Le seigneur politicien et patriote Louis-Joseph Papineau.

Louis-Joseph Papineau : seigneur politicien, patriote

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : Louis-Joseph Papineau.

Louis-Joseph Papineau, avocat de formation, est considéré comme l’homme le plus influent de son époque. 

Et son nom résonne encore aujourd’hui un peu partout dans la région de la Petite-Nation où son nom marque le quotidien à Papineauville et les environs, notamment à Montebello où on retrouve son manoir à proximité du Château Montebello.

Né le 7 octobre 1786 à Montréal, Louis-Joseph Papineau est un homme politique, avocat et seigneur de la Petite-Nation. 

Il est le fils de Joseph Papineau, notaire et politicien, et de Rosalie Cherrier. 

Il est le grand-père du journaliste Henri Bourassa. Il a épousé Julie Bruneau (devenue Julie Papineau) en 1818. 

Ensemble, ils ont eu neuf enfants, dont seulement cinq ont atteint l’âge adulte.

En 1802, le père de Louis-Joseph devient seigneur en achetant la seigneurie de la Petite-Nation au séminaire de Québec. 

La famille fait alors son entrée dans la bourgeoisie canadienne-française. 

Louis-Joseph fait ses études au Collège de Montréal, puis au Petit Séminaire de Québec. 

Après avoir servi comme officier de milice du Bas-Canada, il devient avocat. 

Suivant les traces de son père, il se lance en politique et devient député du comté de Kent en 1808, et fait son entrée au Parlement du Bas-Canada. 

Il sera député pendant 28 ans, jusqu’en 1837. 

Il se joint à ses débuts au Parti canadien alors majoritaire en chambre. Il se fait connaître pour ses talents d’orateur.

Au début de sa carrière, il est un monarchiste convaincu. 

En décembre 1822, il part pour Londres afin de présenter une pétition de 80 000 noms contre le projet d’union du Haut et du Bas-Canada soumis en secret à la Chambre des communes de Londres.

En 1826, il devient chef du Parti patriote, un parti canadien réformé et jugé plus radical par plusieurs politiciens de l’époque.

En 1831, il contribue par son rôle à l’Assemblée à faire adopter une loi garantissant l’égalité politique de tous les citoyens, sans égard à la religion, ce qui permit notamment aux Juifs de tenir des registres civils dans le pays et d’accéder aux fonctions publiques.

En 1834, il dénonce le fait que certaines femmes propriétaires utilisent un vide juridique qui leur permet de voter aux élections. 

En 1849, le gouvernement de La Fontaine-Baldwin corrige « cette irrégularité historique » en interdisant aux femmes de voter. 

Louis-Joseph tient un rôle important lors des affrontements politiques qui vont mener à des rébellions armées au Bas-Canada de 1837 à 1838.

Ardent nationaliste, il participe au comité qui rédige les 92 Résolutions en 1834 adressées à la Grande-Bretagne, dans lesquelles il dénonce la corruption des autorités britanniques et l’inefficacité de l’administration de la justice. 

Il y déplore aussi la complicité du gouvernement avec les riches propriétaires terriens britanniques à qui il vend des terres.

Les députés du Parti patriote reprochaient aussi au gouverneur du Bas-Canada de prendre parti pour les colons britanniques. Ils exigent plus de démocratie, notamment un conseil législatif élu, la gestion du budget du gouverneur par la Chambre d’assemblée, la présence d’un plus grand nombre de Canadiens dans l’administration publique, la protection de la langue et du droit français et la responsabilité ministérielle visant l’établissement d’un gouvernement responsable.

Louis-Joseph Papineau, qui reste un des grands symboles du nationalisme québécois, a vu sa tête mise à prix en 1837 par le gouverneur Gosford, avec celles des principaux chefs de la rébellion des Patriotes. Il se rend alors chez des proches dans la région du Richelieu. 

Puis il rejoint les États-Unis où il est accueilli à la maison de son ami, le juge Reuben Hyde Walworth à Saratoga dans l’État de New York. Il fera ensuite passer sa femme et ses enfants aux États-Unis.

En février 1839, il se rend à Paris où il souhaite gagner l’appui de la France à la cause du Canada français. 

Malgré les appuis reçus, la France reste neutre dans le conflit entre la Grande-Bretagne et ses colonies canadiennes. 

Il ne revient au pays que sept années plus tard, après l’amnistie générale décrétée en 1845. L’expression devenue célèbre « La tête à Papineau » est d’ailleurs liée au personnage de M. Papineau.

Louis-Joseph quitte la France, et revient pour être élu au nouveau Parlement du Canada-uni dans le comté de Saint-Maurice. 

En sérieux désaccord avec la politique du parti réformiste de Louis-Hippolyte La Fontaine, il devient député indépendant.

Devant l’imposition de l’Action d’union en 1840, il croit que le statut d’État dans la fédération américaine serait préférable pour ses compatriotes de l’ex-Bas-Canada. 

Il prône ensuite un Nouveau Monde républicain qui serait formé de nations confédérées du pôle Nord à la Terre de Feu. 

Il quitte ensuite la politique.

Il meurt à l’âge de 84 à son manoir de Montebello le 23 septembre 1871.