Le baron du bois James Maclaren.

Le baron du bois James Maclaren

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : le baron du bois James Maclaren.

James Maclaren, de Buckingham, est un industriel québécois impliqué dans la transformation du bois. Il aura marqué son époque en devenant l’un des hommes les plus riches du Canada.

Le nom de James Maclaren est reconnu dans le patrimoine de la région de l’Outaouais, principalement à Buckingham, avec une place, un parc, un pont, une rue et un site patrimonial. On compte aussi les cascades Maclaren sur la rivière La Pêche, et l’ancien moulin de Wakefield qui avait été acheté par les Maclaren en 1844. Incendié en 1910, il a depuis été reconstruit et transformé en auberge-restaurant.

Né le 19 mars 1818 à Glasgow en Écosse et décédé le 10 février 1892 à Buckingham, James Maclaren est le fils de David Maclaren et d’Elizabeth Barnet. Il épouse Ann Sully en janvier 1847. Le couple aura 13 enfants.

MacLaren arrive dans le Haut-Canada en 1822 avec sa famille qui s’installe dans le canton de Torbolton, sur l’Outaouais. En 1840, les Maclaren viennent s’établir à Wakefield, au Bas-Canada et, à la fin de la décennie, James s’associe à son frère David pour former la James Maclaren and Company.

C’est avec de l’argent emprunté à son père que James met sur pied une entreprise diversifiée soit un magasin général, un moulin à farine, une fabrique de lainage et une briqueterie. L’entreprise croît suffisamment pour lui permettre de rembourser sa dette.

En 1853, James Maclaren forme une autre société d’affaires. Avec l’aide de son frère John qui vient remplacer son frère David à la James Maclaren, il parvient en quelques années à racheter les parts de ses associés Joseph Currier, Richard Scott et Moss Kent Dickinson.

À l’époque, James Maclaren était décrit comme un homme d’affaires énergique et habile, doué d’un excellent caractère qui suivait de près toutes ses transactions et avait une bonne réputation à Wakefield, selon une biographie écrite par Richard M. Reid et publiée dans le Dictionnaire biographique du Canada. Grâce à ces qualités, les entreprises de Maclaren prennent de l’expansion malgré la chute du marché du bois et des marchés financiers.

En 1864, James Maclaren forme une compagnie pour acheter les scieries et le complexe industriel de Buckingham, sur la rivière du Lièvre, à la succession de Baxter Bowman. En 1871, il confie la direction des exploitations de la Gatineau et de l’Outaouais à son fils aîné David. L’année suivante, il rachète les intérêts de ses associés des scieries de Buckingham.

Buckingham était alors le foyer des activités de Maclaren, qui était l’employeur d’une bonne partie de ses concitoyens.

Malgré les pressions pour qu’il s’installe à Ottawa, il préfère demeurer dans la maison familiale qu’il avait fait construire sur la Lièvre, à la chute Dufferin. Il continue à investir dans plusieurs entreprises dont des mines de fer, de sel et d’argent en Ontario, dans plusieurs entreprises de bois du Vermont et du Massachusetts, puis dans les régions du Témiscamingue et de la baie Georgienne.

À la fin des années 1880, James Maclaren est l’un des hommes les plus riches du Canada et son influence s’étend vers l’ouest, accessible par chemin de fer. En 1891, la Ross-Maclaren Lumber Company produisait à l’ouest de Vancouver plus de 200 000 pieds de bois de charpente.

James Maclaren meurt le 10 février 1892 à l’âge de 73 ans. Sa succession vaut alors plus de 5 millions $.

Dès 1901, la James Maclaren and Company monopolise l’industrie du bois de la vallée de la Basse-Lièvre. La compagnie peut alors dicter les prix offerts pour le bois, les pâtes et le papier, imposant à ses employés des salaires inférieurs à ceux de l’industrie jusqu’en 1935, rappellent les documents d’archives du Réseau du patrimoine de l’Outaouais.

Entre 1901 et 1904, la Maclaren prend le contrôle de l’énergie hydraulique sur les deux rives de la rivière du Lièvre, de Buckingham à la rivière des Outaouais. Puis, la Maclaren construit une papeterie à Masson ainsi que le barrage et la centrale de High Falls et de Masson, permettant aux Maclaren d’étendre leur emprise à tous les secteurs de la vie économique, politique et sociale de Buckingham et de la Basse-Lièvre de 1901 à 1943.