Représentation des draveurs sur la rivières des Outaouais, en 1900.

Quand les draveurs travaillaient sur la gappe

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : les draveurs de la gappe.

L’histoire de notre région est associée depuis plus d’un siècle à celle de l’industrie forestière. Il n’y a pas si longtemps encore, des billes de bois flottaient sur les rivières pour alimenter les usines de l’Outaouais.

Selon les archives de la Commission de toponymie de Gatineau, c’est à l’industrie forestière que l’on doit la désignation du boulevard de la Gappe, une des principales artères traversant d’est en ouest le secteur Gatineau. On y retrouve des établissements très fréquentés de la région, dont la Maison de la culture, le Complexe sportif ou encore le pavillon Félix-Leclerc du Cégep de l’Outaouais.

Mais on est loin du temps où les draveurs allaient « travailler sur la gappe », une expression d’une autre époque qui nous fait revivre une partie de l’histoire de la région.

Ainsi, pendant plus d’un siècle, la matière première destinée aux usines descendait les cours d’eau, par flottage, à partir des chantiers sur les rivières Gatineau, du Lièvre et des Outaouais.

À destination, les draveurs faisaient le tri des billes descendues pêle-mêle sur les cours d’eau dans un lieu que l’on appelait la gappe, qui viendrait du mot anglais « gap ».

Constitués d’estacades, des « floating gap » que l’on retrouvait à différents endroits sur les rivières permettaient aux draveurs de trier les billes de bois afin de les diriger vers les entreprises où elles étaient destinées.

Ces estacades étaient munies de brèche appelée « gap » par où on faisait entrer les billes de bois. C’est ainsi que les draveurs disaient « travailler sur la gappe », soit au tri des billes.

À Hull, au bout de la rue Notre-Dame-de-l’Île, on retrouvait une baie appelée « la gappe » où on faisait le tri des pitounes de bois.

D’autre part, les archives municipales nous révèlent qu’il y avait, au milieu des années 1930, un chemin appelé Gappe le long du ruisseau du lac Leamy, qui coule à l’extrémité est du cimetière Notre-Dame et relie le lac Leamy aux installations de la Gatineau Boom, sur le bord de la rivière des Outaouais.

Le juge Gaboury
Toujours dans le secteur Gatineau, la rue Ernest-Gaboury, qui croise le boulevard La Vérendrye, près de l’hôpital de Gatineau, rappelle le nom de cet ancien juge à la cour municipale de Pointe-Gatineau (1961-1968) et de Gatineau (1964-1968).

Fils de Tancrède Gaboury et de Marie-Jeanne Fletcher, J.-Ernest Gaboury (1889-1969) est originaire du Pontiac où il est né en 1889. Il a épousé Lilianne Lanctôt à Montréal, en décembre 1955.

Le 1er juillet 1932, il est admis au Barreau du Québec. Il pratique sa profession d’avocat et réside à Hull. Il devient ensuite procureur de la Couronne pour le gouvernement du Québec. Par la suite, il travaille aux douanes et devient, à la fin de sa carrière, le premier juge de la cour municipale de la Ville de Pointe-Gatineau (1961-1968) et de la Ville de Gatineau (1964-1968). Il est décédé à Hull, le 12 janvier 1969.