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L’Ontario français possède un riche patrimoine religieux, particulièrement avec ses belles églises. Parmi les joyaux de ce patrimoine, on trouve l’église Saint-Bernard de Fournier, dans les Comtés unis de Prescott et Russell. La valeur exceptionnelle de ce lieu de culte, qui date de la fin du XIXe siècle, repose sur sa richesse historique, patrimoniale, artistique et paysagère.
L’Ontario français possède un riche patrimoine religieux, particulièrement avec ses belles églises. Parmi les joyaux de ce patrimoine, on trouve l’église Saint-Bernard de Fournier, dans les Comtés unis de Prescott et Russell. La valeur exceptionnelle de ce lieu de culte, qui date de la fin du XIXe siècle, repose sur sa richesse historique, patrimoniale, artistique et paysagère.

Joyau du patrimoine religieux franco-ontarien

Michel Prévost
Michel Prévost
Collaboration spéciale
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CAPSULE DE NOTRE HISTOIRE / L’Ontario français possède un riche patrimoine religieux, particulièrement avec ses belles églises. Parmi les joyaux de ce patrimoine, on trouve l’église Saint-Bernard de Fournier, dans les Comtés unis de Prescott et Russell. La valeur exceptionnelle de ce lieu de culte, qui date de la fin du XIXe siècle, repose sur sa richesse historique, patrimoniale, artistique et paysagère.

L’imposante église en belle pierre de style roman de Saint-Bernard est l’une des rares églises de l’Ontario français qui datent du XIXe siècle. De plus, elle s’avère l’une des mieux préservées de l’archidiocèse d’Ottawa. Le bâtiment est construit en 1885 et 1886 par les entrepreneurs Martineau et Fauteux, selon les plans de la firme d’architectes Roy et Poitras de Montréal.

Sa décoration intérieure réalisée par deux peintres-décorateurs de renom date aussi de la fin des années 1800. En fait, plus que centenaire, l’église de Fournier s’avère une des plus anciennes de l’Ontario français. Bref, le bâtiment historique demeure un témoin important de la vie religieuse et culturelle des Franco-Ontariens. Par surcroît, son haut clocher vient enrichir le paysage rural de l’Est ontarien et sert de repère pour les paroissiens et l’ensemble de la population.

Richesse patrimoniale

À quelques exceptions près, particulièrement la disparation de la chaire, l’église de Saint-Bernard conserve toute sa décoration intérieure, puisque la plupart des églises de l’archidiocèse d’Ottawa ont été modifiées au fil du temps, surtout dans les années 1960 avec Vatican II. Ce n’est toutefois pas le cas de ce lieu de culte qui préserve son intégrité, sa grande beauté et ses richesses intérieures. C’est d’ailleurs cet ensemble qui lui donne sa valeur culturelle et artistique remarquable.

L’église Saint-Bernard se distingue par ses attributs patrimoniaux, particulièrement ses peintures et ses fresques réalisées par François-Édouard Meloche (1855-1914) et Toussaint-Xénofon Renaud (1860-1946). Très prolifique au Québec et dans plusieurs provinces canadiennes, Meloche est surnommé «le peintre de la lumière» alors que Renaud se révèle l’un des décorateurs d’églises les plus productifs de son époque. En effet, il décore pendant sa fructueuse carrière, entre 1896 et 1944, quelque 150 lieux de culte au Québec, en Ontario, notamment les églises de Sainte-Anne-de Prescott, de Curran et de Rockland, ainsi qu’aux États-Unis. Suite à des rénovations, il ne reste plus aucune trace des œuvres de Renaud chez nos voisins du Sud.

Heureusement, à Fournier, on peut encore admirer le travail formidable de ces deux artistes dans la voûte et dans le haut des autels des peintures aux couleurs pastel, où l’on voit des motifs floraux et des harpes. D’ailleurs, l’église Saint-Bernard occupe une place unique dans la carrière de ces deux grands artistes-peintres, puisqu’il s’agit en 1896 de la dernière participation de Renaud aux côtés de Meloche.

Le lieu de culte est aussi enjolivé par des pilastres et quatorze grandes colonnes corinthiennes au fini marbré d’un rouge grenat et par son parquet en bois franc. De plus, le chemin de croix tout comme les bancs en chêne sont d’origines.

À tout cela s’ajoutent de splendides verrières de la maison Perdriau et O’Shea de Montréal datant de 1915 pour le chœur et de 1918 pour le reste de l’église. Les nombreux vitraux et les rosaces aux couleurs multicolores contribuent à enrichir le magnifique décor intérieur. Enfin, il ne faudrait pas oublier la sacristie avec son plafond en tôle travaillé, les confessionnaux, le chemin de croix et les trois cloches de la Fonderie Crouzet-Hildebrand de Paris.

Bref, l’église de Saint-Bernard demeure un des plus beaux exemples d’églises rurales de l’Ontario français. Sa valeur patrimoniale s’avère inestimable et sa beauté incontestable. Nous appuyons cette affirmation par un extrait de l’Inventaire du patrimoine de l’Ontario français, Habiter le pays, qui affirme : «Avec son presbytère (devenu depuis une résidence privée), son cimetière à l’arrière ainsi que son environnement exceptionnel, l’église de Fournier est sans doute l’une des plus belles des Comtés unis de Prescott et Russell.»

L’Amicale de l’église Saint-Bernard

Consciente de toutes ces richesses, l’Amicale de l’église Saint-Bernard s’efforce depuis quelques années, notamment par des portes ouvertes, de valoriser ces trésors auprès du grand public afin d’éviter sa fermeture. En 2019, le Réseau du patrimoine franco-ontarien reconnaît cet engagement en remettant au groupe le Prix du patrimoine Roger-Bernard. Depuis, le président de l’Amicale, Michel-André Lavergne, effectue des visites guidées du bâtiment en mettant en valeur ses attraits architecturaux et artistiques.

En somme, l’église Saint-Bernard, joyau du patrimoine religieux franco-ontarien, mérite d’être protégée et mise en valeur pour les générations à venir. Cela dit, à ce jour, le bâtiment de 135 ans ne jouit d’aucune protection. Heureusement, l’Amicale œuvre à sa désignation en vertu de la Loi sur le patrimoine de l’Ontario.