L’Isle-aux-Allumettes est située dans le Pontiac.

Origines du nom de l’Isle-aux-Allumettes

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : l’Isle-aux-Allumettes.

Au fil du temps, les allumettes auront été un symbole marquant de l’histoire régionale.  

Des allumettes de la E. B. Eddy, en passant par l’histoire des allumettières, il faut aussi retenir le mystère entourant l’origine du nom de l’Isle-aux-Allumettes, située dans le Pontiac. 

Dans les archives de la municipalité de l’Isle-aux-Allumettes, on rappelle les hypothèses et les événements entourant les origines du nom donné à cette île d’une superficie de 264 kilomètres carrés, la plus grande entité insulaire sur la rivière des Outaouais.  

Depuis 1998, la municipalité de L’Isle-aux-Allumettes regroupe les villages de Chapeau, de St-Joseph, de Desjardinsville, de Demers Centre, de l’île Morrison et de L’Isle-aux-Allumettes Est. 

À l’arrivée des premiers commerçants de fourrures, les Algonquins étaient déjà installés sur l’île où ils contrôlaient les passages sur la rivière des Outaouais.  

Lors de son expédition en 1613, Samuel de Champlain lui donne le nom de l’Isle des Algonquins. Puis, en 1650, lors d’une attaque-surprise des Iroquois, les Algonquins sont pratiquement éliminés de l’île qui restera inhabitée pendant presque 170 ans.  

Parmi les hypothèses soulevées sur l’origine du nom de l’Isle-aux-Allumettes, il y a celle du Chevalier de Troyes. En 1686, ce dernier conduisait une expédition militaire en amont de la rivière des Outaouais. Il raconte que c’est un père jésuite qui a oublié sur l’île une boîte d’allumettes qu’il avait toujours avec lui pour faire du feu. « C’est ainsi que l’île fût nommée L’Isle-aux-Allumettes. » 

Longtemps après l’expédition, poursuit-on, une légende apparaît. Celle-ci veut que le nom de l’île provienne plutôt d’un roseau poussant sur les berges de l’île pour faire le feu, comme les allumettes.

Dans les mémoires de Nicolas Perrot, datant de la deuxième moitié du 17e siècle, on mentionne aussi « l’Isle au Borgne autrement dite l’Isle aux Allumettes », en référence au chef algonquin Tessouat, qui contrôlait avec les siens la circulation sur la rivière des Outaouais à cet endroit. Les rapides situés au sud-est de l’île s’appelaient aussi « le Sault des Allumettes » selon une carte datant de 1680. 

Finalement, des documents anciens mentionnent le nom des Allumettes (en français) pour identifier les portages autour des rapides, selon l’auteur Clyde Kennedy, dans son livre The Upper Ottawa Valley – a Glimpse of History. 

Au sujet de l’orthographe, l’auteure Nichole Ouellette souligne que l’entité cantonale créée en 1847 comportait la graphie moderne du mot « île » (Île-aux-Allumettes). Le nom a par la suite été normalisé en L’Isle-aux-Allumettes en 1987 par la Commission de toponymie (du Québec), peut-être par souci de ne pas trop dénaturer le nom originel. 

Ce n’est qu’en 1818 que les Européens commencent à s’y établir, en travaillant à la coupe du bois ou pour les postes de traite des fourrures établis plus au nord à Fort William par la Compagnie de la Baie d’Hudson. 

La plupart des familles ont d’abord construit leur maison au sud de l’île. Après un violent incendie en 1853, les familles vont s’installer dans la partie ouest, où on retrouve le site actuel de Chapeau, devenue municipalité en 1874. 

C’est en décembre 1998, que toutes les parties de l’île, soit les villages de Chapeau, St-Joseph, Desjardinsville, Demers Centre, île Morrison et L’Isle-aux-Allumettes Est, sont regroupées pour former la municipalité de L’Isle-aux-Allumettes.

Il est intéressant de noter qu’à cette époque, il était habituel de donner le nom du maître de poste au territoire desservi par le bureau de poste. C’est pourquoi, en 1915, la communauté reçoit le nom de Desjardinsville, en l’honneur du maître de poste Polydore Desjardins, qui avait transformé sa maison de trois étages en hôtel, magasin et bureau de poste. 

À noter aussi que L’île Morrison, qui est d’une superficie de 2 km carrés, rappelle la mémoire d’un traiteur qui s’y était établi et qui a travaillé pendant plus de 20 ans au service de plusieurs compagnies. L’île possède un gisement archéologique vieux de plus de 8000 ans.