L’indépendantiste Marcel Chaput, décédé en 1991 à l’âge de 72 ans. Photo prise en 1965.

Marcel Chaput, pionnier nationaliste

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : Marcel Chaput, un fonctionnaire, un chimiste, mais aussi un nationaliste québécois.

La rue Marcel-Chaput dans le quartier Manoir des Trembles du secteur Hull rend hommage à l’un des fondateurs du Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN), à l’origine du mouvement souverainiste au Québec.

Marcel Chaput est né à Hull le 14 octobre 1918. Il est le fils de Lucia Nantel et de Narcisse Chaput, un pressier chez l’Imprimeur de la Reine. 

Plus jeune et seul garçon d’une famille de sept enfants, il n’a pas connu trois de ses sept sœurs mortes en bas âges. 

Le 15 septembre 1945, il a épousé Madeleine Dompierre à l’église Notre-Dame-de-Grâce de Hull, avec qui il aura quatre enfants.

Après ses études primaires à l’école Lecompte, il entre au collège Notre-Dame de Hull. 

Un des professeurs l’amène à s’intéresser aux sciences et il rêve d’être chimiste. 

En 1933, il quitte le collège Notre-Dame pour s’inscrire à l’Université d’Ottawa, qu’il quitte deux années plus tard pour l’École technique de Hull où la formation des techniciens en chimie est offerte. 

Il y reste jusqu’en 1939.

Devenu membre en 1934 du groupe Reboul au sein de l’Association catholique canadienne-française, M. Chaput affirme être devenu partisan de l’indépendance du Québec en se préparant à un débat public dont le thème était le séparatisme.

En 1939, il obtient un emploi comme aide temporaire de chimie au Centre national de recherches Canada (CNRC). Il participera à l’effort de guerre dans les laboratoires du CNRC. 

Après avoir obtenu un doctorat en biochimie de l’université McGill en 1952, il revient vivre à Hull et retourne travailler au CNRC. 

En 1955, il est muté au Conseil de recherches pour la défense. 

Puis en octobre 1958, il signe une étude confidentielle sur la proportion de soldats canadiens-français dans l’Armée canadienne, étude qui aurait aidé le général Jean-Victor Allard à convaincre Ottawa de constituer des unités francophones.

Le 10 septembre 1960, avec une vingtaine d’autres personnes, il fonde le Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN) lors d’une rencontre tenue à Morin-Heights dans les Laurentides.

Sa participation dans les affaires publiques attire l’attention de son employeur et son nom est évoqué dans les débats à la Chambre des communes. 

Menacé de congédiement à la veille de prononcer une conférence, M. Chaput décide de la donner comme convenu. 

Il publie aussi un livre intitulé Pourquoi je suis séparatiste, qui est traduit en anglais quelques mois plus tard.

Le 28 octobre 1961, il est élu président du RIN. Suspendu pour deux semaines parce qu’il avait pris un congé malgré le refus de son supérieur, M. Chaput démissionne du gouvernement fédéral le 4 décembre 1961. 

Le 7 janvier 1962, il s’installe à Montréal où il donne de nombreuses conférences, souvent accompagné par Pierre Bourgault.

Il quitte le RIN l’année suivante pour se consacrer à la formation du Parti républicain du Québec (PRQ). Pour financer le parti, qui avait accumulé une dette de 50 000 $ pour de la publicité à la télévision, il décide de faire une grève de la faim, qui sera suivie d’une deuxième grève lui permettant d’amasser une somme totale de 120 000 $. 

Le PRQ sera dissout quand même en 1964.

Par la suite, M. Chaput aura du mal à se dénicher un emploi alors que son étiquette de séparatiste lui ferme des portes. 

Il doit exercer divers métiers de façon sporadique.

En 1968, il fonde avec un associé l’entreprise de livraison de mazout Pétro-Montréal, dont il sera actionnaire, dirigeant et vendeur jusqu’à sa retraite en 1983.

En 1968, deux semaines après le congrès de fondation du Parti québécois, les membres du RIN votent pour la dissolution du parti et deviennent pour la plupart membres du PQ. 

Tel est le cas de M. Chaput. Il écrit une chronique dans Le Journal de Montréal de 1968 à 1970 et est défait deux fois à l’investiture du PQ en 1970 et 1973. 

En 1975, il reçoit avec son épouse Madeleine le premier Prix patriote de l’année remis par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.

Atteint de Parkinson, il est décédé à Montréal le 19 janvier 1991 à l’âge de 72 ans. 

Il est inhumé au cimetière Notre-Dame de Hull.