Les Canadiens ont été témoins de la détermination de Philippe Marquis lors des Jeux olympiques de PyeongChang.

Pas de regrets pour Marquis

CHRONIQUE / Les organisateurs du Gala Loisir Outaouais et ceux du Gala Méritas ont uni leurs forces, l’an dernier, pour donner naissance au Gala Excellence Outaouais. Après la fusion, un truc demeure. Ils ont toujours le chic d’attirer, dans le coin, des conférenciers de qualité pour s’adresser à la communauté sportive régionale.

C’est encore le cas, cette année.

J’oserais même prédire que l’invité d’honneur de l’événement qui se déroulera jeudi soir, au Palais des congrès de Gatineau, va laisser une impression durable avec son discours.

Philippe Marquis, d’abord, a une facilité évidente à s’exprimer. C’est sans doute pourquoi il se promène dans les écoles depuis 2011 afin de discuter et motiver des enfants du primaire et des ados du secondaire. Il a surtout une super histoire, pertinente et encore toute fraîche, à raconter.

On a vécu, en direct à la télévision, le chapitre le plus important. Les Canadiens d’un océan à l’autre étaient rivés devant leurs écrans, le 12 février dernier, dans l’espoir de voir Mikaël Kingsbury dominer l’épreuve masculine des bosses aux Jeux olympiques de PyeongChang.

Le Québec s’est vite épris d’un des athlètes qui évoluaient dans son ombre. Marquis a subi une déchirure ligamentaire au genou droit quelques semaines avant son départ pour la Corée du Sud. Il a choisi d’y aller quand même et de composer avec la douleur. Il n’était pas question, pour lui, de renoncer à ses derniers JO.

On s’est tous mis à espérer que ça se passe bien pour lui, que son genou tienne le coup jusqu’à la fin de la compétition. On a tous un peu grimacé, lors de sa première descente, en finale, quand il a quitté la piste parce qu’il sentait que tout venait de lâcher.

« Si j’ai des regrets ? Oh, mon Dieu, non ! Au contraire. Dans un sens, je suis content d’avoir vécu cette expérience-là », m’a-t-il lancé, mercredi après-midi, quand je l’ai eu au bout du fil.

Marquis ne regrette rien, mais...

« Je suis content d’avoir eu la chance de me battre aux Olympiques. J’ai pu y aller corps et âme, j’ai tout mis on the line, comme on dit. C’est certain que j’aurais aimé avoir deux ou trois descentes de plus. J’aurais été content de me rendre en Super Finale. Mais dans le fond, quand je suis arrivé, j’avais comme seul objectif de tout donner. Je voulais me battre. »

Marquis ne regrette rien, mais encore...

« C’est certain que j’aimerais avoir quatre autres années devant moi, afin de me relever pour obtenir une autre chance de gagner une médaille en 2022. À mon âge, je ne pense pas que c’est un objectif réaliste ou raisonnable. »

« Et, tu sais, si j’avais subi cette blessure quand j’étais plus jeune, je ne suis pas convaincu que j’aurais été capable de tourner la page aussi rapidement. »

Trois mois et quelques jours plus tard, Marquis jure qu’il se porte bien. Il profite de la période de réhabilitation/rééducation pour passer du temps de qualité avec ses proches. « Je ne me souviens pas de la dernière fois où j’ai passé autant de temps chez moi, à Québec. »

Il se tient le cerveau occupé « avec une série de passe-temps ». Il a récemment débuté un mandat de quatre ans au sein de la commission des athlètes du Comité olympique canadien. Il se veut, en quelque sorte, le représentant des athlètes de sa province.

Il travaille à compléter son baccalauréat. Il s’est joint à l’équipe de chroniqueurs d’un magazine estival qui sera télédiffusé à l’antenne de Radio-Canada, dans la Vieille Capitale.

Le rêve d’une dernière saison compétitive sur le circuit de la Coupe du monde, en 2018-19, demeure bien présent. « Je dois prendre le temps de bien guérir et je dois me poser les bonnes questions. Vais-je effectuer un retour pour redevenir compétitif ou simplement pour faire un dernier tour de piste ? Si je ne suis pas à la hauteur, physiquement et mentalement, il sera peut-être temps d’accrocher mes skis et de passer le flambeau à la prochaine génération. »

Avec son discours au Gala Excellence Outaouais, jeudi, il commencera en quelque sorte à passer le flambeau.

« Mon histoire est universelle. J’ajouterais que c’est une histoire humaine. Elle n’est pas parfaite. C’est sans doute pour ça qu’elle risque de toucher des gens. »