L’ingénieur et inventeur canadien originaire d’Écosse, Sandford Fleming, a une feuille de route fort impressionnante.

L’ingénieur et inventeur Sandford Fleming

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : Sandford Fleming.

L’ingénieur et inventeur canadien originaire d’Écosse, Sandford Fleming, a une feuille de route fort impressionnante. 

Décédé le 22 juillet 1915 à l’âge de 88 ans, il a été inhumé au cimetière Beechwood à Ottawa. 

Aujourd’hui, une avenue porte son nom, à un jet de pierre de la gare d’Ottawa.

Il est le premier à avoir proposé le système universel moderne de fuseaux horaires, a conçu le premier timbre-poste canadien et a réalisé plusieurs relevés et cartes de villes du Canada. 

Membre fondateur de la Société royale du Canada, il a aussi été ingénieur en chef du Chemin de fer Canadien Pacifique et a participé au développement du réseau de chemins de fer qui traverse le pays.

Né le 7 janvier 1827 à Kirkcaldy en Écosse, Sandford Fleming est le fils d’Andrew Greig Fleming, un charpentier, et d’Elizabeth Arnot. 

Le 3 janvier 1855, il épouse Ann Jane Hall, à Peterborough (Haut-Canada). 

Le couple a eu neuf enfants, cinq fils et quatre filles.

Dès l’âge de 14 ans, il devient l’élève de l’ingénieur et arpenteur écossais John Sang. 

En 1845, il immigre dans le Haut-Canada avec son frère et son cousin, et se trouve du travail comme arpenteur. 

Il dessine les plans de Peterborough, de Hamilton, de Cobourg et de Toronto, en 1851. 

Cette même année, Fleming dessine le premier timbre-poste du Canada, qui contribue à faire du castor un emblème canadien.

En 1862, Fleming présente le premier projet de construction d’un chemin de fer allant jusqu’au Pacifique. 

Il fait aussi la promotion d’une voie ferrée jusqu’à la colonie de la Rivière-Rouge au Manitoba. 

En mai 1863, il se rend en Grande-Bretagne pour convaincre le gouvernement impérial de ce projet, mais ne réussit pas.

À son retour, la question de la sécurité des colonies et le projet de chemin de fer intercolonial deviennent des priorités. Le chemin de fer est alors une condition essentielle à la création de la Confédération.

En 1863, Fleming est nommé arpenteur en chef, et quatre ans plus tard, le gouvernement du nouveau dominion le nomme ingénieur en chef du chemin de fer intercolonial, poste qu’il occupe jusqu’en 1876.

Pour traiter plus directement avec le gouvernement fédéral, il décide de s’installer à Ottawa avec sa famille en 1869. 

Il achète la maison de George-Édouard Desbarats, située aux coins des rues Chapel et Daly.

Fleming accepte en 1871 le poste d’ingénieur en chef du chemin de fer du Pacifique. 

Après un périple de reconnaissance avec des amis, un livre de cette aventure sera publié, Ocean to Ocean.

Il devient un succès de librairie et contribue à faire accepter le projet de chemin de fer dans l’opinion publique.

Congédié en raison de ses prises de position sur le chemin de fer qui l’avait rendu politiquement gênant pour le gouvernement, Fleming devient administrateur de la Compagnie de la Baie d’Hudson.

En 1879, dans une lettre transmise au gouvernement, Fleming évoque la possibilité de relier le réseau télégraphique transcanadien à un câble traversant le Pacifique. 

En 1902, le projet se réalise et un câble relie Vancouver à la Nouvelle-Zélande et à l’Australie.

Des horaires confus

C’est au fil de ses voyages que l’ingénieur Fleming constate la confusion qui règne en Amérique du Nord et en Europe au sujet de la mesure du temps. 

Partout, on utilise l’heure locale, sauf en Grande-Bretagne où un système d’heure normale est adopté à cause des trains qui sont de plus en plus nombreux. 

Avec le développement du réseau ferroviaire en Amérique du Nord, il devient plus difficile de fixer les horaires et de suivre les trains.

En 1879, deux rapports indépendants sont rédigés sur la question et exposent le problème. 

Fleming est l’auteur de l’un des deux rapports, l’autre étant celui du chef du United States Weather Service. 

Tous deux proposent une standardisation. 

Ils s’associent pour former un puissant groupe de pression avec l’appui de l’élite scientifique internationale.

Le 18 novembre 1883, les chemins de fer nord-américains adoptent le système des fuseaux horaires qui est encore en vigueur aujourd’hui. 

En raison de sa simplicité, l’heure des chemins de fer devient la norme sur tout le continent.

En 1884, le Congrès américain convoque une rencontre internationale pour choisir le méridien d’origine. 

La plupart des principaux pays accepteront ainsi l’échelle de temps moyen fondée sur le méridien de Greenwich (Londres), avec décalage d’une heure par fuseau horaire.