Pour Jean-Pierre Guertin, la politique de gestion des déchets de la Ville de Gatineau est un véritable casse-tête.

Des couches et des poubelles

CHRONIQUE / Vous savez que la nouvelle collecte des poubelles entre en vigueur le 15 septembre à Gatineau ? Elle ne fait pas l’affaire de tout le monde, loin de là !

À compter de cette date, les gens devront faire tenir leurs ordures ménagères dans une petite poubelle de 120 litres. Sinon, ils devront payer des sacs de poubelle en extra au coût de 50 sous pièce.

Pour la majorité des citoyens qui compostent et recyclent, cette nouvelle collecte minceur ne causera aucun problème. En outre, elle est essentielle pour réduire le volume de déchets envoyés à l’enfouissement.

Mais dans le cas de Jean-Pierre Guertin, elle viendra lui empoisonner la vie. Une vie déjà compliquée !

Sa fille autiste de 27 ans souffre d’incontinence. Elle utilise de 3 à 4 couches par jour. Donc de 21 à 28 couches par semaine. Donc de 42 à 56 couches aux deux semaines... Ça te remplit une poubelle, ce n’est pas long !

Et malgré toutes les démarches entreprises par son épouse et lui, la Ville de Gatineau refuse de les accommoder sous prétexte que la loi provinciale ne tolère aucune exception.

Quand tu sais que le père a survécu au cancer, que la mère a la sclérose en plaques, et qu’ils en ont plein les bras avec leur fille autiste à la maison, l’affaire des poubelles, c’est... la goutte qui fait déborder la cuvette.

Trop, c’est trop.

« C’est insensé qu’on nous pénalise ainsi à cause du handicap de notre fille !, s’insurge M. Guertin. Passer directement au contenant de 120 L, ça marche pour des petites familles. Mais avec des grosses familles, ou des familles avec une réalité particulière comme la nôtre, ça ne marche pas. Des couches pour adultes, il y en a de plus en plus avec la population vieillissante. D’ailleurs, ça se vend très bien. Des fois, j’arrive au magasin, et ils sont en rupture de stock… »

« Je suis pour la réduction des déchets, poursuit-il. Tout ce que je voudrais, c’est que la Ville me laisse utiliser mon gros bac de 360 litres comme c’est le cas présentement. Les petites poubelles de 120 litres sont beaucoup trop petites. Quant aux sacs de poubelle en extra, ce n’est pas de payer qui me dérange. Je crains surtout que les éboueurs refusent de les ramasser tellement ils sont lourds. J’en sais quelque chose ! »

Il a suggéré, sans succès, des accommodements à la Ville de Gatineau. Comme d’apposer des étiquettes avec l’adresse sur les bacs, afin d’indiquer les exemptions aux éboueurs. Mais rien à faire. À deux semaines de la nouvelle collecte, la Ville de Gatineau demeure inébranlable.

La conseillère de son quartier, Louise Boudrias, sympathise. Elle a voté contre l’entrée en vigueur de la nouvelle collecte, déplorant le manque de préparation et de consultations. « Je continue de me battre pour trouver une solution. Ce monsieur n’est pas le seul dans sa situation », dit-elle.

La conseillère responsable de la gestion des déchets, Maude Marquis-Bissonnette, croit que la nouvelle collecte doit aller de l’avant sans délai. Mais elle déplore aussi le manque de souplesse de la loi provinciale qui interdit tout accommodement sur la grosseur des bacs ou les tarifs. Elle compte d’ailleurs plaider pour des assouplissements auprès du gouvernement Legault. Mais il est peu probable que des changements soient apportés d’ici au 15 septembre.

Il reste que cette situation est… insensée. Oui, il y a urgence d’agir pour préserver l’environnement. Mais il n’y a aucune raison, aucune, pour que la réduction des déchets se fasse sur le dos des plus vulnérables. Pas dans une ville moderne comme Gatineau. Vivement, des accommodements raisonnables.

Patrick Duquette

Il reste la peur du ciel gris

CHRONIQUE / Quelle est la probabilité qu’une tornade frappe, à un an d’intervalle, le même quartier, le même jour ? À peu près nulle. Et pourtant…

Et pourtant, en ce samedi 21 septembre, vers 17 h, bien des habitants du quartier Daniel-Johnson scruteront le ciel avec angoisse, à l’affût du moindre tourbillon suspect.

Patrick Duquette

Le coassement des grenouilles

CHRONIQUE / En lisant mon journal, jeudi matin, je ne donnais pas cher de la peau des rainettes qui coassent dans le secteur de la Cité à Gatineau. À supposer qu’il en reste quelques-unes !

