Le gardien de but des 67’s d’Ottawa, Cédrick Andrée, a bien paru malgré la défaite des siens face aux Olympiques de Gatineau vendredi soir.

Ottawa, Hull, même histoire

CHRONIQUE / Je ne connais pas Cédrick Andrée. Jamais rencontré. On ne me dit que du bien de lui. Un bon kid, m’assure-t-on.

Je n’ai pas trop souvent eu la chance de le voir jouer, non plus. Sa fiche de 19-3-1 me laisse croire qu’il connaît un très bon début de saison.

Sans connaître Andrée, je peux deviner qu’il n’a pas connu la meilleure semaine. Il a essentiellement perdu son poste de gardien de buts numéro un quand les 67’s ont fait l’acquisition de la supervedette Michael DiPietro.

Je ne connais pas Andrée, mais je connais un peu le hockey junior. En ma capacité de fan, depuis 1985, j’ai eu la chance de voir certains scénarios se répéter.

Les 67’s de 2018-19 me rappellent, curieusement, les Olympiques de Hull de 1996-97.

À l’automne 1996, les Olympiques étaient convaincus qu’ils pouvaient se rendre jusqu’au bout et remporter la Coupe Memorial. Ils avaient cependant des doutes quant au potentiel de leur gardien partant. Christian Bronsard ne traînait pas une grande réputation. Il n’avait jamais été repêché par une équipe de la LNH. Il gagnait avec une certaine facilité en saison régulière, mais pouvait-il continuer de le faire en séries éliminatoires ?

Oh. Petit détail anecdotique, mais néanmoins intéressant. Tout comme Andrée, Bronsard avait passé sa jeunesse à Orléans.

À l’approche des Fêtes, ils ont payé le gros prix pour aller chercher un choix de première ronde précédé d’une forte réputation. Martin Biron, à l’instar de DiPietro, était sur le point de se joindre à Équipe Canada Junior.

Cédrick Andrée n’était pas né, en 1997. Il ne connaît sans doute pas la suite de l’histoire. Moi, si. Je me souviens très bien du jour où les Olympiques ont atteint leur objectif en remportant la Coupe Memorial sur leur propre patinoire.

Christian Bronsard était devant leur filet, pour la grande finale.

« Quand je repense à tout ça, je suis obligé de reconnaître que c’était la bonne décision », m’a-t-on dit, justement, cette semaine.

Je ne discutais pas avec Bronsard.

Ni avec l’entraîneur qui a pris la décision, Claude Julien.

Je discutais de tout ça avec Martin Biron.

« Ce n’était pas une situation facile ! J’avais joué beaucoup quand j’étais arrivé à Hull. J’avais bien joué, aussi. Au début des séries, Claude nous avait bien préparés. Il nous avait prévenus que nous allions tous les deux travailler. Il ne voulait surtout pas qu’une blessure l’oblige à lancer dans la mêlée un gars qui n’avait pas vu d’action depuis un mois et demi ! »

« Notre but ultime, c’était de gagner. C’est vraiment difficile, gagner la Coupe Memorial. La fenêtre d’opportunité peut être vraiment, vraiment petite. »

L’histoire ne va pas nécessairement se répéter. Beaucoup de choses peuvent arriver d’ici au 26 mai prochain, jour de la finale de la Coupe Memorial.

On a quand même une certitude. André Tourigny, tout comme Julien, ne laissera rien au hasard. Avec ses années d’expérience de coaching dans la Ligue canadienne de hockey, il est drôlement bien placé pour mesurer la taille d’une fenêtre d’opportunité.

Andrée contrôle toujours sa destinée.

Tourigny l’a envoyé dans la mêlée, vendredi, de façon à ménager un DiPietro qui avait connu une semaine excessivement chargée.

À défaut de gagner, il n’a certainement pas mal paru.

S’il joue comme ça durant les prochaines semaines, tandis que son nouveau partenaire sera parti au Championnat mondial junior, il fera certainement réfléchir ses patrons.

Nous avons beaucoup jasé des rivalités de la Ligue nationale, vendredi soir, sur le plateau de Hockey 360 à RDS.

Moi, je sacrifierais volontiers les visites de certaines équipes de l’Association Ouest, à Ottawa, pour que les Sénateurs affrontent le Canadien plus souvent. Ou les Leafs. Ou les Sabres.

Il est un peu triste de penser qu’il reste un seul duel entre Zack Smith et Max Domi, en 2018-19.

Pour les mêmes raisons, j’espère que la Ligue canadienne de hockey va continuer d’exploiter la rivalité naturelle entre Gatineau et Ottawa.

C’était bien agréable de passer un vendredi soir avec 4000 partisans au Centre Guertin.

Il y avait 4000 fans, et certainement quelques fantômes.

Les Olympiques en ont battu, des équipes puissantes, dans un Vieux-Bob plein de fans et de fantômes...