Georges-Philéas Vanier était un héros de guerre canadien-français.

Georges Vanier, un héros de guerre et un grand diplomate canadien-français

Chaque semaine, Le Droit vous fait découvrir un personnage qui se cache derrière le nom d’une rue, d’un parc, d’une école ou d’un édifice, l’appellation d’une ville ou d’une institution d’ici, de façon à découvrir l’histoire de la région. Aujourd’hui : Georges-Philéas Vanier, un héros de guerre canadien-français.

Soldat et diplomate, Georges-Philéas Vanier a été le premier Canadien français à être nommé gouverneur général du Canada, fonction qu’il a occupée de 1959 à 1967.

Pour souligner sa remarquable contribution, Eastview, ville comptant alors une population au deux tiers francophone et foyer du militantisme franco-ontarien, devient la ville de Vanier en 1969.

Vanier a ensuite été intégrée à la ville d’Ottawa et désigne désormais un quartier de la capitale nationale, où on trouve également la promenade Vanier et le parc Richelieu Vanier. Le nom du M. Vanier désigne aussi plusieurs circonscriptions électorales, bibliothèques et établissements scolaires tant en Ontario qu’au Québec.

Fils de Philias Vanier et de Margaret Maloney, Georges-P. Vanier est le né le 23 avril 1888 à Montréal. Il a étudié dans différentes écoles de Montréal, avant de poursuivre ses études au Collège Loyola (aujourd’hui l’université Concordia). Fervent catholique, il obtient un baccalauréat ès arts en fraternité et dévotion de l’Église en 1906. Il remporte la médaille d’or de l’université pour sa maîtrise générale de la philosophie. En 1911, il obtient ensuite un diplôme en droit de l’université Laval et devient membre du Barreau du Québec,

Il envisage la prêtrise, mais le déclenchement de la Première Guerre mondiale viendra changer le cours des choses. En 1914, il devient officier fondateur et occupe un rôle essentiel dans l’organisation du premier bataillon de Canadiens français. Il dirige le 22e bataillon (appelé plus tard le Royal 22e Régiment) de 1926 à 1928.

Pendant la campagne des Cent-Jours où les soldats canadiens mènent une série de batailles qui mettent fin à la guerre, M. Vanier perd sa jambe droite. Après sa convalescence, il refuse de rentrer chez lui, insistant pour rester avec ses camarades qui combattent. Il a d’ailleurs été décoré de la Croix militaire et de l’Ordre du service distingué.

En 1921, après la fin de la guerre, il devient diplomate comme aide de camp du gouverneur général Julian Byng de Vimy, général britannique responsable des régiments canadiens lors de la bataille de Vimy.

Cette année-là, il épouse Pauline Archer. Le couple aura cinq enfants, dont Jean Vanier, qui a fondé plus tard l’Arche, mouvement international d’aide pour des personnes ayant des déficiences.

En 1928, M. Vanier est nommé membre de la délégation militaire du Canada pour le désarmement à la Société des Nations à Londres, puis au Haut-commissariat du Canada à Londres, poste qu’il occupe jusqu’en 1938.

À la veille de la Deuxième Guerre, il devient ministre canadien en France. En 1940, il organise l’évacuation des Canadiens et de réfugiés cherchant l’asile en Angleterre, puis orchestre une évasion dramatique à Londres en voiture. À son retour au Canada pendant la guerre, il fait pression sur le gouvernement pour qu’il accepte les Juifs et autres réfugiés qui fuient les nazis. Ses efforts se heurtent toutefois à de l’indifférente ou de l’hostilité.

En 1942, il est promu major général, puis est renvoyé à Londres comme ministre canadien auprès des gouvernements alliés en exil. Il devient ensuite ambassadeur en France deux années plus tard. Avec son épouse, il aide des personnes déplacées par la guerre, en particulier les survivants juifs. En 1945, les appels des Vanier pour que le Canada adopte une politique d’immigration plus humaine après la fin de la guerre portent leurs fruits. De 1947 à 1953, plus de 186 000 réfugiés européens viennent s’établir au Canada.

Le 15 septembre 1959, M. Vanier accepte l’invitation de John Diefenbaker de devenir le premier gouverneur général canadien-français du Canada.

Héritage

En 1964, les Vanier fondent l’Institut Vanier de la famille. En 1965, il crée la Coupe Vanier pour le championnat universitaire de football, puis les Prix Vanier pour les jeunes Canadiens remarquables.

En 1998, il avait été nommé le Canadien le plus important de l’histoire par le magazine Maclean’s, en tête parmi plus de 100 personnes.

M. Vanier est décédé d’une crise cardiaque alors qu’il se trouvait dans son bureau à Rideau Hall en 1967, devenant ainsi le deuxième gouverneur général à mourir dans l’exercice de ses fonctions.