Le canton de Perkins a été fusionné avec Wakefield-Partie-Est et Portland-Ouest dans les années 1975.

Perkins, un pionnier de Val-des-Monts

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : le marchand de tissu John Adams Perkins.

La municipalité de Val-des-Monts, qui s’étire entre la rivière Gatineau et la Lièvre au nord de Gatineau, est un assemblage de trois parcelles de cantons issu des fusions de 1975, soit Wakefield-Partie-Est (Saint-Pierre), Portland-Ouest (Poltimore) et Perkins.

Or, le village de Perkins doit son nom à un marchand de tissu américain John Adams Perkins venu s’installer dans les années 1840 là où personne ne songeait à venir s’établir : au nord du 6e rang de Templeton, loin de toute voie de communication, rappelle un texte publié dans L’autre Outaouais - Vers l’est.

John Adams Perkins remonte la petite rivière Blanche, moins navigable que la Lièvre, et s’établit près d’une chute qui lui semble propice à l’installation d’un moulin en 1845.

Scieries disparues

C’est à la hauteur des chutes de la Blanche que Perkins construit ses scieries dont on ne trouve plus aucune trace aujourd’hui. 

Par contre, les chutes sont encore bien visibles depuis le pont qui enjambe la rivière, au bout de la montée Paiement, avant qu’elle ne rejoigne la route 366, rappelle un autre document publié par le Réseau du patrimoine de l’Outaouais.

Les chantiers de Perkins se multiplient à grande vitesse sur les rives dont il écume les forêts avec ses bûcherons, des colons canadiens-français en grande majorité. 

Ceux-ci s’installent à deux endroits, dans le rang St-Antoine près du moulin, et au bout du lac McGregor vers 1842. 

Quant aux employés du moulin, qui étaient une vingtaine vers 1851, ils sont surtout Irlandais.

La fréquentation des prêtres à Perkins remonte à 1851 alors qu’une première chapelle est construite. 

À l’époque de sa construction, les sermons sont bilingues puisque la paroisse compte un grand nombre de mineurs irlandais.

L’église sera bénie en 1857, décision motivée par la présence de protestants francophones dans la région. 

Il faudra toutefois attendre une cinquantaine d’années plus tard avant l’arrivée d’un prêtre résident.

Les Perkins donnent leur nom au premier bureau de poste en 1866.

Découverte de phosphate

À partir de 1878, la vie de la région change avec la découverte de phosphate. 

Des mines bien organisées commencent l’exploitation. 

Rapidement, on parle de la région de Perkins comme «du plus grand centre canadien de phosphate», avec la présence de 45 mines et prospections au nord du 9e rang, rappelle le texte publié dans L’autre Outaouais – Vers l’est.

À partir de 1892, la production de phosphate commence toutefois à chuter, pour être remplacée par le mica, un métal auparavant rejeté, qui est désormais prisé. 

La mine des frères Blackburn, au nord-est du village de Perkins, est reconnue comme la mine de mica la plus importante du Canada, et est électrifiée par turbine installée à la sortie du petit lac Dam. 

La mine Wallingford remporte pour sa part des prix internationaux pour la qualité de son minerai. 

Au village de Perkins, ce sont les femmes qui effeuillent le mica à domicile.

Dans les années 1869, un premier pont est construit sur la Blanche dans le 8e rang, et des chemins sont tracés pour atteindre le lac McGregor. 

En 1892, c’est toutefois par canot que les Oblats rejoignent le Grand lac (au nord du McGregor), qu’ils choisissent pour construire la retraite d’été des élèves d’Ottawa. 

Puis le lac McGregor, où ils ont élu domicile pour créer une petite colonie sur la rive nord. 

La propriété vendue dans les années 1970 a longtemps accueilli le camp Katimavik pour jeunes. 

La chapelle des Oblats y a été construite en 1900.

Les enfants de la région du nord de Templeton devront attendre jusqu’en 1895 pour avoir une première école. 

Les Perkins père et fils continuent à brasser des affaires jusqu’en 1899.

L’effervescence créée par le mica s’estompe à la fin des années 1910.

Au XXe siècle, avec des mines fermées et les forêts vidées, la population commence à quitter. 

Toutefois, les villégiateurs viendront prendre le relais pour peupler le tour des lacs de la région.