Depuis son ouverture en 1912, l’hôtel Château Laurier a établi une longue tradition d’excellence marquée par l’accueil somptueux qu’il a réservé aux nombreux chefs d’État et personnalités du monde entier qui y ont séjourné lors de leur passage dans la région de la capitale nationale.

Le Château Laurier: l’hôtel de Charles Melville Hays

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : le Château Laurier.

Depuis son ouverture en 1912, l’hôtel Château Laurier, aussi connu comme la « troisième chambre du Parlement » en raison de sa proximité avec la colline Parlementaire, a établi une longue tradition d’excellence marquée par l’accueil somptueux qu’il a réservé aux nombreux chefs d’État et personnalités du monde entier qui y ont séjourné lors de leur passage dans la région de la capitale nationale.

Winston Churchill, Charles de Gaulle, la reine Élisabeth, le prince Philip, Shirley Temple, Harry Belafonte, Marlene Dietrich, Roger Moore, Nelson Mandela compte parmi cette longue liste de clients connus.

C’est le président de la compagnie de chemin de fer Grand Trunk, Charles Melville Hays, qui a été le grand responsable du projet de construction de l’hôtel, réalisé entre 1909 et 1912.

Né à Rock Island dans l’Illinois le 16 mai 1856, Charles Melville Hays a participé à l’essor de cette compagnie de chemin de fer qui était au bord du gouffre. Son rêve d’un réseau de chemin de fer transcontinental prend forme alors que le premier ministre Wilfrid Laurier propose de financer la compagnie qui le construira.

En même temps, M. Hays envisage la construction d’une chaîne hôtelière accompagnant son réseau de chemins de fer, dont le premier élément doit être le Château Laurier à Ottawa.

L’hôtel a ainsi été construit juste en face de l’ancienne gare Union, transformée en Centre de conférences par le gouvernement fédéral.

M. Hays devait participer à l’inauguration de l’hôtel, prévue le 26 avril 1912. Alors qu’il était en transit vers Ottawa pour l’ouverture, le sort a voulu que M. Hays périsse avec sa femme et une de ses filles, lors du naufrage du Titanic, le 15 avril 1912. Il sera repêché des eaux un mois plus tard. L’ouverture du Chateau Laurier a été reportée au 1er juin 1912.

Une légende populaire voulait que les meubles destinés à l’hôtel aient coulé lors du naufrage, entrainant le report de l’ouverture de l’hôtel. C’est plutôt le décès de M. Hays qui avait causé cet ajournement.

C’est le premier ministre du Canada, Wilfrid Laurier, qui a facilité l’obtention du terrain où l’hôtel a été construit. C’est ce qui explique pourquoi l’hôtel porte son nom. Le premier ministre Laurier était d’ailleurs présent à l’ouverture officielle de l’établissement.

En avril 2012, afin de souligner le 100e anniversaire du naufrage du Titanic et de l’ouverture de l’établissement, le Château Laurier a recréé pour ses convives le repas gastronomique qui avait été servi en première classe à bord du Titanic la nuit fatidique du 14 avril 1912, avec au menu des huîtres, du bœuf et du canard.

Récemment, une controverse a été soulevée au sujet du design proposé pour l’agrandissement de l’établissement. Mais ce n’est pas la première de son histoire.

Dès les débuts du projet, l’architecte retenu à l’origine, Bradford Lee Gilbert, a été remercié de ses services en raison de désaccords avec les membres exécutifs de la compagnie dirigée par M. Hays. Par la suite, c’est la firme d’architectes Ross and Macfarlane, de Montréal, qui a été choisie pour compléter le design de style Château.

Parmi les principaux éléments qui contribuent encore aujourd’hui à sa valeur patrimoniale, on note particulièrement sa dimension imposante, sa silhouette irrégulière, son toit en cuivre fortement incliné, ses pignons et lucarnes ornementés, ses tours et tourelles, sa silhouette pittoresque incluant plusieurs éléments médiévaux et la surface lisse et pâle des murs extérieurs faits de calcaire de l’Indiana.