Originaire de Saint-Lin, Wilfrid Laurier a notamment aidé à créer les provinces de l’Alberta et de la Saskatchewan pendant sa longue carrière politique.

Wilfrid Laurier, un Canadien français visionnaire

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : Wilfrid Laurier, le premier Canadien français à occuper la fonction de premier ministre du pays.

Le nom de Wilfrid Laurier reste gravé dans notre histoire régionale pour désigner deux grandes artères, une située dans le centre-ville d’Ottawa et l’autre dans le centre-ville du secteur Hull à Gatineau.

Wilfrid Laurier a été politicien pendant près d’un demi-siècle (48 ans), dont 15 ans à titre de premier ministre du Canada (1896 à 1911) et plus de 32 ans à la tête du Parti libéral du Canada.

Né en 1841 à Saint-Lin au Québec, M. Laurier a complété sa licence en droit à l’université McGill en 1864, et a pratiqué pendant une trentaine d’années, en parallèle à sa carrière politique. Il a aussi dirigé le journal Le Défricheur, de Victoriaville, favorable au Parti rouge. Avec sa plume, Wilfrid Laurier y exprime son opposition initiale à la Confédération, et se prononce sur le libéralisme et les affaires politiques courantes.

Soutenu par un vaste réseau d’amis et de conseillers, il gravit les échelons de la politique. En 1871, il est élu député libéral provincial dans la circonscription de Drummond-Arthabaska. Après s’être réconcilié avec la Confédération, il devient député fédéral en 1874 et passera le reste de sa carrière politique à la Chambre des communes.

Avec le temps, sa pensée politique évoluera pour s’appuyer sur les libertés civiles et religieuses, et les principes de tolérance, de conciliation et de compromis.

En 1877, il est nommé ministre du Revenu. Un an plus tard, à la suite de la défaite de son parti au profit des conservateurs, il se retire de la politique.

Toutefois, la pendaison de Louis Riel en 1885 ranime son ardeur. Il devient chef du Parti libéral fédéral en 1887.

Puis aux élections de 1896, il est élu premier ministre du Canada, poste qu’il conservera pendant 15 ans.

Entouré d’organisateurs hors pair, il transforme le parti en une véritable formation nationale capable de remporter des élections. Il mise alors sur le renforcement de l’unité nationale et celle de son parti, ainsi que sur le rapprochement entre Canadiens français et Canadiens anglais, des principes qui façonnent sa conception du fédéralisme canadien.

Parmi ses nombreuses réalisations, on compte la construction de chemins de fer transcontinentaux, et la création des provinces de l’Alberta et de la Saskatchewan.

En 1911, le manque d’organisation de son parti et ses politiques lui coûtent la victoire. Wilfrid Laurier devient alors chef de l’opposition, une fonction qu’il occupera jusqu’à son décès en 1919.