La polyvalente Grande-Rivière est la dernière école à faire les manchettes à cause de la surpopulation. Mais le problème ne date pas d’hier.

Courir après sa queue

CHRONIQUE / Expliquez-moi quelqu’un ! Je n’arrive pas à comprendre.

Comment se fait-il qu’on soit incapable de prévoir l’emplacement des nouvelles écoles primaires et secondaires à Gatineau ?

Année après année, l’histoire se répète.

De nouveaux quartiers domiciliaires poussent ici et là, avec la bénédiction de la Ville de Gatineau. Au bout d’un moment, une commission scolaire lève la main pour dire : hé, on va avoir besoin d’une nouvelle école pour accueillir les enfants du quartier !

Bien tiens. C’était pourtant prévisible, non ?

C’est le spectacle auquel on assiste en boucle depuis quelques années dans l’ouest de Gatineau, dans les secteurs du Plateau et d’Aylmer, où les nouveaux quartiers poussent comme des pissenlits au printemps.

Dans mon journal, vendredi matin, on apprenait que c’est maintenant l’école Grande-Rivière qui « déborde ». La surpopulation y est telle que les 230 élèves de 6e année qui devaient y débuter leur secondaire en 2020 devront plutôt le faire entre les murs… d’une école primaire. Faute de place !

Ce n’est pas une si grande tragédie.

Mais comment se fait-il que l’histoire se répète, année après année, sans que rien ne change ? Une nouvelle école n’est pas sitôt ouverte dans le quartier que c’est la course pour en ouvrir une autre, quelques rues plus loin. Chaque fois, il faut revoir les bassins de population associée à chaque école. Chaque fois, ce sont les mêmes assemblées de parents en colère contre ces changements qui vont compliquer davantage leurs vies occupées. Le petit frère devra changer d’école, il n’ira plus à la même école que sa petite sœur…

Depuis le temps, il me semble que la Ville de Gatineau et les commissions scolaires devraient avoir trouvé le moyen de mieux collaborer. Et pourtant, la planification des nouvelles écoles se fait souvent à la dernière heure.

C’est la course pour trouver un terrain, obtenir les autorisations environnementales, les permis de construction… Si le terrain propice appartient à un promoteur privé, il faut espérer que celui-ci soit prêt à aller de l’avant rapidement. Tant la Ville de Gatineau que les commissions scolaires donnent l’impression de courir après leur queue.

Quand est-ce qu’on pourra enfin planifier des quartiers « complets » à Gatineau ? Les rues, les aqueducs, les égouts… et les écoles ?

Dans son dernier schéma d’aménagement, Gatineau a ajouté des clauses pour mieux planifier les écoles. Mais ces clauses ne s’appliquent que dans les « aires d’expansion urbaine » ou pour les gros projets immobiliers dans les « aires de consolidation ». C’est un début, mais qui ne fera pas une différence immédiate.

Municipalités et commissions scolaires sont là pour servir au mieux le citoyen. Ce cirque où chaque palier de gouvernement se mure dans sa propre logique bureaucratique n’a aucun sens.