Louis Riel, métis manitobain pendu en 1885

Louis Riel, le chef métis exécuté

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : le chef métis Louis Riel.

Un des personnages marquants de l’histoire de notre pays, Louis Riel est honoré dans plusieurs provinces, mais aussi à Ottawa et à Gatineau où son nom a été retenu pour désigner entre autres une école secondaire et une rue.

Louis Riel, chef métis, est le fondateur du Manitoba et fut un personnage central des rébellions de la rivière Rouge et du Nord-Ouest. Il a dirigé deux gouvernements métis populaires et a joué un rôle central dans l’entrée du Manitoba dans la Confédération. Il a été exécuté pour haute trahison pour sa participation à la résistance de 1885 contre l’empiètement canadien sur les terres métisses.

Décrit comme un rebelle par certains historiens canadiens, Louis Riel est aussi reconnu comme héros puisque comme chef métis, il s’est battu pour protéger son peuple du gouvernement canadien. Depuis, sa mémoire a été en partie réhabilitée puisqu’il est considéré comme le fondateur du Manitoba et un des Pères de la Confédération, rappellent plusieurs documents historiques consultés, dont celui publié par le gouvernement de l’Ontario.

Exécuté pour trahison

Louis Riel est né le 22 octobre 1844 à Saint-Boniface, colonie de la rivière Rouge et est décédé par pendaison à la suite d’un procès pour trahison le 16 novembre 1885 à Regina en Saskatchewan.

Son père, qui s’appelait aussi Louis Riel, est un homme d’affaires et chef politique dans la communauté métisse. Sa mère, Julie (Gaboury) Lagimodière est une canadienne-française, fille de Jean-Baptiste Lagimodière et Marie-Anne Gaboury, première femme d’ascendance européenne à avoir exploré et à s’être établie dans le Nord-Ouest canadien en 1806.

Le clergé catholique de sa paroisse à Saint-Boniface identifie Louis Riel à 13 ans comme bon candidat à la prêtrise et lui offre une bourse pour étudier dans une école de Montréal où il excelle en étant premier de classe. Pendant ses études à la prêtrise, il rencontre Marie-Julie Guernon, une Canadienne française, avec qui il se fiance. Mais les parents de cette dernière refusent que leur fille se marie à un Métis, et rompent leurs fiançailles. Louis Riel quitte le séminaire et revient à la rivière Rouge.

Alors que le comité national des Métis forme le gouvernement provisoire au début de décembre 1869, avec à sa tête Louis Riel, une déclaration rejette l’autorité du Canada à gouverner le Nord-Ouest. Elle propose une entente négociée entre le Canada et ce gouvernement provisoire d’Assiniboia envoie trois délégués à Ottawa pour négocier l’entrée d’Assiniboia dans la Confédération.

Au même moment, une petite troupe de soldats canadiens, souhaitant mobiliser les paroisses écossaises de la rivière Rouge et faire tomber le gouvernement provisoire, se réunit à Portage la Prairie. L’apparition de Canadiens armés inquiète les Métis, qui les capturent et les emprisonnent. Une cour martiale métisse condamne Thomas Scott, un jeune orangiste, à mort. Il est exécuté le 4 mars 1870, exécution qui viendra radicaliser l’Ontario protestant qui cherchera à venger la mort du jeune Scott auprès de Louis Riel.

Réfugié aux États-Unis

Durant la décennie qui suivra, Riel se réfugie aux États-Unis. Même s’il est élu député de la Chambre des communes, il ne pourra jamais y siéger puisqu’il est contraint à l’exil en raison de sa condamnation pour meurtre du jeune Scott. À son retour au pays, il organise la rébellion du Nord-Ouest. Après plusieurs batailles, Riel se rend à la police en mai 1885.

Le 6 juillet de la même année, il est accusé de trahison lors d’un procès tenu à Regina. Reconnu coupable, son exécution est reportée à trois reprises sous la pression populaire, venant en particulier du Québec. Mais le verdict est maintenu. Riel est pendu le 16 novembre 1885.