Robert Conroy est né à Magherafell, en Irlande, en 1811. Il est venu s’établir dans le canton de Hull vers 1830.

Robert Conroy, bâtisseur, hôtelier et maire d’Aylmer

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : Robert Conroy, un homme important dans l’histoire d’Aylmer.

Robert Conroy est connu à Aylmer pour avoir été une personnalité d’affaires, un maire et le bâtisseur de l’hôtel British. La ville lui a d’ailleurs rendu hommage puisqu’une rue porte son nom.

Robert Conroy est né à Magherafell, en Irlande, en 1811. Il est venu s’établir dans le canton de Hull vers 1830. Il installe un hôtel dans un bâtiment de Charles Symmes où il demeure de 1834 à 1845. C’est en 1837 qu’il épouse Mary McConnell, qui était la fille du marchand de bois William McConnell, selon les archives du Répertoire du Patrimoine culturel du Québec.

Dans un texte sur l’influence de Robert Conroy en Outaouais (« Histoire de Gatineau »), l’auteure Lynne Rodier parle des liens qu’il avait établis dès son arrivée à Aylmer durant les années 1830 avec les hommes d’affaires et les propriétaires terriens de l’ouest du canton de Hull.

« En louant un hôtel de Charles Symmes (fondateur d’Aylmer) et en épousant une McConnell, Robert Conroy fut dès le début en contact étroit avec l’élite locale naissante », souligne-t-elle.

Au cours des années 1840, la famille Conroy est au centre des activités des aspirants bâtisseurs de l’Ouest canadien veillant autant à l’essor de la communauté qu’à établir un réseau de communication efficace favorisant leur localité dans la province du Canada.

« Les bâtisseurs d’Aylmer se joignent alors à un réseau local et interfamilial pour établir des relations commerciales et politiques avec les marchands et les politiciens de la région de l’Ottawa (Outaouais), de Montréal et de la Grande-Bretagne », ajoute l’auteure.

L’arrivée de Robert Conroy survient avec l’arrivée des bateaux à vapeur qui sillonnent de plus en plus les cours d’eau. Il investit dans la Upper Ottawa Steamboat Company. Les premiers bateaux à vapeur permettent le passage d’un nombre croissant d’immigrants et de marchandise approvisionnant les postes de traite de la baie d’Hudson et les chantiers forestiers en amont des Chaudières.

« Ce service de bateaux à vapeur va littéralement lancer le développement d’Aylmer », rappelle également Mme Rodier.

Après s’être établi à la première auberge d’Aylmer construit par la famille Wright pour Charles Symmes (Auberge Symmes), M. Conroy décide de faire construire l’Hôtel British. Les travaux débutent en 1834 et l’hôtel ouvre ses portes en 1841.

Le bâtiment est un des plus anciens bâtiments historiques de la ville de Gatineau et le plus ancien hôtel canadien exploité à l’ouest de Montréal. À l’hôtel, un service de diligences y est offert dès 1840 jusqu’à Hull.

Vers 1850, il décide de louer l’Hôtel British à John McCook. Le recensement de 1851 indique que la famille Conroy vit toujours à l’hôtel avec leurs six enfants alors âgés de 2 à 13 ans (James, Elenor, Maria, Robert, Charlotte et William). Une jeune gouvernante écossaise, Jane Gibb, est chargée des enfants. Les autres résidents de l’hôtel sont tous des employés de la famille.

Les premières élections municipales à Aylmer sont tenues à l’hôtel. On soutient même qu’Aylmer aura été la première municipalité à connaître des élections démocratiques au sein de l’Empire britannique.

L’établissement est demeuré dans l’inventaire immobilier de la famille Conroy jusqu’en 1902. Il a récemment été rénové pour redevenir une place très fréquentée dans le cœur du Vieux-Aylmer.

Dès 1839, M. Conroy s’associe avec John Egan, Charles Symmes et Harvey Parker dans le but d’ériger un moulin à farine à vapeur.

En 1849, il fonde avec John Egan, Joseph Aumond et Richard McConnell la société Bytown and Union Turnpide Company qui construit des ponts et des routes entre Aylmer, Hull et Bytown (Ottawa) afin de favoriser le commerce du bois.

Il met aussi sur pied une scierie à Aylmer, ce qui permit à l’époque de former le premier noyau de développement du village de Deschênes.

Avant de siéger à deux reprises comme maire de la ville entre les années 1858 et 1868, il avait aussi été conseiller municipal en 1847 et de 1860 à 1862.

En 1855, M. Conroy se fait ériger une grande demeure située au 61 rue Principale, avant d’acquérir cinq ans plus tard une autre résidence sur la rue Charles (rue Symmes) à Aylmer. À l’instar de l’Hôtel British, la maison Robert-Conroy a elle aussi subi une rénovation complète il y a quelques années.

L’ancien maire et bâtisseur Conroy est décédé à Aylmer le 5 avril 1868 et est inhumé au cimetière Bellevue situé à Aylmer.