Dans le dossier du Quartier du musée, la Ville de Gatineau a tenu des consultations publiques. On a même eu des séances d’information publiques sur le sujet (notre photo).

Des chichis inutiles

CHRONIQUE / Ainsi, Gatineau refuse de rendre public un rapport portant sur des consultations… publiques.

Expliquez-moi quelqu’un, je n’arrive pas à la comprendre celle-là.

Je vous raconte : c’est mon collègue Mathieu Bélanger qui préparait un reportage sur les discussions à venir au conseil municipal concernant la désignation patrimoniale du Quartier du musée à Gatineau.

Il demande donc au service des communications qu’on lui fournisse le rapport sur les consultations publiques du mois de juin 2017 qui portaient précisément sur cette question. Mon collègue pensait naïvement l’obtenir sans problème.

Bien non, pas moyen de l’avoir ! On refuse de lui fournir le document. Pire, pas moyen de savoir pourquoi il ne peut pas l’avoir. Vive la transparence.

Pourtant, ce n’est pas comme s’il y avait de gros secrets d’État dans ce rapport. On ne parle pas d’un épineux dossier de ressources humaines ou d’informations stratégiques sur la vente d’un terrain.

On parle d’un rapport sur une consultation PUBLIQUE.

Désolé, je déteste mettre des mots en majuscules dans un texte, mais là, je fais une exception.

Le mot le dit, c’est public. Quand tu organises des consultations publiques, que tu demandes au monde de te donner leur avis sur une question importante pour le développement de la ville, la règle de base, c’est d’en tenir compte dans ta prise de décision et de respecter tes engagements à l’endroit du public.

Or dans ce cas-ci, c’était écrit en toutes lettres sur son site Web, la Ville de Gatineau s’était engagée à rendre public le rapport de consultation dès septembre dernier. Elle ne l’a pas fait.

Tout cela fait qu’à la veille d’un gros débat au conseil municipal sur l’avenir du Quartier du musée, mardi prochain, les citoyens et les médias n’ont pas accès à un rapport sur des consultations publiques qui remontent à près d’un an. Pourquoi ?

On n’en a pas la moindre foutue idée.

Puisqu’on est à souligner le ridicule de la situation, je rappelle que des médias de la région, dont Le Droit, ont couvert la fameuse consultation publique, y compris les échanges entre les défenseurs du patrimoine et les promoteurs comme Nader Dormani et Gilles Desjardins qui ont de gros projets immobiliers dans le secteur.

Alors je ne sais pas où ça bloque. Qui retient de l’information de la sorte ?

À titre comparatif, je cherchais à m’informer cette semaine sur la phase 3 du train léger à Ottawa, alors que le dossier était discuté au comité des transports de la Ville d’Ottawa. En deux clics, j’ai eu accès à un rapport complet sur la question, bilingue en plus, avec schémas et statistiques à l’appui. Pas de secret là-dedans, juste des données d’intérêt public, qu’on a rendues publiques.

Gatineau se nuit en faisant des chichis pour divulguer un document aussi anodin qu’un rapport de consultation. À une époque, les consultations publiques étaient une vraie farce à Gatineau. Elles servaient moins à consulter la population qu’à lui vendre des projets largement décidés à l’avance.

Depuis quelques années, on semblait faire un effort pour réellement consulter les gens, et les impliquer davantage dans la vie démocratique municipale.

À sa première campagne électorale, le maire Maxime Pedneaud-Jobin avait promis de mettre sur pied un Office de consultations publiques à Gatineau. Un genre de BAPE municipal qui rendrait public un maximum d’information pour alimenter et éclairer le débat public.

Non seulement l’Office n’a jamais vu le jour, mais la Ville se fait tirer l’oreille pour rendre public un rapport de consultations PUBLIQUES. Un rapport qu’elle a fini par rendre public jeudi, en fin de journée. Espérons que ce n’était qu’un faux-pas dans la mauvaise direction.