Pauline Charron, grande francophone d’Eastview

NOTRE HISTOIRE / Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : Pauline Charron.

Gisèle Lalonde, qui a marqué l’histoire de la communauté francophone de l’Ontario à sa manière, avait tenu, alors qu’elle était mairesse de Vanier, il y a déjà plus de trente ans, à nommer une rue pour reconnaître l’immense contribution de Pauline Charron, une autre femme francophone remarquable qui a fait sa marque comme animatrice et commerçante de cette ville francophone, aujourd’hui secteur de la ville d’Ottawa.

Pauline Charron, née Lefebvre, a vu le jour à Orléans le 25 septembre 1920. Elle était la quatorzième d’une famille de 17 enfants.

Son père n’avait que 44 ans lorsqu’il est décédé. C’est donc très jeune qu’elle a dû prêter main-forte à sa mère, selon les archives fournies par la famille Charron.

Avec la JOC
Alors qu’elle était membre du mouvement de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), elle s’est d’abord impliquée en faisant du travail social avec les Équipières sociales, une communauté laïque d’Ottawa.

Épouse de Jean-Louis Charron et mère de deux garçons, Mario et Jean-Marc, elle a été résidente d’Eastview (renommée Vanier en 1967) de 1954 à 1979, où elle a dirigé un petit commerce de vêtements pour bébés, « Chez Joanne », tout en s’occupant des personnes âgées.

En 1963, avec l’aide de quelques amies, elle a fondé le Club 60 destiné à améliorer les services en français pour les personnes du troisième âge, en leur offrant des activités culturelles et sociales et pour se maintenir en forme.

Pauline Charron

C’est d’ailleurs pour souligner son engagement et son travail que la ville d’Eastview lui a décerné le Prix de citoyenne de l’année en 1963.

Cette même année, Pauline Charron s’implique encore davantage et organise le premier Salon du commerce à Eastview. Elle réussit par la même occasion à faire désigner « zone commerciale » le tronçon de la rue entre les rues Beechwood et Genest.

Plus tard, en 1974, une plaque commémorative portant son nom est installée lors de l’inauguration du Centre d’accueil des aînés de la rue Savard, à Vanier. Mme Charron poursuit son implication en consacrant ses énergies à des projets pour venir en aide aux personnes handicapées de l’Est ontarien.

En 1976, elle est nommée Citoyenne méritante lors du Gala sportif Julien-Daoust. C’est ensuite au tour de l’ACFO d’Ottawa de l’honorer pour services rendus à la francophonie ontarienne.

Pauline Charron a été conférencière invitée à plusieurs réunions et colloques sur le troisième âge, en Ontario.

Elle est devenue conseillère pour la formation de clubs sociaux francophones de 1974 à 1978.

Elle est d’ailleurs l’une des fondatrices de la Fédération des aînés francophones de l’Ontario, en 1977.

Mme Charron est décédée à Vanier le 30 mars 1979, à l’âge de 59 ans.

En plus d’une rue et d’un centre de jour pour aînés francophones, une fondation porte désormais son nom.