Le maire et son administration, de même que le député provincial, se rangent derrière les promoteurs qui souhaitent développer les grands champs situés derrière la Maison de la culture. On voudrait y construire des milliers d’unités de logements et des commerces.

Patrick Duquette

Madame, c’est ça des gars !

CHRONIQUE / « Viendrais-tu parler de ton métier aux garçons de ma classe ? Ils ont lu ta chronique sur le chasseur furtif F-35, et ils sont très impressionnés », m’a écrit Annick Sauvé, enseignante de 5e année à l’école du Cheval-Blanc de Gatineau.

Bien sûr, ai-je répondu. Mais, dites-moi, Annick, ai-je bien compris que vous enseignez à un groupe composé uniquement de garçons ? Je croyais révolue l’époque des classes séparées. Mais j’avais bien saisi. À son école, on tente une expérience inédite. En 5e année, on a formé une classe de gars et une classe de filles. Comme dans le bon vieux temps !

Patrick Duquette

Equifax: erreur sur la personne

CHRONIQUE / Deux dames de Gatineau aux noms presque identiques, Joanne Bertrand et Johanne Bertrand, ont vécu une mésaventure pour le moins inusitée. La firme Equifax a confondu leurs dossiers de crédit et transmis à l’une des informations confidentielles destinées à l’autre.

Troublant, vous dites? Surtout quand on sait qu’Equifax est cette même firme appelée à la rescousse l’été dernier, afin de mieux protéger les dossiers de crédit des millions de membres du Mouvement Desjardins touchés par une fuite de données personnelles.

Patrick Duquette

Prêter ses jambes à son amie

CHRONIQUE / L’amitié est parfois le point de départ de bien belles choses.

Au départ, tout ce que voulait Sonia Béland, c’était partager son plaisir de courir avec sa meilleure amie Karine Dupuis, paraplégique depuis l’âge de 18 ans. Une idée qui a finalement mené à la création des Courses partagées de Gatineau. Mais n’allons pas trop vite !

Patrick Duquette

Dans les méandres d’un centre de tri [VIDÉO]

CHRONIQUE / Le centre de tri Tricentris ouvre ses portes au grand public ce samedi à Gatineau. J’ai eu droit à une visite en avant-première cette semaine. Ce qui m’a le plus impressionné ? Le tas. Le gros tas de déchets recyclables à l’entrée de l’usine.

C’est fou ce qu’on en consomme des pots de margarine, des sacs en plastique, des bouteilles de détergents, des bouteilles de vin, des rebuts métalliques, des circulaires en papier, des boîtes de carton. Trop ? Sans aucun doute, oui.

Patrick Duquette

Une idée à pousser plus loin

CHRONIQUE / La Ville de Gatineau a inauguré lundi son tout premier « parcours d’exercices » en plein air au parc Lavictoire. Ce que j’en dis ? Bravo. Des parcours semblables, il en faudrait dans tous les quartiers.

J’irais plus loin : il ne faut pas s’arrêter à concevoir des parcours destinés aux plus vieux, comme celui-là. Dans une région comme l’Outaouais, où le surpoids et le tabagisme font des ravages, il faut concevoir des « parcours santé » en fonction d’une clientèle de tous les âges. Jeunes et moins jeunes.

Patrick Duquette

Une redoutable machine de guerre dans le ciel de Gatineau

CHRONIQUE / Vous avez peut-être entendu son furieux grondement vendredi après-midi. Quand le chasseur furtif F-35 a traversé à basse altitude le ciel de l’aéroport de Gatineau, un rugissement d’enfer a envahi tout l’espace. Des gradins où j’étais posté, j’ai même vu un début de nuage supersonique se former sur ses ailes triangulaires. Ouf, quelle machine de guerre. J’en ai eu des frissons.

Aucun doute, le chasseur de 80 millions est LA vedette incontestée du spectacle aérien Aéro-Gatineau. Et vendredi, le pilote du F-35, un certain Andrew « Dojo » Olsen, a multiplié les acrobaties en répétition générale. Piqués, chandelles, tonneaux, loopings, manœuvres à basse vitesse : le guide du combat aérien y est passé au complet. Le tout commenté au micro par un animateur survolté (en anglais seulement, quel dommage !) et au son d’une musique rock de circonstance. L’avion a même fait un passage à basse vitesse pour nous montrer sa spacieuse soute à bombes — bien entendu vide pour l’occasion !

Patrick Duquette

Le 6e pont

CHRONIQUE / A-t-on vraiment besoin d’un 6e pont entre Ottawa et Gatineau ?

J’ignore si cette question deviendra l’enjeu majeur de l’élection fédérale dans la région. Chose certaine, on entendra beaucoup parler d’un éventuel 6e lien.

