Le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin a retiré le titre de porte-parole de la Ville de Gatineau auprès du monde de l’éducation à Jocelyn Blondin, mardi.

Ça joue dur à Gatineau

CHRONIQUE / Alors voilà, Maxime Pedneaud-Jobin a dégommé le conseiller Jocelyn Blondin de son poste de porte-parole de la Ville de Gatineau auprès du monde de l’éducation.

Il est capable de jouer dur, le maire de Gatineau.

On l’a vu aller avec le bureau de l’ombudsman, on le voit maintenant avec M. Blondin.

À ma connaissance, c’est la première fois depuis la fusion qu’un maire retire une partie des fonctions qu’il a confiées à un membre du conseil municipal.

Même Yves Ducharme n’est jamais allé aussi loin, encore moins Marc Bureau qui manquait de poigne lorsque venait le temps de remettre un adversaire à sa place.

De toute évidence, le maire en avait marre que M. Blondin joue sur les deux tableaux dans le dossier de la nouvelle école 036 dans le quartier du Plateau.

Et c’est difficile de le lui reprocher.

Une semaine, M. Blondin penche du côté du maire. L’autre semaine, le voilà à dénoncer l’attitude de la ville de Gatineau et à prendre la défense de Johanne Légaré, la présidente de la CSPO — qui était son agente officielle lors de la dernière campagne électorale.

C’est évident que ça ne pouvait plus marcher entre le maire et M. Blondin dans ce dossier bien précis. Après la volte-face de ce dernier, le lien de confiance était brisé. Ce n’est pas une question de bâillonner un élu. C’est juste que M. Blondin doit choisir son camp. Tu ne peux pas être du côté du pouvoir et de l’opposition en même temps.

S’il n’était plus à l’aise dans ses fonctions de porte-parole auprès du monde de l’éducation, M. Blondin avait le choix de démissionner. Le maire l’a pris de vitesse et l’a dégommé.

M. Blondin disait payer le prix pour avoir exprimé son opinion dans un dossier. Mais mercredi, il usait allègrement de sa liberté d’expression pour proclamer qu’il continuera de défendre haut et fort le monde de l’éducation. On n’en attend pas moins d’un ancien président de commission scolaire comme lui. Qu’il choisisse seulement la bonne tribune pour le faire.

En outre, si le maire avait vraiment voulu faire taire M. Blondin, il lui aurait aussi retiré sa présidence du comité consultatif d’urbanisme, un poste clé au sein de l’administration municipale. Mais il ne l’a pas fait.

La petite rétrogradation de M. Blondin ressemble plus à un avertissement du maire à ses adversaires, y compris à Louise Boudrias, une autre conseillère qui ne manque pas une occasion de le critiquer. Sauf qu’à crier trop souvent au loup, Mme Boudrias est en train de s’aliéner une partie du conseil municipal.

Même le conseiller indépendant Daniel Champagne a perdu patience à son endroit, plus tôt cette semaine, en lui reprochant sa manière de travailler.

Je trouve que les interventions de Mme Boudrias portent souvent plus sur la forme que sur le fond des choses. Elle s’insurge contre les processus, contre les huis clos... mais sur le fond des dossiers, elle n’est pas souvent en désaccord fondamental avec le maire et son parti.

La seule manière de vraiment ébranler le maire, ce serait de le confronter sur le terrain des idées et des propositions pour Gatineau, que ce soit en formant un parti politique ou un groupe d’élus pour lui donner une réplique cohérente.

Ce serait une démarche sur le long terme beaucoup plus rassembleuse et porteuse que du picossage à la petite semaine.