L'école Marie Curie à Ottawa.

Marie Curie, une femme d’exception

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : Marie Curie, une scientifique exceptionnelle.

Les travaux de Marie Curie auront permis des découvertes ayant révolutionné le domaine des sciences. Et sa grande détermination à repousser les barrières qui se dressaient devant elle reste une inspiration pour la cause de femmes, plus particulièrement dans le domaine scientifique.

Récipiendaire de deux prix Nobel, celui de physique en 1903 et de chimie en 1911, Marie Curie aura été confrontée très tôt aux difficultés que les femmes rencontraient à cette époque pour faire une carrière scientifique.

Née le 7 novembre 1867 dans un vieux quartier de Varsovie en Pologne, Marie Curie (née sous le nom de Maria Sklodowska) occupe une place importante dans les villes d’Ottawa et de Gatineau. Deux rues, de même qu’une école élémentaire publique, portent son nom.

Sur le campus de l’Université d’Ottawa, on retrouve la rue (privée) Marie-Curie, dans le secteur des sciences et de la santé. L’école élémentaire Marie-Curie, du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario, est située sur le chemin Quinlan, près du chemin Smyth, à Ottawa, non loin du secteur où on retrouve plusieurs hôpitaux d’Ottawa.

En 2015, Gatineau a décidé de changer le nom de la rue Alexis-Carrel pour celui de la rue Marie-Curie. L’artère est située dans le secteur Gatineau, au nord du boulevard La Vérendrye Ouest non loin de la rue Ernest-Gaboury, encore là tout près de l’Hôpital de Gatineau.

Deux prix Nobel

Son père était professeur de mathématiques et sa mère était institutrice. Mais c’est sa découverte de la philosophie d’Auguste Comte, le fondateur du positivisme et de la sociologie, qui la poussa au bout de sa passion pour la physique et les mathématiques, souligne-t-on dans les archives de la Commission de toponymie de Gatineau.

En 1891, elle quitte la Pologne et part étudier les mathématiques en France avec des mathématiciens de renom. L’un d’eux, Gabriel Lippman, impressionné par les qualités de Marie Curie, obtient pour elle la commande d’une étude sur l’aimantation de différents types d’acier.

Cette étude lui permet de rencontrer l’un des grands spécialistes dans le domaine à l’époque, Pierre Currie. Les deux se marient en juillet 1895 et ils auront une fille, Irène, née en 1897, qui décrochera elle aussi un Nobel de chimie, comme sa mère.

Professeure de physique

Avec son mari, elle réussit à extraire deux nouveaux éléments radioactifs, le radium et le polonium, découverte qui lui vaudra un prix Nobel de physique en 1903.

Six années plus tard, elle remplace son mari comme professeure à la Sorbonne, une grande première à l’époque, puis est nommée professeure titulaire de physique générale et radioactivité.

Puis, en 1911, elle reçoit un autre prix Nobel, de chimie cette fois. Elle sera d’ailleurs la seule femme qui est présente lors du congrès Solvay cette même année, nous rappelle les archives.

Pendant la Première Guerre mondiale, elle s’engage à faire la promotion de l’usage de la radiographie afin d’aider les chirurgiens à localiser puis extraire les fragments métalliques du corps des blessés, période pendant laquelle elle sera aidée par sa fille Irène, âgée d’à peine 18 ans.

C’est après cette guerre que son exemple a permis d’aider les luttes pour la cause des femmes dans le domaine des sciences.

Marie Curie est alors devenue une figure très médiatique aux États-Unis où elle fait campagne pour amasser des fonds pour la recherche scientifique avec du radium.

Les longues heures d’exposition aux substances radioactives avant qu’on en connaisse vraiment leur dangerosité ont eu un effet très nocif sur sa santé. Elle est hospitalisée en Haute-Savoie (France) en 1934 et meurt la même année.