Patrick Duquette

Le sac du soldat Saint-Laurent

CHRONIQUE / Francine Saint-Laurent ouvrira aujourd’hui un colis bien spécial. Il contient le sac à dos que son père, un vétéran de la Seconde Guerre mondiale, a perdu en 1944 alors qu’il combattait les troupes nazies dans les montagnes italiennes. Soixante-quatorze ans après avoir été égaré, le fameux sac militaire est sur le point de révéler ses secrets.

L’objet a été retrouvé dans une vieille grange des Apennins, en août 2018, par un collectionneur italien du nom de Lorenzo Campus. « Il était suspendu à un mur. Le vieux fermier l’avait gardé tout ce temps. Par chance, la grange n’était pas humide. Tout était bien conservé », raconte l’Italien de 23 ans.

Patrick Duquette

Une école pas comme les autres

CHRONIQUE / C’était jour de rentrée, mardi, à la toute nouvelle école élémentaire publique Ottawa Ouest. Fait intéressant, on y expérimentera une méthode d’enseignement inusitée, mise au point dans la ville italienne de Reggio Emilia.

La pédagogie Reggio, si j’ai bien compris, part du postulat que l’enfant n’est pas une boîte vide que des adultes doivent remplir de connaissances. Au contraire, l’élève est considéré comme un citoyen à part entière. Un être curieux et capable de prendre des décisions concernant son apprentissage. L’enseignant n’est plus un maître décidant de tout, mais un accompagnateur.

Patrick Duquette

Regagner la confiance

CHRONIQUE / J’ai l’impression que nous n’avons pas fini d’entendre parler de Peter Sloly, futur chef de la police d’Ottawa – et tout premier noir à occuper ce poste.

Autant son prédécesseur Charles Bordeleau incarnait le flic de carrière, martial et peu volubile, autant Peter Sloly projette l’image d’un policier charismatique, progressiste et résolument moderne.

Patrick Duquette

Ouin, pis?

CHRONIQUE / Ce vieux discours d’Andrew Scheer où il s’oppose au mariage gai m’a fait réaliser à quel point les mentalités ont évolué à une vitesse folle depuis 15 ans.

Les libéraux ont abondamment partagé cette vidéo datant de 2005, jeudi, où le chef conservateur expose ses arguments à l’encontre du mariage entre personnes de même sexe.

Patrick Duquette

La paire de bas

CHRONIQUE / Ceux qui ont le «malheur» d’être généreux en donnant régulièrement à des organismes de charité savent de quoi il en retourne. Bien souvent, ils seront inondés de bidules et de cadeaux non sollicités par l’organisme en question.

C’est arrivé à un ami lecteur. Dans un élan de bonté, il a fait un don de 100 $ à la Croix-Rouge canadienne, le printemps dernier, alors que les inondations chassaient des milliers de Québécois de leurs foyers. Touché par le sort de ces sinistrés transis et trempés, mais aussi par l’excellent travail de la Croix-Rouge, il a voulu contribuer… sans rien attendre en retour.

Patrick Duquette

Un goût amer d’injustice

CHRONIQUE / Même un très bon règlement municipal peut créer son lot d’injustices. Parlez-en à Andrée Lavoie. Son compte de taxes municipales a explosé de 81 % cette année en raison de la nouvelle taxe sur les terrains vagues desservis à Gatineau.

Cette nouvelle taxe visait au premier chef les vastes stationnements et les grands espaces vides du centre-ville. 

Comme je le disais, c’est une bonne taxe, destinée à forcer les gros joueurs immobiliers à développer leurs terrains.

Patrick Duquette

Je vous souhaite la paix, madame

CHRONIQUE / Il nous arrive encore de recevoir au Droit des lettres écrites à la main et envoyées par la poste comme au bon vieux temps. Des missives parfois très touchantes comme celle de Paulette Proulx. Elle débutait avec un avertissement en lettres majuscules : ATTENTION AUX LIVRES DE SIGNATURES !

La dame relate qu’après le décès de son mari, elle s’est retrouvée devant un fait accompli : on n’a pu lui remettre le registre de signatures qui accompagne le défunt tout au long des funérailles.

Patrick Duquette

Dans le costume de la princesse

CHRONIQUE / Une heure du conte pour de jeunes enfants avec… une drag queen ? Pourquoi pas!

C’est l’activité inusitée qui se tiendra ce samedi dans un centre communautaire du quartier de Bells Corner — un fief pourtant réputé très conservateur de l’ouest d’Ottawa.

Patrick Duquette

Jouer moins, dormir plus

CHRONIQUE / Vos enfants manquent de sommeil et jouent trop longtemps sur leurs écrans ?

