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Patrick Duquette
Le Droit
Patrick Duquette
L'Outaouais repassera en zone orange le 22 février.
L'Outaouais repassera en zone orange le 22 février.

Confine, déconfine, reconfine...

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CHRONIQUE / Ainsi, l’Outaouais repassera en zone orange lundi prochain, à temps pour la semaine de relâche. Mais pour combien de temps?

J’ai l’impression qu’on n’a pas fini de jouer au yoyo avec les mesures de confinement.

Oui, la région est sous le coup d’une accalmie. Le nombre d’hospitalisations est au plus bas, les cas actifs aussi. La situation est maîtrisée. La vague est aplatie. Bravo à tout le monde pour les beaux efforts.

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Mais n’oublions pas une chose. Si la COVID est tenue en échec ces jours-ci, ce n’est pas parce que les gens sont immunisés ou que le virus a disparu de la circulation. Non, c’est strictement à cause des mesures sanitaires.

Dans les faits, la transmission communautaire se poursuit. La campagne de vaccination traîne sérieusement de la patte. Et on ignore dans quelle mesure les variants plus contagieux du virus se promènent dans la nature. Et en plus, on passe en zone orange?

Ouf.

Quand je pense à la pandémie en Outaouais, je vois une voiture immobilisée au beau milieu d’une pente abrupte. On a tiré le frein à main. Tout est sous contrôle. Mais dès qu’on relâchera la manette, la voiture va se mettre à accélérer vers le bas… bref, le virus se remettra à circuler.

Ceci dit, je pense que le gouvernement Legault n’avait pas le choix de relâcher la pression. Surtout en Outaouais où les gens se comparent à la ville voisine d’Ottawa qui vient de déconfiner en partie ses restaurants et ses commerces.

Voyant cela, la Chambre de commerce de Gatineau et les restaurateurs ont mis énormément de pression politique pour faire basculer l’Outaouais en zone orange.  Et je les comprends.

Je comprends tellement la frustration d’un gars comme Éric Gaudreault, propriétaire du Troquet. Un an qu’il ronge son frein comme tous les tenanciers du centre-ville de Gatineau. De voir ses concurrents d’Ottawa rouvrir leurs portes, à moins d’un demi-kilomètre de chez lui, alors que lui-même aurait dû rester fermé, c’était trop injuste.

Tout le monde en a marre du confinement.

Je lisais les résultats du sondage réalisé par nos coopératives de l’information au Québec. Les mesures sanitaires pèsent sur le moral de tout le monde, surtout des jeunes. Ils ne vont pas bien, nos jeunes. Ils ont besoin qu’on leur lâche un peu de lest qu’on les laisse jouer, socialiser, faire du sport.

Le gouvernement Legault est dans une situation intenable. La prudence lui dicterait sans doute de maintenir les restrictions sanitaires à leur niveau actuel. Mais s’il se montre trop strict, c’est le respect des mesures et la cohésion sociale qui risque de sauter. Entre les deux maux, il doit constamment choisir le moindre.

Mais quand j’entends qu’on va déconfiner des espaces intérieurs comme des restaurants, cinémas, lieux de culte ou musées, je me dis qu’on joue avec le feu. Ce damné virus se répand à la vitesse de l’éclair.

Regardez ce qui se passe à Terre-Neuve et Labrador où le variant britannique fait des ravages. En quelques jours, on est passé d’une province où il ne se passait rien à une flambée paralysante. Pour rappel, l’Outaouais a connu pareille flambée pas plus tard qu’en novembre dernier.

Alors confine, déconfine, reconfine… Autant se faire une raison. On n’a pas fini de jouer à ce petit jeu.