Quand François Legault (gauche) est venu promettre un troisième hôpital urbain pour l’Outaouais, juste avant le début de la campagne électorale, Mathieu Lacombe (droite) a été le premier à en remettre une couche malgré les critiques qui fusaient de partout.

Gros contrat pour Mathieu Lacombe

CHRONIQUE / Les attentes de l’Outaouais sont grandes à l’endroit du nouveau ministre régional Mathieu Lacombe. Et c’est en grande partie… de la faute du nouveau député caquiste de Papineau.

Quand François Legault est venu promettre un troisième hôpital urbain pour l’Outaouais, juste avant le début de la campagne électorale, M. Lacombe a été le premier à en remettre une couche malgré les critiques qui fusaient de partout.

Les libéraux ont eu vite fait de dire que la promesse de la CAQ était irréaliste, qu’il n’y avait pas assez de personnel médical disponible pour faire fonctionner le nouvel hôpital de 170 lits promis par François Legault.

Au lieu de reculer, Mathieu Lacombe s’est rangé résolument derrière la promesse de son chef, s’engageant même, s’il était élu, à mettre le projet d’hôpital sur la « fast track » pour le réaliser dans le délai promis.

Et bien voilà, il a été élu. Au sein d’un gouvernement majoritaire à part ça. Le voici même ministre de la Famille au sein du cabinet de François Legault. Les caquistes ont les deux mains sur le volant et aucune excuse pour ne pas livrer la marchandise. Dans son discours aux députés cette semaine, François Legault insistait en outre sur l’importance de respecter les promesses.

Or recruter du personnel et réaliser un nouvel hôpital en cinq ans tiendra de l’exploit. Surtout que Mathieu Lacombe devient ministre de l’Outaouais dans un contexte de tensions qui compliqueront sa tâche.

Les couteaux volent bas ces jours-ci entre le CISSS de l’Outaouais et les syndicats d’infirmières qui menacent d’aller travailler en Ontario si leurs conditions de travail ne s’améliorent pas. Dans certains cas, le lien de confiance est rompu entre les deux parties et les négociations s’en vont devant le médiateur. Est-ce que la CAQ, qui a promis des primes de rétention aux infirmières de l’Outaouais, pourrait aider à dénouer l’impasse ? Nous le saurons bien assez vite.

Le climat risque d’être encore plus tendu si François Legault renégocie à la baisse, comme promis la rémunération des médecins spécialistes. La CAQ a promis de ne pas toucher au revenu des spécialistes de l’Outaouais afin d’éviter l’exode vers l’Ontario. Il reste qu’un climat d’affrontement ne favorisera pas le recrutement de spécialistes vers un nouvel hôpital.

Dans le cas de l’autoroute 50 aussi, les attentes sont grandes. La CAQ a promis de sécuriser et d’élargir l’autoroute plus vite que ne l’aurait fait l’ancien gouvernement. Mathieu Lacombe a même promis de devenir le « champion » de l’autoroute 50. Une promesse qui pourrait vite devenir lourde à porter. C’est triste à dire, mais il se la fera remettre sur le nez dès qu’un accident mortel se produira sur l’autoroute 50… comme le libéral avant lui.

Après avoir créé des attentes aussi élevées dans deux dossiers très importants pour les gens de l’Outaouais — la santé et l’autoroute 50 — les risques de décevoir seront d’autant plus grands. Le nouveau ministre régional aura fort à faire pour prouver que l’Outaouais n’est plus tenu pour acquis comme au temps des libéraux.

Il pourra compter sur deux députés de son parti pour l’aider dans ses efforts en Mathieu Lévesque (Chapleau) et Robert Bussière (Gatineau). Et deux députés libéraux pour le rappeler à l’ordre en Maryse Gaudreault (Hull) et André Fortin (Pontiac).

Pour la première fois depuis des décennies, l’Outaouais sera représenté par deux partis à l’Assemblée nationale.

Une nouvelle réalité qui devrait aider la région à sortir de l’ombre et à cesser d’être l’éternelle oubliée du Québec.