Maxime Pedneaud-Jobin estime qu'un train léger agirait comme une attraction pour la clientèle du transport en commun.

Avant qu'il ne soit trop tard

CHRONIQUE / Vous avez vu ce qui se passe à Québec ? Le climat social ne cesse de se détériorer depuis la tuerie de janvier dernier à la mosquée.
Le maire de Québec, Régis Labeaume, redoute une montée des gestes haineux contre la communauté musulmane.
Des groupes ultranationalistes s'en donnent à coeur joie dans le climat de méfiance actuel à l'endroit des immigrants.
La droite radicale et son discours xénophobe gagnent en popularité.
Il y a de la haine dans l'air. Et les appels au calme et à la tolérance qui ont suivi la tuerie à la mosquée de Québec semblent soudain bien loin.
Pendant ce temps-là, à Gatineau, il ne se passe... rien.
Au pays des fonctionnaires, c'est le calme plat.
Il y avait bien cet article dans LeDroit de jeudi, un article qui traitait d'immigration, mais qui ne soulèvera pas de vagues parce que les mots choisis visent précisément à éviter toute controverse et toute polarisation du débat.
On y apprend que le maire Maxime Pedneaud-Jobin veut organiser un sommet du « vivre ensemble » à Gatineau.
Ah, le vivre ensemble. Quel concept vertueux, quel concept rassembleur ! On va se parler, on va apprendre à se connaître.
« Il faut cesser de demander aux immigrants d'où ils viennent, mais où on veut aller ensemble », de dire le maire Pedneaud-Jobin.
On croirait entendre le Petit Prince de Saint-Exupéry.
J'ai l'air de trouver ça cucu ?
Pas tant que ça. Parce que ce langage qu'on peut trouver pâle et sans relief, voire indigeste pour la créature médiatique que je représente, c'est quand même celui de la conciliation, de l'ouverture et du dialogue.
Dès qu'on fait mine de montrer un peu d'ouverture aux immigrants ou aux demandeurs d'asile ces jours-ci, on se fait vite accuser d'être mou, naïf ou bien pensant. 
Or que Gatineau puisse discuter sereinement des questions d'immigration et de radicalisation, sans avoir à se remettre d'une tuerie dans une mosquée, c'est une chose qu'il faut savoir apprécier.
Même si sa population est issue à 11 % de l'immigration, on ne note pas de gros problèmes d'intégration à Gatineau. L'abondance des emplois y est pour quelque chose. Le taux de chômage des immigrants y est même plus bas que celui de la population en général.
Il n'y a pas non plus de ghetto à Gatineau.
Plusieurs organismes comme le CITO et Accueil Parrainage Outaouais font du bon boulot afin d'aider immigrants et réfugiés à se trouver de l'emploi et à respecter les « valeurs » de leur société d'accueil.
Et suffit de se promener dans les cours d'école, ces jours-ci, pour constater que les nouveaux arrivants se mêlent sans trop de heurts aux « pures laines ». La classe de ma fille a l'air d'une assemblée générale de l'ONU tellement de pays y sont représentés. Et les enfants ne s'en formalisent pas.
Alors si le maire Maxime Pedneaud-Jobin se permet de souhaiter un peu platement des discussions liées au « vivre ensemble » à Gatineau, c'est le signe que les choses vont plutôt rondement. Autant profiter du fait que le climat est encore calme et serein pour discuter des enjeux liés à l'immigration. 
La région n'est pas déconnectée du reste du monde et il se pourrait fort bien que la haine ambiante contamine le climat social ici aussi. 
En tant que 2e pôle d'immigration au Québec, Gatineau a tout intérêt à prendre les devants pour s'assurer que sa « philosophie d'accueil » demeure appropriée dans le contexte actuel.
Qui sait si son approche modérée n'inspirera pas d'autres villes.