En Ontario, il sera presque plus difficile de fumer un joint de marijuana après la légalisation qu’avant la loi.

Cachez ce joint de pot...

CHRONIQUE / Si ça continue ainsi en Ontario, il sera plus difficile de fumer un joint de pot après qu’avant la légalisation…

Déjà que l’Ontario interdira de consommer du cannabis dans les lieux publics, les lieux de travail et les véhicules à moteur, voilà qu’on parle de bannir aussi la marijuana des immeubles à logements.

C’est du moins ce que recommandent Santé publique Ottawa et des associations de propriétaires en Ontario.

Je ne fume ni tabac ni cannabis. Et pourtant, je commence à trouver que ça fait beaucoup d’interdictions en Ontario. Où est-ce qu’on pourra fumer un joint, au juste, quand la légalisation entrera en vigueur l’été prochain ? À la campagne ? Dans le fond des bois ?

Je trouve que les autorités de santé publique poussent parfois très loin leur notion d’hygiène publique. Cet acharnement à bannir le cannabis non seulement des lieux publics, mais aussi d’une partie de la sphère privée tient de la chasse aux sorcières.

L’Ontario donne la furieuse impression de vouloir interdire par en arrière ce que le fédéral est en voie de légaliser par en avant.

On joue à un jeu dangereux en poussant les restrictions toujours plus loin au nom du droit à l’air pur et de la santé publique.

Le succès des restrictions sur le tabac ou le pot dépendent largement d’une large adhésion du public. Ce qui retient les fumeurs de s’allumer une cigarette sur une terrasse ou dans un endroit public, ce n’est pas tellement la crainte de voir surgir un inspecteur antitabac, son carnet de contraventions à la main. C’est bien plus le regard réprobateur de leurs concitoyens qui se sont habitués à vivre dans des espaces sans fumée.

Il faut que ce soit la même chose pour le pot. Si on pousse les interdictions trop loin, même les non-fumeurs finiront par avoir pitié des consommateurs de cannabis forcés de se cacher au fond des bois pour s’adonner à une activité somme toute… légale.

Le Québec me semble avoir une approche plus mesurée, à l’exception de quelques villes dissidentes comme Hampstead et Saint-Jérôme. La consommation de cannabis sera permise dans les lieux publics de la Belle Province, selon les mêmes règles qui régissent la consommation de tabac. C’est un bon début, quitte à resserrer la vis par la suite.

Voilà que Patrimoine Ottawa se dit « consterné » par le projet d’agrandissement du Château Laurier à Ottawa, qui fait actuellement l’objet de consultations publiques.

La première version du projet avait suscité un tollé. Même le maire Jim Watson ne voulait rien savoir de la première esquisse. Les architectes du projet sont donc retournés à leur planche à dessin.

Malgré toute la bonne volonté du monde, je vois mal comment cette deuxième mouture passera la rampe, même si les dimensions de l’ajout ont été réduites de 12 à 8 étages par rapport à la première version.

Patrimoine Ottawa ne voit pas en quoi cette grosse boîte de verre et d’acier rectangulaire s’accorde avec les formes romantiques et pittoresques du Château Laurier, un immeuble emblématique de la capitale fédérale et une icône d’importance nationale.

Moi non plus !

J’ai beau chercher, je ne vois aucun rapport entre le bloc de verre monolithique qu’on propose d’ajouter et les formes tout en douceur et en sensibilité de l’actuel Château Laurier.

Le public a été encore plus raide dans ses commentaires, certains qualifiant le nouveau concept de « monstruosité » qui allait défigurer et masquer en partie un bâtiment d’importance historique.

Il est impossible de contenter tout le monde. Mais il y a moyen de présenter un projet plus rassembleur et plus respectueux du bâtiment actuel.