Les ruines Carbide Willson, situées dans le parc de la Gatineau rendent hommage à l’inventeur, ingénieur et industriel Thomas Leopold Willson, reconnu pour avoir obtenu 70 brevets au Canada.

Thomas Leopold Willson, l’inventeur

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : Thomas Leopold Willson.

Les ruines Carbide Willson, situées dans le parc de la Gatineau, de même qu’une plaque située près du pont du Portage, rendent hommage à l’inventeur, ingénieur et industriel Thomas Leopold Willson, reconnu pour avoir obtenu 70 brevets au Canada, dont un système dynamoélectrique d’éclairage, et un procédé de fabrication d’aluminium pur. C’est aussi lui qui a fait construire la résidence où a eu lieu l’accord du lac Meech de 1987.

Né le 14 mars en 1860 à Princeton, en Ontario, Thomas Leopold Willson est le fils de Thomas Whitehead Willson et de Rachel Sabina Bigelow. 

Il épousa en août 1895 Mary Parks avec qui il a eu trois fils et une fille. 

Il est décédé le 20 décembre 1915 à New York et inhumé à Ottawa.

Thomas Willson s’intéresse très tôt à l’électricité. 

À la suite de ses études au Hamilton Collegiate Institute, il continue à développer ses inventions tout en travaillant pour un forgeron, raconte Jennifer Paton, dans la biographie qu’elle a publiée sur l’inventeur dans le Dictionnaire biographique du Canada.

À 21 ans, il a déjà conçu et breveté les premières lampes à arc électrique utilisées à Hamilton. Toutefois, devant l’absence de débouchés dans sa ville natale, il décide en 1882 d’aller tenter sa chance à New York. 

Il travaille ensuite comme inspecteur des installations électriques pour diverses compagnies, tout en continuant de développer ses projets. 

En 1890, il crée sa propre compagnie, la Willson Electric, qui est un échec parce que les manufacturiers hésitaient à investir dans ses techniques encore non éprouvées.

En 1891, il fonde la Willson Aluminium Company afin de trouver un moyen peu coûteux de produire de l’aluminium pur. 

En 1892, Willson forme accidentellement du carbure de calcium, qui lorsqu’immergé dans l’eau, produisait l’acétylène, un gaz inflammable connu.

Conscient de l’importance de sa découverte, il met au point une technique qui permet de produire du carbure à des fins commerciales à partir de matériaux courants. 

Au début, l’acétylène s’avère utile pour l’éclairage. 

Sa principale utilisation, pour la soudure oxyacéthylène et le découpage au chalumeau, sera mise au point en 1903.

Le développement du carbure de calcium, par la future Union Carbide, est assuré par un syndicat financier. 

En 1895, M. Willson vend ses brevets américains à ce syndicat, et rentre au Canada pour y implanter l’industrie du carbure.

Installé à Ottawa en 1901, il lance son entreprise Willson Carbide Works Company qui construit sa première usine près de St. Catherines.

Puis, en raison de la forte demande de carbure pour l’éclairage dans les rues et les immeubles, Willson fait construire d’autres usines à Ottawa et à Shawinigan. 

Il est aussi impliqué dans divers projets d’installations d’éclairage dans diverses localités et dans la commercialisation d’une bouée automatique sûre éclairée à l’acétylène employée partout dans le monde.

Pour réaliser ses nombreux projets, Willson a besoin d’énormes capitaux. 

En 1912, il signe une entente avec un millionnaire américain du tabac et du textile, James Buchanan Duke, en vertu de laquelle il hypothèque ses brevets de fertilisants produits à faibles coûts à partir de carbure de calcium et d’azote. 

Avec l’entente, il construit une petite usine d’engrais au lac Meech.

L’installation comprend, en plus de la petite usine, une tour de condensation d’acide, la première au monde. 

Aujourd’hui, seule la base de la tour a résisté à un incendie. 

Mais il est encore possible de voir les ruines de l’ancien moulin, qui faisait partie de la centrale électrique (située au bout du sentier 36), rappelle un texte sur les ruines publié par le Réseau du patrimoine de Gatineau et de l’Outaouais. 

Après un an, l’usine produit au-delà des attentes. 

Mais Willson manque un versement d’intérêts et le roi du tabac et du textile J. B. Duke saisit ses biens.

Grâce aux droits qu’il détient sur la production de carbure à Terre-Neuve et au Labrador, l’inventeur décide ensuite de se lancer dans divers projets pour mettre à profit les réserves d’énergie de ces régions, avec des barrages, des chemins de fer, des usines de carbure, de pâtes et papiers et d’engrais. 

Toutefois, l’éclatement de la guerre contre l’Allemagne empêche les Britanniques d’exporter les capitaux sur lesquels Willson comptait pour réaliser ses projets.

En 1915, M. Willson se rend à New York dans l’espoir d’y trouver des appuis financiers. 

Il y meurt pendant son séjour, victime d’une crise cardiaque.