Le colonel John By était un ingénieur exceptionnel.

John By, un ingénieur exceptionnel

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : John By, un ingénieur exceptionnel.

Le marché By, situé au centre-ville de la ville d’Ottawa, de même que la promenade Colonel By, rendent hommage à un officier et ingénieur militaire exceptionnel qui a été notamment responsable de la construction du canal Rideau, site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2007.

Né le 7 août 1779 à Londres, John By est le deuxième fils de George By et Mary Bryan. Il épouse le 12 novembre 1802 Elizabeth Baines, puis Esther March, dernier mariage duquel naissent deux filles.

Contrairement à la tradition familiale, il n’entre pas au service des douanes mais à la Royal Military Academy de Woolwich de Londres. En août 1799, il est fait lieutenant en second dans l’artillerie royale, puis passe au service du génie royal en décembre de la même année. En août 1802, il est envoyé au Canada où il travaille aux ouvrages de défense de Québec et à la construction d’un nouveau canal aux Cascades, à Québec. Il revient ensuite en Angleterre, puis sert dans la guerre d’Espagne et participe aux sièges de Badajoz en 1811.

En 1824, il devient lieutenant-colonel, puis est nommé ingénieur-surintendant du réseau de canaux qui devait relier la rivière des Outaouais et le lac Ontario, via les rivières Rideau et Cataraqui. Il débarque à Québec en mai 1826.

Le canal Rideau et le marché By

Pendant la guerre de 1812, le fleuve Saint-Laurent, entre Montréal et Kingston avait servi de route d’approvisionnement militaire beaucoup trop vulnérable. Afin que les petits navires de la marine puissent se rendre de Montréal à Kingston par la rivière des Outaouais, la rivière Rideau et la rivière Cataraqui, il était nécessaire de construire une écluse à l’embouchure de l’Outaouais.

En 1825, une commission d’officiers du génie, présidée par James Carmichael Smyth, recommande de construire un canal qui emprunterait le parcours de la Rideau. Le duc de Wellington autorise le début des travaux au début de 1826.

C’est à la fin de septembre 1826 que le colonel By arrive à l’embouchure de la rivière Rideau pour s’occuper des préparatifs. En compagnie de John Burrows, il parcourt en avril 1827, en canot, les 123 milles du trajet pour voir l’emplacement des futurs chantiers.

La construction débute en 1826 et se termine en 1831. L’ouvrage comprend 47 écluses de maçonnerie et 52 barrages. Au plus fort des travaux, plus de 2000 ouvriers y œuvrent dans différents campements. Des centaines d’entre eux meurent de la malaria pendant la construction. Le colonel By lui-même y laisse presque sa vie.

Il choisit d’établir son quartier général non pas à la base militaire de Kingston, mais au confluent des rivières Outaouais et Rideau, campement qui deviendra le petit village de Bytown. Après une expansion rapide, ce dernier sera rebaptisé Ottawa en 1855.

En 1827, le colonel By assèche un secteur marécageux peuplé de cèdres pour créer un quartier commercial non militaire au service des travailleurs de Bytown qui construisaient le canal Rideau. C’est le marché By, délimité par la rue Saint-Patrick au nord, la rue George au sud, l’avenue MacKenzie à l’ouest et la rue Dalhousie à l’est.

En mai 1832, à la fin des travaux du canal Rideau, le colonel By parcourt le canal avec sa famille et des amis. Mais en Angleterre, les dépenses pour la construction du canal créent des remous. La critique le blesse profondément. Malgré les preuves en sa faveur, et les quelques mots de félicitations du roi, il meurt sans qu’on ait rétabli officiellement sa réputation.

Homme brisé, avec une santé précaire, il est décédé dans le village de Frant en Angleterre, le 1er février 1836, soit trois années après son départ du Canada.

Le colonel By était cependant un ingénieur exceptionnel avec un esprit novateur, qui a élevé de nombreux barrages pour transformer en lacs calmes et navigables les rapides les plus dangereux, et maîtriser les crues printanières.