Patrick Duquette

Le moment de grâce

CHRONIQUE / Il y a quelque chose de beau dans les premiers moments au pouvoir d’un premier ministre.

François Legault a choisi l’Outaouais comme destination pour sa première sortie officielle. Une rareté, si ce n’est une première dans le cas d’un premier ministre du Québec. 

M. Legault a arpenté les rues du Mont-Bleu, à Gatineau, où la tornade a causé d’importants dommages le mois dernier. 

Le paysage a encore des allures d’apocalypse. 

Des toits arrachés, des fenêtres fracassées, des murs de brique emportés par le vent… Un mois après, la dévastation témoigne encore de la force des éléments et on se dit que c’est vraiment un miracle que personne n’ait été tué.

Le premier ministre a arpenté les rues, entouré de nombreux gardes du corps. Mais la sécurité était assez relâchée. Une dame avec des cheveux orange et un manteau de la même couleur tout aussi flamboyant, a pu s’approcher du premier ministre et lui faire une longue accolade.

Un moment sympathique qui a fait sourire le maire Maxime Pedneaud-Jobin, les ministres, les députés et les journalistes qui suivaient le premier ministre. Legault lui-même a semblé s’amuser de l’enthousiasme de la dame qui l’appelait « François » gros comme le bras et le contemplait comme une rockstar.

« Je souhaite être un gouvernement de proximité et je m’attends à ce que mes 25 ministres restent branchés sur le terrain », a-t-il expliqué par la suite, alors que la vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbeault marchait à sa suite, de même que le nouveau ministre régional, Mathieu Lacombe.

Ça m’a fait penser aux premières semaines après l’élection de Justin Trudeau en 2015. Rappelez-vous l’engouement populaire pour le nouveau premier ministre canadien, ses bains de foule, ses innombrables selfies, ses accolades avec le public… Legault est loin d’avoir le charisme d’un Trudeau. Mais il a visiblement un certain charme. Dans le Mont-Bleu, il a mis dans sa poche un trio de petites dames trop contentes de saluer « François » et d’avoir un brin de conversation avec lui.

Cette proximité entre le premier ministre et les électeurs est un moment de grâce. Il ne dure jamais longtemps. À mesure qu’il s’investira pleinement de sa mission d’homme d’État et qu’il sera sollicité de toutes parts, François Legault deviendra forcément moins accessible au commun des mortels. La dame aux cheveux orange a bien fait de saisir l’occasion pour faire une accolade à son « François ».

M. Legault a clairement indiqué avoir donné le mandat à son ministre régional, Mathieu Lacombe, de s’assurer que l’Outaouais ne soit pas oublié. « J’ai l’intention de respecter tous mes engagements, a ajouté le premier ministre, y compris celui de bâtir un nouvel hôpital. »

Le nouveau premier ministre a bien compris que les gens de l’Outaouais ont envoyé trois députés de la CAQ à l’Assemblée nationale entre autre parce qu’ils ne sont pas satisfaits des services de santé. C’est injuste puisqu’ils paient les mêmes impôts que tout le monde !

À sa première entrevue comme ministre régional, Mathieu Lacombe a tenu des propos dans le même sens que son chef. La santé, mais aussi l’élargissement de l’autoroute 50, de même que le développement économique — un enjeu crucial dans sa circonscription de Papineau — figurent parmi ses priorités.

Il faut reconnaître que le signal envoyé par M. Legault est fort. Non seulement il choisit l’Outaouais pour sa première sortie officielle à titre de premier ministre, il persiste et signe sans faiblir sur sa promesse de construire un nouvel hôpital en Outaouais d’ici 5 ans. De quoi faire plaisir à la dame en orange et au reste de son fan club.

Patrick Duquette

Gros contrat pour Mathieu Lacombe

CHRONIQUE / Les attentes de l’Outaouais sont grandes à l’endroit du nouveau ministre régional Mathieu Lacombe. Et c’est en grande partie… de la faute du nouveau député caquiste de Papineau.

Quand François Legault est venu promettre un troisième hôpital urbain pour l’Outaouais, juste avant le début de la campagne électorale, M. Lacombe a été le premier à en remettre une couche malgré les critiques qui fusaient de partout.

Patrick Duquette

Hi, I’m Jim...

CHRONIQUE / En faisant du porte-à-porte à l’occasion de la campagne électorale, le maire sortant d’Ottawa Jim Watson a eu droit à un accueil particulièrement chaleureux de la part d’un électeur. « Merci mon Dieu, vous voilà ! » lui lance un monsieur en lui ouvrant grand la porte. Il a l’air soulagé.

« Vraiment ? Et pourquoi donc ? », lui demande M. Watson, intrigué par cet accueil inhabituel.

Patrick Duquette

Clive Doucet, le candidat du peuple

CHRONIQUE / « On ne partage pas du tout la même vision de la ville, M. Watson et moi », insiste Clive Doucet entre deux bouchées de muffin.

Cette phrase, le candidat à la mairie d’Ottawa et ancien conseiller municipal Clive Doucet doit la répéter dix fois par jour. Il vient encore de le faire alors que nous sommes attablés dans un petit restaurant végane de la rue Bank, tout près de son local électoral.

Patrick Duquette

Les démons du pot

CHRONIQUE / Le pot? «Avoir su, je n’aurais jamais touché à ça!», laisse tomber Ulrique Collin, un Gatinois de 36 ans atteint de schizophrénie paranoïde.

Une des craintes formulées dans la foulée de la légalisation du cannabis au Canada, c’est que sa consommation augmente le risque de développer des maladies mentales. Or pour Ulrique Collin, il est clair que la substance a accéléré l’apparition de sa maladie alors qu’il fréquentait l’école secondaire de l’Île dans les années 1990.

