Patrick Duquette

À la conquête du ciel

CHRONIQUE / J’écoutais le Gatinois Adrien Lessard me décrire le décollage d’une fusée, et j’en avais des frissons.

Il parlait, et c’est comme si j’étais avec lui, au milieu du désert du Nouveau-Mexique. Le ciel d’un bleu éblouissant, la chaleur étouffante, la plaine plantée de cactus et de broussailles sèches, l’ombre lointaine des montagnes…

Patrick Duquette

Il faut mieux planifier les écoles

CHRONIQUE / C’est désolant qu’on soit incapable de mieux planifier la construction des nouvelles écoles à Gatineau.

Année après année, il y a des redécoupages pénibles à faire sur le territoire des commissions scolaires des Portages-de-l’Outaouais (CSPO) et des Draveurs.

Des enfants doivent changer d’école. Parfois parce que la nouvelle école du quartier n’est pas prête, parfois parce que les écoles existantes débordent.

À chaque exercice de redécoupage, on assiste au spectacle de parents frustrés contre les commissions scolaires. Personne n’a envie de voir ses enfants barouettés d’une école à l’autre.

Cette fois, c’est la construction de la nouvelle école primaire 036 du Plateau qui débutera avec un an de retard. Faute de places, 350 élèves seront probablement forcés de s’exiler hors de leur quartier l’an prochain, avec tout ce que ça implique de petits et grands drames familiaux.

Des frères et des sœurs n’iront pas à la même école. Des enfants changeront deux ou trois fois d’école durant leur primaire, avec obligation de reformer un cercle d’amis à chaque fois.

Tout ça à Gatineau, une ville qui prétend vouloir raviver l’esprit communautaire et le sentiment d’appartenance à son quartier. Difficile d’y parvenir quand les enfants changent d’école à répétition !

Le cas de l’école 036 du Plateau a mis en lumière une planification déficiente, mais aussi des problèmes de communications entre la Ville de Gatineau et la CSPO. Les deux parties se sont relancé la balle sur qui était responsable des délais dans la livraison de l’école 036. Un affrontement déchirant et peu édifiant qui a d’ailleurs mené à la démission de la présidente de la CSPO, Johanne Légaré. Dans tous les cas, ce sont les jeunes familles qui font les frais de ces chicanes stériles.

Comment se fait-il qu’on ne soit pas capable de mieux planifier la construction des nouvelles écoles ?

Après tout, il n’y a rien de plus prévisible qu’une courbe démographique. Rien de plus logique que de prévoir un emplacement pour les futures écoles avant l’ouverture d’un nouveau quartier. Ottawa le fait depuis des années.

Avant d’ouvrir un nouveau quartier dans la capitale fédérale, les conseils scolaires sont invités à faire part de leurs besoins en frais de terrains. L’emplacement de la future école est prévu dès le départ, avant même la construction de la première maison.

En Ontario, il n’y a pas d’ambiguïté sur qui doit payer pour l’achat du terrain. C’est le gouvernement ontarien qui allonge l’argent. Normal, l’éducation étant un domaine de compétence provincial.

Le système ontarien n’est pas parfait. Ainsi, la fenêtre de 18 mois dont les conseils scolaires disposent pour acheter un terrain, une fois les fonds débloqués par la province, est très courte.

Mais en général, le système fonctionne bien. Il n’y a pas de surenchère sur la vente des terrains aux conseils scolaires. Les promoteurs sont trop heureux que la construction d’une école soit déjà prévue dans leurs projets immobiliers. Auprès de leur client, c’est un argument de vente payant !

La bonne nouvelle, c’est que Gatineau est en train de migrer vers une approche de planification à long terme similaire à celle d’Ottawa.

Avec le nouveau schéma d’aménagement, les plans des nouveaux quartiers devront inclure des emplacements pour les écoles primaires et secondaires. D’ailleurs, le président de la CSPO, Mario Crevier, me disait que deux terrains ont été réservés pour des écoles dans le projet immobilier de Richcraft, dans le secteur Aylmer.

Quant au gouvernement du Québec, il a prévu une somme de 46 millions dans son dernier budget pour l’achat de terrains destinés à de nouvelles écoles. De cette somme, la CSPO en a obtenu 6 millions. 

Au moins, les choses évoluent dans le bon sens. Il était temps qu’on se réveille !

Patrick Duquette

Perte de temps

CHRONIQUE / L’heure est grave, mesdames et messieurs.

Ottawa veut permettre la culture à domicile d’un maximum de 4 plants de pot, mais Québec ne veut rien savoir.

Patrick Duquette

La morale de l’histoire

CHRONIQUE / C’est fascinant de voir un président américain traiter avec plus de considération que ses propres alliés l’un des pires dictateurs de la planète.

Voilà pourtant Donald Trump qui crédibilise le leader d’un État-voyou en acceptant de le rencontrer, qui vante même son intelligence, de même que les belles plages de la Corée du Nord…

Patrick Duquette

C’est mieux que de ne rien faire

CHRONIQUE / Ainsi, Starbucks a fermé ses établissements au Canada lundi après-midi pour donner une formation sur le racisme à ses employés. Bravo ! On ne peut pas être contre la vertu. Plus on abordera de front des questions épineuses comme la discrimination raciale, mieux la société s’en portera.

Mais ne soyons pas naïfs. Si Starbucks est soudainement si pressé de sensibiliser son personnel à l’« inclusion sociale », tant au Canada qu’aux États-Unis, ce n’est pas un hasard. Il y a aussi là-dedans une opération de relations publiques visant à redorer une image mise à mal par l’arrestation injustifiée de deux Noirs dans un établissement de Philadelphie en avril dernier.

