Le Château-Monsarrat dans le secteur Hull à Gatineau

Le remarquable Château-Monsarrat

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : le Château-Monsarrat.

L’mmeuble cité patrimonial est situé dans un quartier résidentiel (Jardins du Château) du secteur Hull à Gatineau où il se démarque par son architecture d’influence néo-Tudor, un style de tradition anglaise et écossaise de la période du XVIe siècle qui a été en vogue au Québec entre 1900 et 1940.

Selon les archives du Répertoire du patrimoine culturel du Québec, cette résidence bourgeoise a été construite vers 1930 sur une partie des anciens terrains ayant appartenu à deux familles fondatrices de Hull, les Wright et les Moore, qui possédaient de grandes terres où se trouvait leur ferme respective. L’actuel domaine de la ferme Moore est situé non loin du Château-Monsarrat.

Au cours du XXe siècle, une portion de ces anciennes terres est acquise par Robert Gordon Stewart, un riche entrepreneur en construction d’Ottawa, et ancien lieutenant-colonel de l’armée canadienne. C’est lui qui construit la somptueuse résidence sur le domaine qu’il nommera initialement Stoneleigh.

Architecture unique

Les plans ont été dessinés par l’architecte Edgar Lewis Harwood (1868-1957), originaire du pays de Galles. Le père de l’architecte Harwood émigre en Amérique du Nord en 1876 où il vient fonder une entreprise de vitraux dans l’État de New York et à Prescott, en Ontario. Sa femme et ses enfants sont venus le rejoindre en 1884. Dix ans plus tard, Edgard s’installe à Ottawa. En 1907, il devient architecte à l’âge de 26 ans et s’associe à Lawrence Taylor, un ancien architecte en chef du département des Travaux publics, une fonction que Harwood occupera à son tour de 1914 à 1918.

Au cours de sa carrière, l’architecte Harwood a conçu plusieurs bâtiments importants dont la Carnegie Library, située sur la rue Metcalfe à Ottawa (démolie depuis), l’agrandissement du Lisgar Collegiate Institute, rue Lisgar à Ottawa, et l’Édifice des douanes de Montréal (1912-1914) dont la construction a été complétée sous sa direction comme architecte en chef des Travaux publics du Canada.

Sur le plan architectural, le Château-Monsarrat se démarque notamment par ses matériaux traditionnels comme la pierre et les tuiles d’ardoise, les souches de cheminée hautes et imposantes, la présence de gâbles et de fenêtres à meneaux en pierre.

Les ouvertures, dont les baies en saillie, les lucarnes, les portes en bois massif, les fenêtres losangées à meneaux de plomb et à verre biseautés sont autant d’éléments caractéristiques de cet immeuble unique.

À la mort de M. Stewart en 1941, son épouse Elbertha Jane Sharpe hérite de la maison et du domaine. Elle l’habite pendant plusieurs années avant de la céder à ses filles Shirley et Phyllis.

En 1956, elle est acquise par Nicholas John Turney Monsarrat, un célèbre écrivain anglais auteur du roman La mer cruelle, qui y habite seulement deux ans, jusqu’en 1958.

L’écrivain Monsarrat la cède à son tour dans les années 1960 à Jules Loeb et son épouse Fay Zelikovitz. M. Loeb était le président des magasins d’alimentation IGA et maire du canton de Hull-Sud entre 1961 et 1963. Le couple Loeb était aussi reconnu pour son importante collection d’œuvres d’art canadien.

Nouvelle vocation

En 1974, la propriété a été acquise par la compagnie Goldlist Construction Ltd, qui procède à un lotissement domiciliaire à proximité et à l’installation des infrastructures sanitaires.

En 1976, le promoteur a transformé la résidence, devenue le Château-Monsarrat, en centre récréatif communautaire pour les copropriétaires vivant à proximité. Depuis, le centre est géré par une association récréative à but non lucratif. Le Château-Monsarrat, devenu lieu de réception et centre récréatif, est cité immeuble patrimonial en 1998, protection qui s’applique à l’enveloppe extérieure du bâtiment.