Henry Franklin Bronson est venu s’installer à Bytown avec sa famille en 1853.

L’empire d’Henry Franklin Bronson

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : l’entrepreneur forestier Henry Franklin Bronson.

Henry Franklin Bronson, membre d’une famille bien connue du nord-est des États-Unis, est venu s’installer à Bytown avec sa famille en 1853. C’est d’ailleurs ici qu’il a fait fortune alors que l’industrie forestière était en plein essor de la région. La Ville d’Ottawa l’a honoré en nommant une des principales artères rue Bronson, qui mène du centre-ville jusqu’à l’aéroport international d’Ottawa. 

Né le 24 février 1817 dans le canton de Moreau, New York, Henry Franklin Bronson est le fils d’Alvah Bronson et de Sarah Tinker. En novembre 1840, il épouse Editha Eliza Pierce, et ils auront trois fils et une fille. Il meurt le 7 décembre 1889 à Ottawa, selon les archives de la Société d’histoire du Canada. 

Établi en 1853 à Bytown avec sa famille, Bronson devient rapidement un membre éminent de l’American Society, qui réunit des entrepreneurs américains tels William Perley et Ezra Butler Eddy, venus s’établir dans la région pour mettre sur pied une industrie de sciage. 

Bronson crée un vaste empire, de Mattawa, en Ontario, à New York aux États-Unis, avec un chiffre d’affaires de plus de 1 million $ par an, une somme importante à l’époque. À eux seuls, ses moulins d’Ottawa emploient plus de 300 hommes. Il contribue à l’établissement de l’industrie du bois de sciage qui révolutionnera la structure économique et sociale de la région.  

Sa femme et lui prennent une part active dans des groupements philanthropiques. Partisan important du parti libéral fédéral et provincial, il utilise sa compagnie comme machine politique.  

Un agronome 

Henry Franklin fait ses études à la Poultney Academy au Vermont, où il se spécialise en agronomie et apprend les rudiments de la foresterie. Une fois son éducation terminée, il travaille en tant que commis dans l’entreprise forestière de John J. Harris du canton de Queensbury, New York. En 1840, ce dernier achète d’importants peuplements de pins blancs, dans la région des lacs du cours supérieur de l’Hudson, y construit des moulins et fait de Bronson son deuxième associé.  

La nouvelle société, la Harris and Bronson Company, développe d’intéressants marchés pour son bois dans les villes florissantes de Boston et de New York, mais en 1848 constate que ses ressources en bois deviennent de plus en plus restreintes. Bronson entreprend donc un voyage de recherche en haut de la vallée de l’Outaouais. Très impressionné, il recommande de transférer l’entreprise au nord. 

Peu disposé à déplacer ses moulins dans une colonie étrangère, Harris est plus enclin à investir dans les pinèdes du Michigan. Quoi qu’il en soit, lorsqu’on annonce en 1852 la mise en vente des beaux sites de barrage des chutes de la Chaudière près de Bytown, il décide de visiter la région. 

Les citoyens, avides de voir de nouvelles industries s’implanter dans leur ville, convient Harris à un banquet et lui promettent de ne pas accepter les offres concurrentielles d’autres compagnies si la sienne investit dans quelques sites de barrage que ce soit, nous indiquent les archives. 

Après avoir obtenu cette garantie, la Harris and Bronson Company acquiert des sites de barrage sur l’île Victoria, tout près des chutes de la Chaudière.  

Vers la fin de 1852, la compagnie construit un moulin avant-gardiste. Avec ce nouveau moulin et ses concessions de bois de première qualité, la compagnie jouit d’une excellente position pour approvisionner ses marchés traditionnels du nord-est des États-Unis, et la signature du traité de réciprocité entre les États-Unis et l’Amérique du Nord britannique en 1854 favorise son développement et son expansion.