La rue Sparks, à Ottawa

Le sens des affaires de Nicholas Sparks

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : Nicholas Sparks, un riche propriétaire foncier de la majeure partie de ce qui allait devenir le centre-ville d’Ottawa.

Nicholas Sparks aura marqué l’histoire de la capitale nationale où une rue piétonnière honore sa mémoire à quelques pas de la Colline parlementaire.

Né en Irlande en 1794, Nicholas Sparks émigre au Bas-Canada en 1816 et s’engage au service de Philemon Wright, patriarche des pionniers de la vallée de l’Outaouais, selon l’auteur Michael S. Cross, publié dans les archives du Dictionnaire biographique du Canada.

Rapidement, M. Sparks fait valoir son sens des affaires. En 1819, il est chargé d’aller acheter des fournitures pour Wright à Montréal et à Québec. Avec le capital qu’il amasse, il s’établit à son compte.

En 1821, il s’installe à Nepean, de l’autre côté de l’Outaouais. Le 25 septembre de la même année, il achète un lot de l’arpenteur John Burrows, le lot C concession C du canton de Nepean, qui comptait plus de 200 acres de terrain.

La transaction à l’origine de sa fortune lui causera toutefois bien des soucis parce qu’il devra défendre pendant longtemps son droit sur la propriété. M. Burrows, le vendeur du lot C aurait vendu le terrain sans en être le propriétaire au moment de la vente à Sparks. Il a fallu plusieurs années avant que les formalités juridiques soient remplies.

En 1826, la décision de construire le canal Rideau à travers le lot C, qui était la propriété de M. Sparks, est prise. Le village de Bytown se développe autour de l’embouchure du canal et M. Sparks devient propriétaire d’une communauté tout entière.

Un autre événement majeur vient établir sa fortune alors que le 2 novembre 1826, lui et Sally Olmstead, veuve de Philemon Wright fils, se marient. L’union vient ainsi consolider les liens de M. Sparks avec les dirigeants du commerce de bois qui font affaire sur la rivière Outaouais.

Aussi habile dans le commerce du bois que comme propriétaire foncier, il accroit ses intérêts dans le commerce du bois en développant des associations avec les Wright, Thomson et White pendant les années 1830. Il est toutefois continuellement en retard pour payer ses dettes, et est poursuivi et jugé en 1834 pour ne pas avoir payé des marchandises après livraisons.

Spéculateur foncier, il récolte ses plus gros dividendes en vendant des portions du fameux lot C. La vente et la location à bail de terrains lui permettent de s’enrichir. Puisqu’il était un des rares disposant d’argent liquide, il devient le plus gros prêteur de Bytown, parvenant souvent à récupérer des terrains qu’il avait lui-même vendus.

En 1826, il donne la permission au lieutenant-colonel By, responsable de la construction du canal Rideau, d’utiliser les terrains dont il avait besoin pour réaliser les travaux. Le colonel By voulait acheter d’autres terrains de Nicholas Sparks, mais il trouve le prix demandé trop élevé et décida de les saisir conformément à la loi concernant le canal Rideau. Un de ces terrains était la colline connue sous le nom de Barrack’s Hill jusqu’à la construction sur l’emplacement des édifices du parlement.

Pendant plus de vingt ans, Nicholas Sparks mène une campagne pour recouvrer son bien. Il intente une poursuite contre le colonel By pour violation du droit de propriété, puis un procès aux fonctionnaires de l’intendance militaire qui occupaient les lieux. Il organise une pétition et presse les députés à porter le débat à la législature. En 1845, les amis de Sparks à la législature tentent de lui faire restituer ses biens, et le gouvernement impérial est obligé de céder. En 1846, il obtient une compensation financière importante.

Sa victoire sur l’intendance militaire le confirme alors comme le patriarche de Bytown. Il fait quelques dons à la communauté, mais peu nombreux compte tenu de sa fortune. Le don le plus important est un terrain pour la construction d’une prison et un tribunal en 1839. Il donne aussi un terrain à l’église St. Andrew.

Nicholas Sparks a brièvement fait partie du conseil municipal de Bytown de 1847 à 1849 et du conseil municipal d’Ottawa au milieu des années 1850, mais c’était davantage pour protéger ses terrains.

Il est décédé, à Ottawa, le 27 février 1862 à l’âge de 68 ans, laissant un héritage substantiel à son épouse et ses trois enfants, Nicholas, Mary (qui épouse Alonzo Wright, le marchand de bois) et Esther (épouse de James Dyson Slater).