

Au contraire, je pense que des gens le détestent précisément pour cela. Parce que M. Pedneaud-Jobin n’a jamais caché qu’il s’est présenté en politique pour faire de la politique. Dans le milieu municipal, où beaucoup perçoivent les élus comme des administrateurs, c’est mal vu.

Même les gens qui lui sont plutôt favorables se sentent souvent obligés d’atténuer leur propos en parlant de lui. Genre : « Je ne suis pas fou de Pedneaud-Jobin, mais… je dois admettre qu’il a l’air d’un maire. »

Vous voyez ce que je veux dire ?

Il y a comme une ambivalence par rapport à Maxime Pedneaud-Jobin. Bien des citoyens lui reconnaissent des qualités, sans déborder d’enthousiasme à son endroit. Ça tient peut-être à son ton professoral, à son look d’intello, peut-être aussi à la présence de son parti politique. C’est difficile à expliquer.

Notre sondage me semble d’ailleurs très bien traduire l’ambivalence des Gatinois vis-à-vis leur maire. Même s’il est parti pour se faire réélire comme une balle, Maxime Pedneaud-Jobin a vu son taux de popularité chuter de 10 points par rapport à il y a un an.

Il n’est plus qu’à 56 %. Un seuil qu’on pourrait qualifier de critique s’il faisait face à des adversaires plus connus que Denis Tassé ou Sylvie Goneau. Un Lawrence Cannon par exemple. 

Plus inquiétant pour Maxime Pedneaud-Jobin, il n’y a plus que 10 % des répondants qui se disent « très satisfaits » de son travail. Là encore, c’est un indicateur en baisse constante depuis son élection et qui traduit un manque d’enthousiasme à son endroit.

C’est difficile d’expliquer cette soudaine baisse de popularité. La dernière année a pourtant été plutôt favorable pour le maire, qui a réglé Guertin et qui a paradé avec tout le gratin politique lors des inondations.

À moins que ce soit sa promesse, en tout début de campagne, de maintenir les hausses de taxes à un niveau supérieur à 2,5 % qui lui fait perdre des plumes ? Annoncer des augmentations de taxes ne fera jamais gagner un concours de popularité à un politicien !

Ceci dit, les adversaires de M. Pedneaud-Jobin à la mairie ne trouveront pas grand réconfort dans ce sondage.

À trois semaines du vote, ils auront fort à faire pour inverser une tendance qui vaut au maire sortant de récolter 53 % des intentions de vote, le double de son plus proche rival, le conseiller sortant Denis Tassé (24 %).

Même en ralliant la totalité des indécis, M. Tassé arriverait à peine à rattraper Maxime Pedneaud-Jobin. Surtout qu’il a déjà joué sa meilleure carte en promettant des investissements accrus dans la réfection des rues locales.

Quant à la conseillère sortante Sylvie Goneau, 3e dans les intentions de vote, elle a enfourché un mauvais cheval de bataille en proposant de réduire la fonction publique municipale — une mesure peu rassembleuse qui recueille à peine 22 % d’appuis.