L'hôpital Élisabeth-Bruyère à Ottawa.

Sœur Élisabeth Bruyère, fondatrice du premier hôpital de Bytown

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : sœur Élisabeth Bruyère.

L’Hôpital Élisabeth-Bruyère, qui est situé sur la rue du même nom, honore la mémoire de cette pionnière en devenant le plus important établissement de soins palliatifs et de soins de fin de vie universitaire au Canada.

Il est aussi le plus important prestataire de services de réadaptation à des personnes hospitalisées, offrant des services de réadaptation aux personnes ayant subi un accident vasculaire cérébral de la région d’Ottawa.

Tout en offrant divers services communautaires et cliniques, il héberge l’Institut de recherche Élisabeth-Bruyère, l’un des rares centres à se consacrer à la recherche sur la qualité de vie des personnes âgées et l’amélioration des services de réadaptation et des soins palliatifs.

Sœur Élisabeth Bruyère fait son entrée en 1839 chez les Sœurs grises de la Charité et fait profession en 1841. Elle aura marqué l’histoire de Bytown et de la ville d’Ottawa.

Née à l’Assomption au Québec, le 19 mars 1818, c’est à l’âge de 16 ans qu’elle commence à enseigner dans une école de rang à Saint-Esprit au Québec.

Après son entrée chez les Sœurs de la Charité, elle enseigne aux orphelines. Puis, à l’âge de seulement 26 ans, elle reçoit de sa congrégation le mandat de fonder une nouvelle maison à Bytown et est nommée supérieure fondatrice de l’hôpital général de Bytown, le premier hôpital d’Ottawa.

Élisabeth Bruyère a fondé le premier hôpital d'Ottawa.

L’établissement ouvre ses portes à peine deux mois plus tard, puis elle aménage un orphelinat temporaire.

Dès les premières semaines de son arrivée, sœur Élisabeth Bruyère ouvre aussi une école bilingue dans un petit hangar de la rue Saint-Patrice, à Ottawa. Et ce n’était que le début.

Il faut se rappeler que la congrégation des Sœurs grises de la Croix de Bytown (aujourd’hui connue sous le nom des Sœurs de la Charité d’Ottawa) a une triple mission : l’éducation de la jeunesse, le service aux pauvres et le soin des malades.

La congrégation connaît une expansion rapide puisqu’en 1848, elle ouvre une école-pensionnat à Cornwall. « Puis, l’année suivante, elle ouvre à Bytown le pensionnat qui fut à l’origine du pensionnat de la rue Rideau (le pensionnat Notre-Dame-du-Sacré-Cœur) dans lequel des générations de jeunes filles ont reçu une éducation solide », rappelle la biographie de sœur Elisabeth Bruyère, tirée des archives du Réseau du patrimoine franco-ontarien.

Avec ses consœurs de la congrégation, elle fonde une école du soir pour les mères, organise des visites à domicile pour les personnes handicapées, les malades et les aînés, de même qu’aux prisonniers, en apportant aussi secours aux mourants et aux sans-abri.

En 1847, les Sœurs de la Congrégation ont accueilli dans des abris de fortune plus de 600 victimes de l’épidémie de typhus. Puis, elles ont contribué en prodiguant des soins lors de l’épidémie de vérole en 1871.

En dépit d’une santé fragile et de nombreux tracas financiers liés à ses responsabilités, sœur Élisabeth Bruyère a continué à assumer ses lourdes responsabilités pendant 31 ans comme supérieure générale.

Pendant ces années, elle a œuvré à mettre sur pied plus de 25 institutions au Canada et aux États-Unis. Elle est décédée à Ottawa le 5 avril 1876 à l’âge de 58 ans.

Des démarches pour obtenir la béatification de sœur Élisabeth Bruyère ont été entamées en 1978. Elle a été reconnue Vénérable en avril dernier, à un miracle près d’être béatifiée.