Le militant franco-ontarien Samuel Genest.

Samuel Genest et la résistance contre le règlement XVII

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : Samuel Genest.

Le Collège Samuel-Genest est une école secondaire catholique scolaire de la région qui rend un bel hommage à un militant franco-ontarien dont le nom restera toujours attaché à la lutte et à la résistance contre le règlement XVII qui limitait l’utilisation du français comme langue d’enseignement en Ontario.

Samuel Genest est né à Trois-Rivières le 10 juin 1865. Fils de Laurent-Ubald-Archibald Genest et de Marie-Charlotte-Emma McCallum, il fait ses études chez les Frères du Sacré-Cœur et au Séminaire de Trois-Rivières.

Il travaille d’abord comme arpenteur pour le chemin de fer Pacific Pontiac Junction, puis entre au gouvernement fédéral à Ottawa comme fonctionnaire au ministère de l’Intérieur, poste qu’il occupe pendant 47 ans, de 1884 à 1930. Il habite à Aylmer de 1885 à 1895, puis déménage à Ottawa où il s’implique au niveau scolaire.

Marié en premières noces à Charlotte McConnell et en deuxièmes noces à Emma Woods en avril 1896 à l’église Saint-Paul d’Aylmer, il a eu trois enfants. Il est décédé à Ottawa le 25 juin 1937 à l’âge de 72 ans.

La résistance

Il est élu membre de la Commission des écoles séparées d’Ottawa en 1909, et occupe ce poste pendant 23 années, dont 18 à titre de président (de 1913 à 1930).

C’est d’ailleurs à titre président du conseil que M. Genest s’implique dans la bataille contre le règlement XVII. « Il dirige la résistance en continuant, malgré les interdits du gouvernement de l’époque, de verser les salaires aux enseignants qui n’ont pas signé leur commission au règlement », nous rappellent les archives publiées sur le site de l’Assemblée de francophonie de l’Ontario.

La résistance de M. Genest le conduit devant les tribunaux, le mettant ainsi en conflit avec le gouvernement de l’Ontario.

« Sa bravoure et son éloquence déclenchent un mouvement de sympathie à la cause franco-ontarienne et lui vaut l’admiration des siens et le respect de ses adversaires », rappelle-t-on dans les archives.

Il préside également la Société Saint-Jean-Baptiste d’Ottawa en 1915 et est fait officier honoraire à vie puis conseiller à vie de l’Union Saint-Joseph du Canada.

La France lui décerne le titre d’Officier de l’instruction publique en avril 1927 et l’Université d’Ottawa lui remet un doctorat en droit honoris causa en juin 1928.

Lors d’un gala en février 1933, 400 personnes se réunissent au Château Laurier pour lui rendre hommage et un bronze fait à son effigie par le sculpteur Alonzo Cinq-Mars lui est remis.

En plus du Collège Samuel-Genest, ouvert en 1979, l’école Genest ouverte en 1930, de même qu’une rue du secteur Vanier rappellent son engagement envers la résistance franco-ontarienne.