«Le pot a été le déclencheur», affirme-t-il.

Lui qui entendait déjà des petites voix dans sa tête au début de l’adolescence a senti les symptômes s’accentuer après avoir fumé ses premiers joints de pot dans la cour d’école. Il s’est mis à entendre des voix de plus en plus pressantes. Des voix souvent effrayantes, alors qu’il n’arrivait plus à discerner la ligne entre ses hallucinations et le monde réel.  

«Tout avait l’air vrai dans ma tête. Quand tu crois dur comme fer que le diable te parle, c’est assez épeurant!», a-t-il raconté à un auditoire venu l’entendre raconter son histoire à la cafétéria de l’UQO, plus tôt cette semaine, dans le cadre de la semaine de la santé mentale.

Après ses premiers joints de cannabis, les voix ont enflé au point de devenir un choeur obsédant et destructeur. Il avait l’impression que le monde entier complotait contre lui. Il a cessé de faire du sport et de voir ses amis, sa paranoïa le poussant même à douter de ses parents.

La souffrance l’a poussé à consommer de plus en plus et à attenter à ses jours. Il a plongé dans une psychose si sévère qu’il a cru ne jamais en sortir.

Il aura fallu un séjour prolongé à l’Institut psychiatrique Pinel de Montréal, de même que des années de traitements et de thérapie avant qu’il reprenne le dessus sur la schizophrénie. 

Après son rétablissement, il est devenu pair-aidant pour l’organisme L’Apogée de Gatineau. À ce titre, il vient en aide bénévolement à l’entourage des personnes affectées par des troubles graves de la santé mentale.

Patrick Duquette

L’égalité des chances

CHRONIQUE / Je ne vous dirai pas qui c’est, ni même si c’est un garçon ou une fille. Pour la bonne raison que… je n’en sais rien. Même la directrice du collège privé Nouvelles-Frontières, Guylaine Côté, ignore l’identité de ce mystérieux élève de secondaire 1 dont l’anonymat est jalousement préservé.

Vous vous demandez de quoi je parle?

C’est que la Fondation du Collège Nouvelles-Frontières s’est retrouvée avec un surplus de bourses à offrir après l’abandon de son programme collégial. Trop d’argent ! Un joyeux problème, donc. Le collège a pensé créer une bourse pour un enfant qui n’aurait pas, autrement, les moyens de se payer une éducation dans un collège privé. Guylaine Côté a donc approché le centre de pédiatrie sociale de Gatineau, qui soigne des enfants défavorisés. Si vous avez un enfant à nous suggérer, a-t-elle avancé, on serait prêt à couvrir la totalité de ses études secondaires. 

Le centre de pédiatrie a donc soumis le nom d’un enfant, parmi les 1200 qui font appel à ses services. Celui-ci a eu droit à une bourse qui couvre tout : les frais de scolarité de près de 4000 $, la gamme de vêtements, le laissez-passer d’autobus, les manuels scolaires et même le sport parascolaire. Et ce, pour toute la durée de ses études secondaires.

La totale !

D’un commun accord, les deux partenaires ont convenu de garder secret le nom de l’enfant pour éviter toute stigmatisation. Seulement deux personnes au collège savent de qui il s’agit. La directrice ne fait pas partie du cercle. Ce sera à l’élève de se dévoiler ou non, selon son souhait. « Une école est comme un petit village, explique Guylaine Côté. Tout se sait rapidement. Je ne veux pas qu’on pointe une personne parce qu’elle est pauvre, comme je ne veux pas qu’on pointe mes élèves en difficulté. Je veux que la personne se sente acceptée. »

Patrick Duquette

Réglementite aiguë

CHRONIQUE / Gatineau a été la risée du Québec cette semaine à cause de son incapacité à réglementer le jeu libre dans la rue. Si une ville comme Belœil l’a fait, pourquoi pas Gatineau ?

Une parodie circule même sur les réseaux sociaux depuis l’entrevue que la conseillère gatinoise Renée Amyot a donnée à Paul Arcand de la station montréalaise 98.5. On y prétend qu’à Gatineau, les enfants doivent jouer dans leur entrée de cour. Et que la police ira te voir si la balle dépasse du trottoir…

Patrick Duquette

Champion cycliste à 83 ans

CHRONIQUE / Il n’y a rien à l’épreuve de Norman Côté. Le locataire du Village Bruyère, à Ottawa, vient de remporter un championnat mondial de vélo stationnaire… à 83 ans.

Organisé par une entreprise norvégienne, le championnat mondial de cyclisme pour aînés en était à sa deuxième édition. L’épreuve récompense le participant qui accumule le plus de kilométrage dans un délai imparti de 25 jours.

Patrick Duquette

La CAQ à l’essai en Outaouais

CHRONIQUE / Quand le caquiste Mathieu Lévesque a été déclaré gagnant dans Chapleau, le toit du restaurant Le Forum de Gatineau a presque levé sous les cris enthousiastes de ses partisans.

L’avocat en droit des affaires, qui a grandi à Gatineau avant de partir étudier et travailler dans un cabinet d’avocats de Montréal, a mené sa campagne électorale avec peu de moyens, à partir du garage de ses parents.

Patrick Duquette

L’avantage d’être plate

CHRONIQUE / Vous ne savez toujours pas pour qui voter aux élections provinciales de lundi au Québec? Peu importe le parti ou le chef, ça vous semble du pareil au même ? Au lieu de sombrer dans le cynisme, il faut peut-être s’en réjouir.

Cette élection nous fait réaliser que les Québécois sont d’accord sur presque tout dès qu’on évite de parler de la question nationale ou de signes religieux. Dans un monde où les leaders populistes sont prêts à tout pour diviser les électeurs, cette relative unité est sans doute une bonne nouvelle.