Mathieu Lacombe promettait de devenir le champion de la 50. Maintenant, il met de l’eau dans son vin.

Au-delà des beaux discours

CHRONIQUE / J’ai hâte que le gouvernement de François Legault passe résolument de la parole aux actes en Outaouais.

Les caquistes ont promis toutes sortes de belles choses aux gens de la région.

L’élargissement de l’autoroute 50, un nouvel hôpital, la fin du sous-financement chronique en santé et en éducation…

Surtout, les caquistes ont promis que la région de l’Outaouais ne serait plus tenue pour acquise après 40 années de quasi-hégémonie libérale.

De bien beaux discours qu’on a jugés rafraîchissants, notamment de la part du nouveau ministre régional Mathieu Lacombe.

Pas pour rien que les électeurs de l’Outaouais ont voté pour le changement et envoyé trois députés caquistes sur cinq à l’Assemblée nationale en octobre dernier.

Mais justement, au-delà des belles paroles et des discours d’intention, on attend encore le signe d’un véritable changement en Outaouais.

Personnellement, je m’attendais à ce que ce signal fort provienne du tout premier budget provincial du gouvernement Legault, attendu pour le 21 mars prochain.

Quel meilleur moment après tout ?

Le gouvernement Legault a les deux mains sur le volant, à la tête d’un gouvernement majoritaire. L’économie du Québec fonctionne à plein régime et les surplus budgétaires sont de nouveau au rendez-vous.

Qu’est-ce que ce serait d’inclure dans le budget Legault une allusion à l’Outaouais ? Quelques lignes qui viendraient prouver de manière concrète aux électeurs de la région qu’ils ont eu raison de voter pour un changement à l’Assemblée nationale ?

Sauf qu’à écouter le ministre régional Mathieu Lacombe, lundi, je me suis mis à avoir des doutes. Il m’a donné la furieuse impression de vouloir réduire au maximum les attentes envers le tout premier budget de son gouvernement.

Il a laissé entendre que les gens de l’Outaouais y trouveront leur compte, mais surtout dans les mesures « nationales » qui y seront annoncées. À votre place, je ne m’attendrais donc pas à une annonce pour le nouvel hôpital, l’élargissement de l’autoroute 50 ou encore le développement de l’Université du Québec en Outaouais.

C’est vrai, ce nouveau gouvernement est en place depuis moins de six mois. Les trois nouveaux députés caquistes de l’Outaouais en sont à leurs premières armes en politique et ont besoin de temps pour maîtriser les dossiers. « Ne vous attendez pas à ce qu’on règle tous les problèmes de l’Outaouais le 21 mars », a prévenu le ministre Lacombe.

Bien sûr que non !

En même temps, on ne peut s’empêcher de noter le contraste entre l’urgence d’agir qui animait la CAQ en campagne électorale et cette façon de réduire les attentes aujourd’hui. Rappelez-vous, les caquistes étaient tellement pressés de régler les problèmes de l’Outaouais en santé qu’ils promettaient d’ouvrir un nouvel hôpital en moins de cinq ans, quitte à court-circuiter les processus habituels !

Aujourd’hui, on ne parle plus d’un nouvel hôpital, mais d’une « analyse de besoins » qui sera prête on ne sait trop quand, avec on ne sait trop quelles recommandations… Mathieu Lacombe lui-même jurait de devenir le « champion » de l’autoroute 50 et de faire plus vite et mieux que les libéraux. Lundi, il évoquait plutôt les « entraves administratives » qui minent ses efforts pour parvenir à ses fins.

Bref, on attend encore que la CAQ imprime sa marque en Outaouais et amorce le véritable changement promis en campagne électorale. C’est une chose de proclamer que la région n’est plus considérée comme acquise. Il faut encore le prouver par des mesures concrètes. Les gens de l’Outaouais auront raison d’être déçus si le premier budget de l’ère Legault n’en contient pas.