James Bruce Elgin a contribué à la création du premier gouvernement responsable.

James Bruce Elgin et le premier gouvernement responsable

Le nom de famille Elgin a été choisi pour désigner une artère importante dans le centre-ville d’Ottawa, et un établissement hôtelier prestigieux situé sur la même rue. À Gatineau, Elgin a été retenu pour désigner une rue située dans le quartier résidentiel de Glenwood.

Dans les archives de Bibliothèque et Archives Canada, de même que dans celles de la Commission de toponymie de Gatineau, on reconnaît le rôle important qu’a joué au Canada James Bruce Elgin, qui aura permis sous son administration aux Canadiens de créer leur premier gouvernement responsable.

Né à Londres le 20 juillet 1811 à Londres en Angleterre, James Bruce était le fils de Thomas Bruce, septième compte d’Elgin et onzième comte de Kincardine, et d’Élizabeth Oswald.

Il a fait des études inachevées à Oxford, avant de participer à la gestion des biens familiaux en Écosse.

Puis, en 1840, il est élu député de Southampton. À la suite des décès de son frère aîné et de son père, il doit toutefois renoncer en sa qualité de pair écossais à ses espoirs d’avancement comme député à la Chambre des communes.

Puis en 1842, il est nommé gouverneur de la Jamaïque où il fait face à des conflits et un modèle de constitution coloniale semblable à ce qu’il découvrira à son arrivée au Canada en janvier 1847 à titre de gouverneur du Canada-Uni.

C’est ici qu’il mettra à profit ses qualités d’habile diplomate, en restant en dehors des luttes partisanes et en s’alliant aux francophones de la colonie britannique. C’est sous son administration que les Canadiens obtiennent le premier gouvernement responsable de leur histoire.

Selon les archives, la conduite d’Elgin au Canada établit dans la pratique la forme du gouvernement responsable, prélude à la naissance de la nationalité canadienne qui était alors embryonnaire. Sa correspondance privée avec lord Grey, qui l’avait nommé gouverneur, dévoile le programme qui devait être accompli en Amérique du Nord britannique durant la génération suivante.

Il adopta ainsi une position de neutralité vis-à-vis les débats de partis. C’était ainsi le premier pas vers ce qu’il appelait un « gouvernement constitutionnel », qu’il voyait comme le but premier de sa mission au Canada.

Ce gouvernement constitutionnel était le gouvernement monarchique parlementaire qui était déjà confirmé par l’usage au Royaume-Uni. Il représentait pour lui un ensemble complet de conventions qui mèneraient à la formation et au fonctionnement du cabinet et au rôle du gouverneur général comme représentant de la couronne.

En se plaçant au-dessus des partis et en laissant le pouvoir de gouverner entre les mains d’un ministère formé de chefs d’un parti politique organisé et défini, Elgin démontra ses intentions. Le cabinet serait ainsi collectivement responsable devant l’Assemblée par l’entremise du premier ministre de sa politique et de son administration.

Selon ce modèle, le gouverneur ne serait plus chef du gouvernement dans les domaines de l’administration et de la législation locales et n’aurait plus voix en matière de favoritisme. Il devait s’assurer que les fonctionnaires permanents et supérieurs, en étant politiquement neutres, puissent avoir la sécurité d’emploi.

En 1854, James Bruce Elgin est retourné en Angleterre alors que son mandat s’est achevé. Mais trois années plus tard, il fut ensuite envoyé spécial en Chine, puis est nommé vice-roi et gouverneur de l’Inde en 1861. Il est mort dans ce pays, en novembre 1863, victime d’une crise cardiaque causée par un surmenage.