L’avenir d’Erik Karlsson est toujours au centre de toutes les discussions concernant les Sénateurs d’Ottawa.

Omelette western

CHRONIQUE / Dimanche après-midi, nos amis de RDS ont diffusé, en direct, la conférence de presse de Pierre Dorion. Ils ont quitté après quelques minutes, toutefois, quand ils sont arrivés à la conclusion que le directeur général ne répondrait pas aux questions portant sur Erik Karlsson.

De retour en studio, l’animateur Marc Labrecque a été poli. « Il faut reconnaître que Dorion marche sur des œufs, présentement... »

Bob Hartley, qui faisait partie de l’équipe d’analystes, a senti le besoin d’intervenir. « Tu dis qu’il marche sur des œufs. Moi, j’aurais davantage tendance à penser qu’il a les deux pieds dans l’omelette. Il y a plusieurs mois que les œufs sont cassés », a-t-il répondu.

Bob Hartley, mesdames et messieurs. Un poète sur patins. Une véritable machine à produire des analogies qui ne rate jamais sa cible.

J’aimerais avoir la moitié de son talent quand vient le temps de raconter des histoires et d’expliquer les choses clairement.

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L’analogie de Bob tombait à point. J’avais moi-même participé au point de presse, j’en sortais à peine et je ne savais pas trop quoi en faire.

Je me suis donné la peine de le ré-écouter au grand complet. Nous étions sept ou huit journalistes, dans la salle. Pendant une dizaine de minutes, nous avons tous cogné notre nez contre la même porte fermée.

« Nous ne voulons pas vraiment parler de nos joueurs, des négociations contractuelles, des échanges et de tout le reste », a déclaré Dorion d’entrée de jeu.

Il connaît pourtant assez bien Ottawa, la ville dans laquelle il a passé toute sa vie, pour savoir que l’avenir d’Erik Karlsson est la source de préoccupation première de la moitié de la population.

« Si on se met à commenter publiquement les négociations, personne ne sortira gagnant. Qu’il soit question de Stone, de Ceci, de Duchene ou de Karlsson... Personne n’en profitera. Quand on commence à montrer nos cartes, on ouvre la porte à l’interprétation. Certaines personnes vont trop loin dans leurs analyses. Nous ne voulons pas de ça. Nous avons trop de respect pour nos joueurs pour nous aventurer sur ce terrain », a-t-il fini par lâcher.

On peut le comprendre de penser ainsi.

Dans la presque totalité des cas, on lui donnerait entièrement raison.

Le problème, c’est que l’été 2018 des Sénateurs ne ressemble pas vraiment aux étés précédents.

Les scandales à répétition des derniers mois ont laissé des traces. Il suffit de passer un peu de temps à consulter les réseaux sociaux pour comprendre que les partisans en ont ras le pompon du western-spaghetti.

Respecter les joueurs, c’est primordial.

Respecter les fans, c’est aussi très important.

Le mois dernier, quand l’épisode de cyberintimidation a fait surface, j’ai écrit que la direction des Sénateurs devait réagir. Elle devait envoyer un message fort et clair. Elle devait répondre rapidement aux inquiétudes et aux appréhensions.

Je n’ai pas changé d’avis.

Pour se sortir de cette crise, l’organisation a besoin de leaders forts. Afin de rallier les partisans, ces leaders devront être capables de partager une partie de leur plan, en temps et lieu.

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J’ai enfin pu faire un saut du côté du Sensplex, lundi matin, pour assister à la dernière séance de travail sur glace du camp de perfectionnement des Sénateurs.

Ça m’a donné la chance de croiser Brady Tkachuk pour la première fois.

Les collègues qui le suivent pas à pas depuis le jour du repêchage n’ont pas exagéré. Il est impressionnant.

Tkachuk a la chance d’appartenir à une famille de hockey. Les rares joueurs qui ont eu la chance de suivre leurs pères dans les arénas de la LNH sont généralement mieux préparés à faire le saut chez pros.

Le premier choix des Sénateurs parvient quand même à se démarquer. Il fallait l’entendre parler de son été, qu’il passera à s’entraîner au gym du gourou Gary Roberts, dans la région de Toronto.

Il a surtout hâte de se familiariser avec le programme nutritif qui a permis à Roberts de jouer dans la LNH jusqu’à 43 ans.

Les jeunes de 18 ans comprennent souvent l’importance d’un programme d’entraînement physique rigoureux. La nutrition, souvent, ça vient plus tard.

Qui sait, dans les prochaines semaines, il deviendra peut-être, éventuellement, celui qui apprendra à bien préparer tous ces œufs qui ont été cassés...