Le père Louis Reboul a prêté son nom à une école, à une coopérative d'habitation et à un jardin communautaire.

Le père oblat Louis Reboul: l’âme de Hull

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : le père oblat Louis Reboul, décrit comme un homme droit, franc et loyal, reconnu comme étant «l’âme de Hull».

Dès son arrivée dans la région, dans les années 1850, il a aussi joué un rôle important comme missionnaire en chef sur les chantiers de bois de l’Outaouais qu’il visitait régulièrement, jusqu’à sa mort en 1877.

L’héritage du père Reboul est resté bien gravé dans l’histoire de notre région. L’école-campus du Cégep de l’Outaouais, une coopérative d’habitation, ainsi qu’un jardin communautaire, tous situés sur le boulevard Sacré-Cœur dans le secteur Hull, rappellent son nom.

Prêtre et missionnaire oblat de Marie-Immaculée, Louis-Étienne-Delille Reboul est fils d’une famille aisée et honorable. Il est né à Saint-Pons (Ardèche, France) le 4 décembre 1827, et est le fils de Louis-Antoine Reboul et d’Augustine-Marie Guillon, révèle l’historien Gaston Carrière dans le Dictionnaire biographique du Canada.

Entré au noviciat des pères oblats à Notre-Dame-de-l’Osier dans l’Isère (France), est ordonné prêtre le 27 juin 1852 par monseigneur Joseph Eugène de Mazenod, fondateur des missionnaires oblats. Après avoir travaillé quelques mois à Notre-Dame-de-la-Garde à Marseille, il est envoyé à Bytown (Ottawa) pour devenir l’auxiliaire de Mgr Joseph-Bruno Guigues.

Il consacre son ministère paroissial à South Gloucester (comté de Russell) de 1853 à 1855, ainsi qu’à Rivière-du-Désert (Maniwaki, comté de Gatineau) en 1855 et 1856. Pendant les étés 1854 et 1855, il va travailler dans les missions indiennes de Témiscamingue, d’Abitibi et de la baie James.

Le père Reboul entreprend sa première mission dans les chantiers pendant l’hiver de 1854, alors qu’il se rend jusqu’aux rivières Creuse (Deep River, en Ontario) et Noire (Black River). Il visite une soixantaine de camps où il offre du soutien à plus de 1500 travailleurs, surtout des jeunes, qui s’affairent à la coupe du bois. En 1858, il devient chef de la mission des chantiers de l’Outaouais, un travail qu’il poursuivra jusqu’à son décès.

Lorsqu’il n’est pas en mission sur les chantiers, le père Reboul réside à Ottawa où il se dévoue au ministère paroissial et au soin spirituel des voyageurs dont il devient l’apôtre légendaire. Il dénonce les hôteliers peu scrupuleux, et travaille à la paix entre catholiques et protestants. En même temps, il dessert aussi la petite chapelle Notre-Dame-des-Voyageurs, établie à Hull, pour les hommes de chantier.

À partir de 1860, Hull se développe alors qu’une grande partie des hommes de chantier s’y installent avec leur famille. Les oblats érigent le village en mission et le père Reboul est chargé d’y desservir tous les catholiques.

L’historien Raymond Ouimet rappelle dans son livre Hull : Mémoire vive (Éditions Vents d’Ouest) qu’en 1866, le père Reboul « se met à la tête des citoyens pour réclamer l’ouverture de rues, la construction de chemins et de ponts ».

En 1868, il prône la séparation du village et du canton de Hull aux fins municipales. En organisant la paroisse Notre-Dame, il met en place une structure qui va faciliter la fondation de la cité de Hull en 1875. Puis il entreprend les démarches pour doter Hull d’une charte municipale.

On fait aussi souvent appel à ses services pour régler des questions épineuses.

En 1868, le père Reboul entreprend la construction d’une grande église, d’un presbytère et d’écoles, projets qu’il réalise sans s’endetter, grâce à sa facilité d’obtenir des dons avec des souscriptions, l’aide de Mgr Guigues et l’argent des paroissiens.

En même temps, le père Reboul continue à visiter les chantiers deux à trois mois tous les hivers. À partir de l’automne 1876, il souffre de plus en plus de violents maux de tête, ce qui ne l’empêche pas d’entreprendre le 8 janvier 1877 sa 24e campagne de mission dans les chantiers. Il tombe malade après avoir visité le 43e chantier et il est ramené en toute hâte à Mattawa (Ontario) où il meurt quelques jours plus tard, le 2 mars 1877.