Patrick Duquette

Je t’aime... mais déniaise !

CHRONIQUE / Non, Johanne Séguin n’est pas une prof comme les autres.

Avant de se recycler dans l’enseignement à 41 ans pour devenir prof de mathématiques et de sciences à l’école secondaire Samuel-Genest d’Ottawa, Johanne Séguin importait des pierres précieuses.

Patrick Duquette

Une capitale dans l’opposition

CHRONIQUE / Alors, qu’est-ce qu’on retient au lendemain de cette élection provinciale en Ontario ?

Que Doug Ford a réussi à se faire élire à la tête d’un gouvernement majoritaire avec des engagements souvent simplistes, des promesses à moitié chiffrées et de vagues engagements. Mais faut croire que les Ontariens avaient un tel goût du changement qu’ils étaient prêts à accepter des demi-promesses et des engagements flous pour se satisfaire.

So be it, même si l’élection de Ford, dans ces conditions, représente un recul pour la démocratie en général.

Au lendemain de cette élection, les Franco-Ontariens ne savent pas trop à quoi s’attendre des conservateurs qui reviennent au pouvoir à Queen’s Park après une absence de 15 ans. Doivent-ils s’en inquiéter ? La dernière fois, avec Mike Harris, ils ont voulu fermer Montfort.

D’accord, Doug Ford n’a pas donné de raison particulière aux Francos de s’en faire durant la campagne électorale. Il n’a rien fait non plus pour les rassurer. Il a surtout donné l’impression de s’en foutre, des minorités. Pour lui, les Franco-Ontariens sont des contribuables comme les autres, qui vont être heureux de voir leur compte d’Hydro baisser grâce à ses bons soins.

Justement, maintenant qu’il a les deux mains sur le volant, Doug Ford devra livrer la marchandise. Il a mis la barre haute. Baisse du prix de l’essence, du compte d’électricité, des comptes de taxes, de la médecine de couloir dans les hôpitaux, et j’en passe. Tout cela en ramenant l’Ontario à l’équilibre budgétaire, sans couper de poste dans la fonction publique. Les attentes sont grandes, les risques de déception sont à l’avenant. Mais il a de la marge de manœuvre. Les Ontariens voulaient du changement, ils lui ont presque donné un chèque en blanc.

Et la capitale fédérale dans tout cela ?

La dynamique vient de changer, et pas à peu près. Le cœur d’Ottawa sera représenté par les libéraux qui ont survécu à la débâcle — Marie-France Lalonde, Nathalie Des Rosiers et John Fraser — de même que par des néo-démocrates qui refont leur apparition dans le paysage de la capitale pour la première fois depuis 1995. Avec Jim Watson, un ex-ministre libéral, qui a toutes les chances de se faire réélire à la mairie en octobre, Ottawa vient de basculer dans l’opposition à Queen’s Park.

Est-ce que cette nouvelle réalité nuira à la capitale ? Est-ce que Doug Ford sera tenté de favoriser plutôt les banlieues de Toronto qui l’ont appuyé massivement ? À surveiller.

Il reste que cette élection est une sacrée leçon d’humilité pour les libéraux. Yasir Naqvi, un des ministres les plus influents du gouvernement de Kathleen Wynne, qu’on pressent même pour lui succéder, perd son siège dans Ottawa-Centre aux mains du néo-démocrate Joel Harden. Faudra voir comment il s’arrangera avec la ministre fédérale du secteur, la libérale Catherine McKenna, qui a eu toutes les misères du monde à vaincre Paul Dewar, un autre néo-démocrate, lors du dernier scrutin fédéral.

J’étais au local électoral de Nathalie Des Rosiers, dans le château fort libéral d’Ottawa-Vanier, jeudi soir. Ses partisans l’ont acclamée avec force vivats. N’empêche qu’elle risque de trouver le temps long au cours des quatre prochaines années. Elle qui avait été nommée ministre des Richesses naturelles sous Kathleen Wynne se retrouve aujourd’hui au sein d’une formation qui risque de perdre jusqu’à son statut de parti officiel à l’Assemblée législative de l’Ontario.

Patrick Duquette

La route pour mieux vieillir

CHRONIQUE / Impossible de rester insensible en écoutant Lucie Piché parler de ses parents.

Pendant 15 ans, cette Gatinoise s’est occupée de ses parents vieillissants à la maison. Plutôt que de les « placer » dans un foyer, elle les a accompagnés jusqu’à la fin, sans compter les heures. D’abord sa mère, qui souffrait d’insuffisance cardiaque. Puis son père sourd et aveugle de 94 ans.

Patrick Duquette

Une jambette à Doug Ford

CHRONIQUE / C’est rare, très rare qu’on voit ça.

Un chef de parti qui admet sa défaite moins d’une semaine avant l’élection. C’est pourtant ce qu’a fait Kathleen Wynne, samedi dernier, avec une grosse boule d’émotion dans la gorge.

Patrick Duquette

S’imaginer en vieux monsieur

CHRONIQUE / Quand Joël Xavier est sorti du ventre de sa mère, le docteur a fait un examen visuel. Puis il a déclaré : c’est une fille.

Les choses auraient pu en rester là. D’ailleurs, Joël a grandi avec l’idée qu’il était une fille. Sans trop de problèmes d’ailleurs.