C’est un coquetel qui risque de les rendre plus impulsifs et de leur faire prendre de mauvaises décisions, ont découvert des chercheurs de l’institut de recherche du CHEO à Ottawa.

Patrick Duquette

Le joggeur écologique

CHRONIQUE / Des gens l’aperçoivent tôt le matin faire son jogging dans le secteur Buckingham. Un monsieur dans la soixantaine qui traverse les rues en courant d’un bord à l’autre, ramassant tous les déchets sur son passage. Aussi petits soient-ils !

Son ardeur à nettoyer les rues ne passe pas inaperçue. 

Sur les médias sociaux, les gens s’émerveillent de son sens civique. 

Et s’interrogent sur l’identité de ce mystérieux joggeur à la conscience environnementale aiguisée.

Patrick Duquette

Tirer le mauvais numéro

CHRONIQUE / Histoire tragique à l’hôpital de Gatineau : un octogénaire meurt après qu’on lui ait administré par erreur un puissant médicament à base d’opioïdes.

La méthadone qu’une infirmière auxiliaire a donnée par voie orale à William Madaire, 85 ans, ne lui était pas destinée. 

L’opioïde était prescrit pour une autre patiente qui occupait précédemment la même chambre que lui.

Patrick Duquette

Attention, la SPCA est là...

CHRONIQUE / «Bonjour, je m’appelle Laurianne de la SPCA de l’Outaouais. Je suis ici pour recenser vos animaux… »

Depuis le début de l’été, des agents de recensement de la SPCA cognent à toutes les portes de Gatineau pour recenser les chiens et les chats. 

Un métier parfois ingrat, qui leur vaut d’en voir et d’en entendre de toutes les couleurs.

Patrick Duquette

Mais pourquoi vivre sans cellulaire?

CHRONIQUE / Et vous, pourriez-vous vivre sans votre téléphone cellulaire et les médias sociaux ?

Ma collègue Isabelle Pion de La Tribune a interrogé des irréductibles qui résistent encore et toujours à l’envahisseur numérique. Des gens qui n’ont pas de cellulaire et n’en veulent pas. 

Des gens qui refusent d’adhérer aux médias sociaux. Et qui affirment se sentir plus libres ainsi.

Patrick Duquette

Le mystère des poissons morts

CHRONIQUE / On dirait le titre d’un roman policier, non ?

Pendant mes vacances, je me suis passionné pour le mystère de ces milliers de poissons morts découverts le long de la rivière à Gatineau. 

Un drame écologique plein de rebondissements inattendus et toujours inexpliqué à ce jour.

Patrick Duquette

Il ne manque que les placoteux

CHRONIQUE / Donc j’ai testé les placotoirs de la Ville de Gatineau. Les quoi, dites-vous ? Les placotoirs. Des endroits publics où il est possible de placoter entre citoyens. La municipalité a aménagé 4 placotoirs sur le bord de rues passantes, cet été. Histoire de tester le concept.

Si ça marche ? Issssh.

Patrick Duquette

La fin du gazon

CHRONIQUE / S’il est une chose qui remplissait mon père de fierté, c’est la vision d’un gazon vert et tondu aussi ras que le court central de Wimbledon. Pour toute une génération, une pelouse bien grasse et exempte de mauvaises herbes était le symbole même de la prospérité.

Je parle de mon père, mais je pourrais aussi parler de mon beau-père. Il entretenait la même affection pour les pelouses bien entretenues. Fierté qu’il a d’ailleurs transmise à sa fille. Dès qu’un pissenlit ou un trèfle blanc ose s’immiscer sur notre parterre, ma blonde commence à taper du pied. Le message est clair : faudrait passer la tondeuse.

Patrick Duquette

Donnez-nous des permis!

CHRONIQUE / Le président de Junic Construction, Nicolas Tremblay, n’en peut plus des excuses des politiciens à propos de la crise du logement à Gatineau. Des excuses qui font fi d’une réalité bien simple à son avis : la Ville de Gatineau met trop de temps à émettre de nouveaux permis de construction.

Le vase a débordé l’autre jour quand il a entendu dire au bulletin de nouvelles que le secteur privé n’était pas capable de fournir à la demande. D’exaspération, il a donné un coup sur le volant.

Patrick Duquette

Pelleter ses problèmes chez le voisin

CHRONIQUE / En voyant apparaître de vieux meubles près du conteneur à déchets installé derrière son commerce du boulevard Maloney, à Gatineau, Alexandre Daoust a poussé un soupir.

« C’est toujours plate de voir des résidents laisser leurs meubles derrière les commerces de Gatineau. Surtout que les commerçants doivent souvent payer une surcharge pour les faire enlever », a écrit le propriétaire de la boutique Mode Mobile sur son compte Facebook.