Pour que les Sénateurs redeviennent compétitifs rapidement, ils doivent retenir les services de Jean-Gabriel Pageau.

Pageau, Boro et Melo doivent tous rester

CHRONIQUE / Selon toute vraisemblance, les dirigeants des Sénateurs n’ont pas encore entrepris des négociations, de façon sérieuse, avec leurs futurs joueurs autonomes sans compensation.

Je vous l’ai déjà écrit à quelques occasions. Je trouve ça curieux. À la limite, ça me tracasse.

À quelques semaines de la date limite des transactions, Pierre Dorion a choisi de s’offrir un voyage en Europe. Là-bas, il a suivi d’un peu plus près quelques espoirs de qualité, en prévision du prochain repêchage amateur.

Un contrat, ça peut se négocier très rapidement, a-t-il déclaré lors de sa dernière entrevue, quelques jours avant son départ.

Il semble bel et bien décidé à tester les limites de sa théorie.

Si j’étais dans ses souliers, je ne serais pas aussi confiant.

Les joueurs qui écoulent les dernières semaines de leurs contrats nagent dans l’incertitude. Ils ne savent pas du tout où ils s’en vont. Dans l’incertitude naît souvent la méfiance.

La méfiance, dans ce cas, ce n’est pas bon.

Dans le contexte actuel, les vétérans ont besoin de se sentir rassurés. Ils ont besoin de croire au projet de reconstruction. Ils ont besoin de se sentir impliqués. Pour que la confiance s’installe, il faut qu’il y ait un dialogue.

Je suis allé couvrir le match à Buffalo, cette semaine. J’en suis revenu avec quelques certitudes.

Pour que les Sénateurs redeviennent compétitifs rapidement, ils doivent retenir les services de Jean-Gabriel Pageau. Mais ça, je vous l’ai déjà dit.

Je crois aussi que la présence de Mark Borowiecki est essentielle, maintenant. Pour une ou deux saisons, encore.

Tant qu’à y être, je mettrais Dylan DeMelo dans le même panier.

Les trois doivent rester.

Je reviens sur la question qui a été posée à Pageau après la victoire contre les Sabres.

Il venait de marquer son 20e but de la saison. Ça devait forcément lui faire un petit velours.

Des marqueurs de 20 buts, ça signe de beaux contrats sur le marché des joueurs autonomes. Pageau s’est placé dans une très belle position. Il n’a plus trop à se casser la tête. Son avenir dans la LNH est assuré.

Quand je lui ai posé la question, il s’est mis à parler du but marqué par son ami Borowiecki. Il était tellement fier pour ce brave type qui avait bloqué deux lancers, en désavantage numérique, avant d’obtenir sa chance de tirer dans un filet désert.

Pageau n’a pas simplement lancé deux ou trois phrases creuses sur le concept d’équipe. C’était un long monologue. Il pensait vraiment tout ce qu’il disait.

À 21 ans, le Gatinois présentait un certain potentiel. Dans les grands matches, il excellait. Il devait apprendre à offrir le même effort, la même constance, 80 fois par année.

À 27 ans, il appartient à une formation en reconstruction qui n’a pas la moindre chance de participer aux séries. Il continue de se défoncer, soir après soir. Il n’a pas encore décroché. Il n’a pas l’intention de le faire.

S’il reste, il pourra expliquer aux jeunes attaquants des Sénateurs comment ça marche, la LNH.

Borowiecki doit rester pour les mêmes raisons.

Dans le match de lundi, il a sincèrement eu peur de perdre un œil. On l’a vu disparaître dans le corridor. Quand il s’est rendu compte qu’il pouvait voir, il s’est dépêché de revenir au banc. Il tenait à compléter ce match, qui n’était pas particulièrement important.

J’ai longtemps cru qu’il devait partir pour laisser la place aux jeunes défenseurs gauchers de l’organisation. Je suis maintenant d’avis que tous ces espoirs pourraient bénéficier d’une bonne leçon de courage. Il est le professeur parfait.

DeMelo ? Il est plus effacé. Il est tellement constant, efficace, solide... Les Sénateurs n’ont pas les moyens de le laisser filer.