Séraphin Marion en 1923 ou 1924.

Séraphin Marion, maître à penser de l’Ontario français

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : Séraphin Marion.

Reconnu pour avoir défendu les droits des francophones hors Québec, Séraphin Marion est un universitaire et critique littéraire qui a notamment donné son nom à une école élémentaire et à une rue situées à Ottawa. 

Un fonds, de même qu’un centre pour aînés d’Orléans, ont aussi été créés pour honorer sa mémoire.

Né à Ottawa en 1896, Séraphin Marion a fait ses études primaires à l’école Garneau des Sœurs Grises-de-la-Croix d’Ottawa, et ses études classiques au Collège des Oblats d’Ottawa (l’Université d’Ottawa).

En 1918, il entre au noviciat des pères oblats à Lasalle au Québec. Toutefois, il renonce à la vie religieuse pour retourner à l’Université d’Ottawa, où il obtient sa maîtrise ès arts.

Professeur à l’Université d’Ottawa en 1918, il décide de partir l’année suivante afin de poursuivre des études en civilisations françaises à la nouvelle université de Paris.

De 1920 à 1925, il est professeur agrégé au Collège militaire royal du Canada à Kingston. Pendant ce temps, il obtient un doctorat ès lettres de l’Université de Paris.

Né en 1896, Séraphin Marion a passé des années à éplucher les archives du fonds canadien-français. Ce sont les étudiants de l’Université d’Ottawa qui ont profité de ses trouvailles.

En 1925, il entreprend une carrière au service des archives publiques du Canada, où il demeure pendant trois décennies. Il est en même temps professeur de littérature française à l’Université d’Ottawa.

Il devient ensuite président de la Société des conférences de l’Université d’Ottawa en 1927, puis conférencier officiel de l’Association of Canadian Clubs, ce qui l’amène à prononcer de nombreuses conférences partout au pays. 

Il reçoit un doctorat ès lettres de l’Université de Montréal en 1933.

De 1945 à 1950, il occupe le poste de secrétaire général de la Société royale du Canada.

Il est reconnu pour avoir publié une vingtaine d’ouvrages sur la littérature canadienne-française, dont les neuf volumes Les lettres canadiennes d’autrefois 1939-1958, qui ont su résister à l’usure du temps.

Dans le Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec, on explique l’importance de l’œuvre de M. Marion : « Historien de formation et professeur de littérature par vocation, Marion publie deux recueils de critiques littéraires avant de commencer à la fin des années 1930, les recherches laborieuses qui vont donner naissance à son magnum opus. Installé dans le vieux bâtiment des Archives publiques du Canada, à Ottawa, il feuillette jour après jour pendant vingt ans les journaux poussiéreux du fonds canadien-français qu’aucun historien littéraire avant lui n’a songé à dépouiller ni à exploiter. Il en tire une suite ininterrompue d’études dont ses étudiants des cours supérieurs de l’Université d’Ottawa bénéficient les premiers, avant la publication en volume. »

Il a également écrit pour L’Action nationale, Les Cahiers des Dix, Le Canada français, Les Lettres canadiennes d’autrefois et La Revue de l’Université d’Ottawa.

Il a mérité de nombreux honneurs, dont l’Ordre du Canada en 1976.

M. Marion est mort le 29 novembre 1983, à l’âge de 87 ans.